Illustration éditoriale : Achat bloc revente découpe : les 5 calculs à faire avant de signer

Achat bloc revente découpe : les 5 calculs à faire avant de signer

8 lots achetés 1,1 M€ ne produisent une marge de revente par découpe que si chaque vente couvre sa dette, les travaux communs, les coûts de détention et le stock restant. L'achat bloc revente découpe se décide donc avec cinq calculs reliés, des contrôles de division et un scénario dégradé, pas avec un prix moyen espéré.

Scène professionnelle illustrant achat bloc revente decoupe
Le sujet se décide sur des éléments vérifiables, un coût complet et un calendrier prudent.

Le vrai sujet de l'achat bloc revente découpe

Acheter un immeuble en bloc puis vendre les logements séparément crée une différence entre le prix d'acquisition et la somme des prix de sortie. Cette différence n'est pas automatiquement une marge. Elle doit absorber les droits, les études, la création de copropriété, les travaux, les intérêts, le portage, la commercialisation, les impôts et les imprévus.

La décision repose sur six familles de contrôles : demande des acquéreurs, urbanisme et droit de diviser, état technique, travaux et calendrier, financement et fiscalité, puis rédaction de l'avant-contrat. Si une seule de ces familles reste théorique, le prix maximum d'achat est encore inconnu.

  • Reconstituer le coût complet avant de discuter la marge.
  • Fixer un prix de sortie lot par lot à partir de comparables ajustés.
  • Tester les encaissements dans l'ordre réel des ventes et des remboursements bancaires.
  • Chiffrer la fiscalité en séparant résultat, TVA, trésorerie et éventuelle distribution.
  • Prévoir un scénario combinant baisse des ventes, hausse des travaux et retard.
Une marge brute n'est pas une trésorerie disponible. Le prix encaissé sur un premier lot peut devoir rembourser le capital bancaire, financer des parties communes encore inachevées et maintenir les lots invendus. Le calcul doit donc montrer simultanément le résultat final et le besoin de financement entre l'achat et la dernière vente.

Calcul 1 : reconstituer le coût complet de l'opération

Le premier calcul additionne toutes les dépenses nécessaires pour amener l'immeuble dans l'état permettant sa revente. Le prix d'achat seul ne constitue jamais le coût de revient d'un marchand de biens. Les immeubles achetés habituellement avec l'intention de les revendre relèvent en principe des bénéfices industriels et commerciaux, conformément au 1° du I de l'article 35 du CGI, et sont normalement suivis comme des stocks.

La simulation suivante retient un immeuble ancien, huit lots de même valeur, une acquisition sous engagement de revendre et des montants exprimés en trésorerie TTC. Les honoraires, taux et coûts de travaux sont des hypothèses de calcul, pas des barèmes applicables à tous les immeubles.

Poste

Hypothèse de la simulation

Montant

Prix d'achat

Immeuble acquis en bloc

1 100 000 €

Droits d'acquisition

0,715 % de 1 100 000 €, sous engagement de revendre

7 865 €

Émoluments, débours et formalités

Hypothèse budgétaire à confirmer par le notaire

9 500 €

Courtage d'acquisition

Hypothèse de 22 000 €

22 000 €

Géomètre, diagnostics, études et dossier de copropriété

Budget initial

18 000 €

Sous-total acquisition

Prix et frais directement liés à l'achat

1 157 365 €

Travaux communs

Toiture, réseaux, circulations et équipements communs

160 000 €

Travaux privatifs

8 lots à 35 000 €

280 000 €

Maîtrise d'œuvre, études, diagnostics et assurances

Honoraires et protections liés au chantier

48 000 €

Réserve d'aléas

10 % du périmètre direct de 488 000 €, choix de prudence de cette simulation

48 800 €

Sous-total travaux et préparation

Travaux, études et réserve

536 800 €

Financement

Intérêts indicatifs de 92 400 € et frais de dossier ou garantie de 15 000 €

107 400 €

Portage

Copropriété, taxe foncière, assurances et frais courants

24 000 €

Commercialisation

3 % de 2 000 000 €, hypothèse de prix de sortie retenue ensuite

60 000 €

Coût complet avant fiscalité

Total de l'opération

1 885 565 €

Le taux de 0,715 % n'englobe pas nécessairement tous les émoluments, débours et contributions. L'article 1115 du CGI impose une revente dans les cinq ans pour bénéficier du régime d' achat-revente , avec un délai ramené à deux ans dans certaines ventes par lots déclenchant un droit de préemption locatif. Le délai court à compter de l'acquisition, comme l'a rappelé la Cour de cassation, chambre commerciale, le 14 février 2024, n° 22-17.541.

