1,9 est, depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire utilisé dans le DPE, contre 2,3 auparavant. Un immeuble à rénover ne se sécurise pourtant pas avec une seule note énergétique : il faut contrôler la valeur de revente, les droits et autorisations, l’état réel, le coût complet et les conditions de signature avant de formuler une offre.
Les cinq vérifications qui conditionnent l’achat
Un immeuble ancien peut sembler attractif parce que son prix d’acquisition est inférieur à celui de biens déjà rénovés. Cette décote ne constitue pas une marge : elle doit couvrir les travaux, les délais, les risques juridiques, les frais financiers et l’incertitude sur le prix de sortie.
| Vérification | Pièces et contrôles | Signal d’alerte | Décision |
|---|---|---|---|
| Demande et prix de sortie | Mutations DVF, comparables ajustés, annonces concurrentes, délais de vente | Valeur fondée sur une moyenne communale ou sur un prix affiché non négocié | Réviser le chiffre d’affaires prévisionnel ou abandonner |
| Droits et urbanisme | Titre, PLU, règlement de copropriété, destination, servitudes, autorisations | Division ou transformation intégrée sans validation administrative | Insérer des conditions suspensives précises |
| État technique | Structure, toiture, réseaux, parties communes, sécurité, diagnostics | Fissures non caractérisées, devis incomplets ou accès impossible aux logements | Commander des études avant l’offre ferme |
| Coût, financement et fiscalité | Budget TTC, trésorerie, intérêts, portage, TVA, impôt, réserve d’aléas | Marge calculée uniquement entre prix d’achat et prix de vente | Fixer un prix plafond tout compris |
| Contrat et calendrier | Occupation, prêt, préemption, permis, recours, libération, date butoir | Scénario idéal indispensable pour conserver une marge | Renégocier ou ne pas signer |
Vérifier le prix de sortie avant de négocier
La première valeur à établir n’est pas le prix demandé, mais le chiffre d’affaires réellement atteignable après rénovation. La base DVF recense les mutations immobilières publiées, mais une comparaison pertinente exige une proximité par date, adresse, surface, étage, état, extérieur, stationnement, occupation et statut juridique.
Une vente atypique, un bien vendu occupé ou un lot présentant une configuration exceptionnelle ne doit pas être incorporé à la moyenne sans explication. L’estimation finale doit prendre la forme d’une fourchette de comparables ajustés, confrontée aux annonces concurrentes, au volume de biens disponibles, aux délais de vente et à la capacité de financement des acquéreurs.
Dans la simulation imposée, l’immeuble comprend quatre logements destinés à une revente par lots. Le scénario central retient quatre ventes à 250 000 euros par logement, soit 1 000 000 euros de recettes. Ce chiffre n’a de valeur que si