Si la revente n'intervient pas dans le délai, l'économie initiale est remise en cause : complément de droits, intérêt de retard prévu par l'article 1727 du CGI et droit supplémentaire de 1 % prévu par l'article 1840 G ter, II. Le bénéfice affiché à l'achat doit donc rester conditionné à un calendrier réellement tenable.

Calcul 2 : déterminer le prix de sortie et le seuil de rentabilité

Dans l'hypothèse de huit ventes à 250 000 €, le chiffre d'affaires ressort à 8 × 250 000 €, soit 2 000 000 €. La commercialisation à 3 % représente 60 000 €. Les autres coûts totalisent 1 825 565 €.

Le seuil de rentabilité par lot se calcule ainsi : 1 825 565 € divisés par 8 lots puis corrigés du coût de commercialisation, soit 1 825 565 ÷ 7,76. Le résultat est d'environ 235 253 € par lot. En dessous de ce prix moyen, l'opération devient déficitaire avant même l'impôt sur les bénéfices.

Prix moyen par lot

Chiffre d'affaires

Commercialisation à 3 %

Coût complet

Résultat avant fiscalité

Marge sur CA

235 253 € environ

1 882 024 € environ

56 461 € environ

1 882 024 € environ

0 €

0 %

250 000 €

2 000 000 €

60 000 €

1 885 565 €

114 435 €

5,72 %

230 000 €

1 840 000 €

55 200 €

1 880 765 €

-40 765 €

-2,22 %

La marge sur coût total de la simulation est de 114 435 ÷ 1 885 565, soit environ 6,07 %. La marge sur chiffre d'affaires est différente : 114 435 ÷ 2 000 000, soit 5,72 %. Ces deux indicateurs doivent être affichés ensemble, car une marge en euros peut sembler confortable alors que le capital immobilisé et le risque de délai sont élevés.

Le prix de sortie doit provenir d'une fourchette de ventes comparables, et non d'une moyenne communale. Les mutations recensées dans la base DVF doivent être rapprochées par date, adresse, surface, étage, état, extérieur, stationnement, occupation et statut juridique. Une vente atypique doit être écartée ou expliquée.

Les annonces concurrentes complètent l'analyse : nombre de biens réellement disponibles, durée de présence, prix corrigés après négociation, qualité des prestations et capacité de financement des acheteurs. Aucun lot n'est sécurisé par une moyenne communale si des biens concurrents restent invendus au même niveau de prix.

Simulation imposée : vérifier la trésorerie des huit lots

Le résultat final ne suffit pas. La banque peut exiger le remboursement d'une fraction du prêt lors de chaque vente, tandis que les travaux communs et les lots non vendus continuent de consommer du cash. Dans cette simulation, un prêt de 1 100 000 € finance le prix d'achat, chaque vente est réalisée à 250 000 €, la commercialisation absorbe 3 %, le capital est remboursé à parts égales et les travaux sont répartis également entre les huit lots.

Chaque vente génère 250 000 € moins 7 500 € de commercialisation, soit 242 500 €. Elle doit réserver 137 500 € pour le capital bancaire, 20 000 € pour les travaux communs et 35 000 € pour les travaux privatifs du lot vendu. Il reste donc 50 000 € par vente pour les études, les aléas, les frais d'acquisition, le financement et le portage.

Ventes réalisées

Encaissements nets cumulés

Capital remboursé

Travaux communs provisionnés

Travaux privatifs couverts

Solde avant coûts indirects

Dette restante

Travaux directs restants

1 lot

242 500 €

137 500 €

20 000 €

35 000 €

50 000 €

962 500 €

385 000 €

2 lots

485 000 €

275 000 €

40 000 €

70 000 €

100 000 €

825 000 €

330 000 €

4 lots

970 000 €

550 000 €

80 000 €

140 000 €

200 000 €

550 000 €

220 000 €

8 lots

1 940 000 €

1 100 000 €

160 000 €

280 000 €

400 000 €

0 €

0 €

Le solde cumulé de 400 000 € n'est pas un bénéfice disponible. Il doit encore payer les 96 800 € d'études et de réserve, les 57 365 € de frais d'acquisition hors prix, les 107 400 € de financement et les 24 000 € de portage. Il reste alors 114 435 €, conformément au calcul du coût complet.

Si le prêt ne finance que le prix et si tous les travaux doivent être achevés avant la première vente, le besoin de préfinancement atteint déjà 57 365 € de frais d'acquisition, 536 800 € de travaux et 24 000 € de portage, soit 618 165 € hors intérêts et commercialisation. Un phasage des travaux, une vente en l'état futur d'achèvement lorsqu'elle est juridiquement possible ou une ligne dédiée peuvent modifier ce besoin, mais aucune de ces solutions ne doit être supposée acquise avant accord bancaire.

Calcul 3 : chiffrer les travaux et la création de valeur

La valeur créée par la découpe vient de la transformation juridique, technique et commerciale de l'immeuble. Un simple coût moyen au mètre carré ne permet pas de décider. Le budget doit séparer démolition, structure, enveloppe, toiture, réseaux, chauffage, ventilation, second œuvre, finitions, maîtrise d'œuvre, diagnostics, assurances, taxes et aléas.

Chaque devis doit préciser les quantités, les prix unitaires, la TVA, les exclusions, le délai d'exécution, l'acompte, les situations de paiement, une éventuelle retenue et les modalités de réception. Une réserve d'aléas proportionnée aux inconnues doit être ajoutée, sans la présenter comme un taux légal. Les 10 % retenus dans la simulation constituent seulement un choix de prudence.

  • Comparer les plans existants avec les surfaces réellement divisibles et les réseaux disponibles.
  • Identifier les travaux communs qui doivent être payés avant la vente des lots.
  • Obtenir les attestations d'assurance décennale adaptées à chaque entreprise.
  • Vérifier la compatibilité entre le planning des entreprises, les autorisations et les diagnostics.
  • Prévoir une réception formalisée par procès-verbal et conserver les réserves levées.

Une rénovation lourde ou certains travaux de construction peuvent donner au vendeur la qualité de constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil. La vérification des assurances décennales, de l'assurance dommages-ouvrage lorsque requise et du procès-verbal de réception intervient avant le démarrage, pas au moment de la signature du premier acte de vente.

Le home staging ne mérite une dépense que si son effet probable est mesuré. Propreté, lumière, circulation, petites réparations, neutralité, photographies et accès aux visites passent avant une décoration coûteuse. Chaque dépense doit être rapprochée d'un objectif : réduction du délai, amélioration du prix ou diminution du risque de négociation.

Calcul 4 : mesurer le financement, le portage et le retard

Dans le modèle de base, les 92 400 € d'intérêts correspondent à 1 100 000 € × 4,2 % × deux ans. Les 15 000 € de frais de dossier et de garantie complètent le budget de financement. Ce calcul prudent suppose que le capital reste mobilisé pendant toute la période. Des remboursements anticipés par lot peuvent réduire les intérêts, sous réserve des conditions du prêteur et des mainlevées.

Le délai de vente influence aussi les assurances, la copropriété, la taxe foncière, la surveillance du chantier et les intérêts. Une opération bénéficiaire avec une trésorerie insuffisante peut exiger un apport supplémentaire avant la vente suivante. L'ordre des lots vendus doit donc être simulé selon leur attractivité, leur prix et les obligations de remboursement fixées par la banque.

Le scénario dégradé combine ici trois hypothèses : baisse de 8 % du prix de vente, hausse de 15 % du périmètre direct de travaux et retard de six mois. La hausse des travaux porte les 488 000 € directs à 561 200 €, auxquels la réserve initiale de 48 800 € reste ajoutée. Le retard ajoute 23 100 € d'intérêts, calculés sur 1 100 000 € à 4,2 % pendant six mois, ainsi que 6 000 € de portage supplémentaire, soit 1 000 € par mois dans cette hypothèse.

Scénario

Prix moyen

Travaux et réserve

Financement et portage

Commercialisation

Coût complet

Résultat avant fiscalité

Base

250 000 €

536 800 €

131 400 €

60 000 €

1 885 565 €

114 435 €

Dégradé cumulé

230 000 €

610 000 €

160 500 €

55 200 €

1 983 065 €

-143 065 €

La dégradation cumulée efface 257 500 € de résultat par rapport au scénario de base. Elle montre pourquoi une baisse de prix, un dépassement de travaux et un retard ne doivent pas être testés séparément. Le scénario dégradé est déficitaire de 143 065 € avant fiscalité, alors que le scénario idéal ne produisait déjà qu'une marge de 114 435 €.

Calcul 5 : distinguer BIC, IS, dividendes et TVA

La pluralité de lots revendus dans une même opération peut contribuer à caractériser l'habitude exigée pour le régime des marchands de biens. L'intention de revendre dès l'acquisition, l'achat suivi d'une vente et le caractère habituel doivent être cohérents avec les pièces et le fonctionnement réel. Le résultat professionnel comprend le prix de cession diminué du prix d'achat et des dépenses afférentes, mais aussi les produits et charges d'exploitation pendant la détention.

Le bénéfice n'est donc pas la plus-value immobilière d'un particulier avec abattement pour durée de détention. En comptabilité, le stock comprend les coûts d'acquisition, de transformation et les autres coûts nécessaires pour amener l'immeuble à l'endroit et dans l'état où il se trouve. Les charges anormales, certains frais administratifs non contributifs et les frais de commercialisation peuvent suivre un traitement de charges de période.

Dans la simulation, un calcul simplifié à l'IS de 25 % donne 114 435 € × 25 %, soit 28 608,75 €, et un solde après IS de 85 826,25 €. Le taux réduit de 15 % sur les 42 500 premiers euros, puis 25 % sur les 71 935 € restants, donnerait 6 375 € + 17 983,75 €, soit 24 358,75 €, si toutes les conditions sont réunies.

Le taux réduit suppose notamment un chiffre d'affaires n'excédant pas 10 millions d'euros, un capital entièrement libéré et une détention répondant aux conditions prévues par l'article 219 du CGI. Pour une société appartenant à un groupe, le chiffre d'affaires à tester s'apprécie au niveau de l'ensemble du groupe, intégré ou non, conformément à la précision administrative publiée en 2026 après la décision du Conseil d'État du 13 mars 2025, n° 481538. Le calcul ci-dessus ne tient pas compte d'autres résultats de la société, déficits reportables ou retraitements comptables.

Une distribution ajoute une autre couche fiscale. Le prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes est de 30 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour un travailleur indépendant non salarié, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital, des primes d'émission et des sommes en compte courant retenues entre dans l'assiette sociale. Une holding peut organiser des flux, mais le régime mère-fille suppose notamment une participation d'au moins 5 %, une quote-part de frais et charges de 5 %, une gouvernance et une substance cohérentes. Elle ne transforme pas le bénéfice en revenu exonéré.

TVA : calculer séparément le HT, la TVA et le TTC

Depuis le 1er septembre 2026, les règles de TVA immobilière sont recodifiées dans le CIBS. Le régime dépend notamment de l'âge de l'immeuble, de la qualité de l'assujetti, de la nature du terrain, de l'option exercée et du droit à déduction. La simulation principale suppose un immeuble achevé depuis plus de cinq ans, revendu sans option pour la TVA, avec des dépenses conservées en TTC et aucune déduction retenue.

Situation

Traitement à examiner

Conséquence pour le calcul

Immeuble achevé depuis plus de cinq ans, sans option

Vente exonérée en principe

Prix encaissé sans TVA collectée ; les dépenses doivent être budgétées en TTC si aucune récupération n'est acquise

Immeuble achevé depuis plus de cinq ans, avec option

Vente taxable sous conditions

Séparer prix HT, TVA collectée et TVA d'amont déductible selon l'affectation et les factures

Immeuble achevé depuis cinq ans au plus ou terrain à bâtir

Taxation de plein droit dans les cas prévus

Ne pas comparer directement un prix TTC avec un coût HT

Régime de TVA sur la marge

Possible seulement dans le champ prévu et lorsque l'acquisition n'a pas ouvert droit à déduction

Ne jamais l'appliquer parce que l'achat ne comportait pas de TVA apparente

Une marge TTC de 110 000 € contient 110 000 × 20 ÷ 120, soit 18 333,33 € de TVA, et non 22 000 €. La TVA d'amont n'est déductible que si la dépense est affectée à une opération taxable ouvrant droit à déduction, avec facture régulière et exigibilité acquise. Pour un immeuble ancien revendu avec option, certaines dépenses directement liées à la vente peuvent n'être déductibles qu'au moment de cette option.

Le régime de marge est particulièrement sensible à la qualification de l'acquisition et aux travaux. Le Conseil d'État, le 27 mars 2020, n° 428234, a exclu ce régime pour un terrain à bâtir acquis comme terrain bâti puis démoli. Une note fiscale doit donc séparer HT, TVA collectée, TVA déductible, TTC, résultat imposable et trésorerie avant toute annonce de rentabilité.

Valider la division, la destination et la copropriété

La valeur de découpe ne doit être intégrée dans l'offre qu'après vérification du titre de propriété, du règlement de copropriété s'il existe, de la destination de l'immeuble, du PLU, du stationnement, des accès, des réseaux, des compteurs, des servitudes, de la sécurité, de la salubrité et des surfaces.

La division d'un bâtiment ou d'une parcelle peut relever d'une déclaration préalable, d'un permis d'aménager ou d'une autre autorisation selon le projet, les travaux, le site et la création d'équipements communs. Transformer un local en logement doit respecter le PLU et les règles de copropriété. Sans modification de façade ni de structure porteuse, une déclaration préalable est généralement requise ; avec modification de façade ou de structure, un permis de construire est requis.

Le changement cadastral doit être déclaré dans les 90 jours suivant l'achèvement, notamment au moyen du formulaire adapté. Une taxe d'aménagement peut être due et la base de taxe foncière peut évoluer. Un permis de construire est normalement valable trois ans et peut, sous conditions, être prorogé deux fois un an. Son transfert nécessite l'accord des parties et la capacité du bénéficiaire à reprendre les obligations, y compris le recours à l'architecte lorsqu'il est requis. Le calendrier doit intégrer l'affichage, le constat, le recours des tiers, le retrait administratif et les prescriptions de l'autorisation.

Pour une mise en copropriété d'un immeuble de plus de dix ans, un diagnostic technique doit être prévu et communiqué lors de la première vente des lots ainsi que pendant les trois années suivant sa réalisation. Dans les cas requis, le diagnostic technique global intervient avant le règlement de copropriété et l'état descriptif de division ; il examine les parties communes, les obligations réglementaires, l'amélioration énergétique et les travaux nécessaires sur dix ans avec une estimation sommaire.

Un lot de copropriété d'au moins 8 m² doit comporter sa superficie privative Carrez dans l'avant-contrat et l'acte. Il faut aussi budgéter le géomètre, le syndic, les compteurs, les diagnostics, le fonds de travaux, les tantièmes, les charges et les appels de fonds. Une revente lot par lot exige enfin de fixer l'ordre des ventes, les mainlevées bancaires et le traitement du stock résiduel.

Contrôler le DPE et les risques techniques avant la mise en vente

Au 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Cette modification peut modifier le calcul, mais elle ne garantit pas un changement de classe pour un logement donné : le DPE doit être refait ou actualisé selon les règles applicables à sa situation.

Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont valables dix ans. Ceux établis entre 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Les seuils applicables aux logements de 40 m² ou moins ont été adaptés depuis juillet 2024. Pour un immeuble découpé en petites surfaces, la date, la surface et la méthode utilisée doivent donc être vérifiées lot par lot.

L'interdiction de louer les logements classés G depuis le 1er janvier 2025, puis F à partir de 2028 et E à partir de 2034, influence la demande des investisseurs. Elle n'interdit pas en elle-même la vente. L'audit énergétique à la vente concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété classés F ou G depuis avril 2023, E depuis janvier 2025 et D à partir de 2034 selon le calendrier prévu.

Le DPE est opposable, à l'exception des recommandations de travaux. Depuis janvier 2026, le DPE collectif s'étend aux copropriétés d'au plus 50 lots. Le vendeur doit donc éviter de promettre une classe énergétique ou une économie de charges qui ne ressort pas d'un diagnostic conforme et actualisé.

Sécuriser la promesse et les conditions suspensives

Pour un achat d'habitation ou mixte financé par un prêt, l'avant-contrat doit mentionner l'origine des fonds et comporter une condition suspensive de prêt lorsque l'acquéreur y recourt. Cette condition précise le montant, le taux, la durée, le délai et parfois le nombre d'établissements sollicités. Le délai est souvent compris entre 45 et 60 jours et ne peut être inférieur à un mois dans le champ du Code de la consommation.

Les demandes de prêt doivent respecter exactement les paramètres de la clause. Un refus obtenu avec un montant, un taux ou une durée différents de ceux prévus ne libère pas nécessairement l'acquéreur. Pour une opération professionnelle, il faut négocier des conditions adaptées au projet : financement, urbanisme, audit structure, pollution, préemption, libération des lieux, copropriété, autorisation de division, permis obtenu et purgé, ainsi que résultat des études.

Une condition suspensive ne supprime pas le risque : elle définit précisément qui supporte l'échec, quelles pièces doivent être produites et avant quelle date. Une clause trop générale sur le financement, la division ou le permis laisse subsister une partie du risque chez l'acquéreur après la signature.

L'indemnité d'immobilisation, la date butoir, la renonciation éventuelle et les conséquences d'une défaillance doivent être chiffrées. Les conditions portant sur le titre, les servitudes, la pollution, la structure, la préemption et les autorisations doivent être reliées à des documents vérifiables. La rédaction doit être validée par le notaire ou l'avocat chargé de l'acte.

Si l'achat passe par une enchère, changer la méthode de calcul

Le cahier des charges gouverne l'opération. Il faut y contrôler l'urbanisme, les diagnostics, l'état hypothécaire, les servitudes, l'occupation, les charges, la fiscalité, le transfert de propriété, la jouissance et l'ensemble des frais avant de fixer une enchère maximale.

En vente notariale, la consignation est souvent de 20 % de la mise à prix, mais seul le cahier des charges fait foi. Une surenchère d'au moins 10 % peut être ouverte pendant dix jours pour de nombreuses ventes, selon le régime de l'adjudication. Certaines ventes prévoient 45 jours pour payer le prix, sans condition suspensive de prêt ni délai de réflexion.

Les droits, émoluments, frais de publicité, frais d'organisation et débours peuvent dépasser ceux d'une vente classique. Le prix plafond doit donc être fixé tout compris avant l'audience, avec une enveloppe séparée pour les travaux et la trésorerie. Les enchères judiciaires suivent un régime distinct et nécessitent généralement un avocat inscrit au barreau du tribunal concerné.

Le contrôle de signature qui permet de renégocier ou de renoncer

Avant de signer, le dossier doit permettre de répondre par des montants et des pièces aux contrôles suivants :

  • Prix de sortie : chaque lot dispose d'une fourchette de comparables ajustés, d'une analyse de la concurrence et d'un délai de vente plausible.
  • Coût complet : les 1 100 000 € d'acquisition sont augmentés des droits, émoluments, études, travaux, assurances, financement, portage, commercialisation et réserve d'aléas.
  • Découpe : titre, règlement, PLU, destination, accès, stationnement, réseaux, compteurs, servitudes et surfaces sont vérifiés.
  • Autorisations : la déclaration préalable, le permis ou l'autorisation de copropriété nécessaire est identifié, avec son calendrier et ses risques de recours.
  • Copropriété : géomètre, état descriptif de division, règlement, tantièmes, syndic, diagnostics, fonds de travaux et charges sont chiffrés.
  • Travaux : les devis comportent quantités, exclusions, TVA, délais, assurances, paiements et réception ; la réserve couvre les inconnues identifiées.
  • Financement : le montant du prêt, les intérêts, les garanties, les remboursements par lot et le besoin de trésorerie avant la première vente sont écrits.
  • Fiscalité : le régime BIC, le stock, l'IS ou l'IR, l'engagement de revendre et le traitement TVA font l'objet d'un calcul distinct.
  • Scénario dégradé : une baisse de prix, une hausse des travaux et un retard sont appliqués ensemble, sans faire disparaître les lots restants du budget.

Si le scénario de base ne laisse que 114 435 € avant fiscalité et que le scénario combiné devient déficitaire de 143 065 €, la décision utile n'est pas de retenir le prix idéal. Il faut soit obtenir une baisse du prix d'achat, soit sécuriser une hausse documentée des ventes, soit réduire les travaux sans dégrader la valeur, soit renforcer le financement et les conditions suspensives. À défaut de levier vérifiable, l'offre doit être renégociée ou abandonnée avant tout engagement d'immobilisation.

AVIS DES LECTEURS

Cet article a été noté 4,8 sur 5

4,8 sur 5 · 81 avis

Cet article vous a été utile ?

Commentaires

Aucun commentaire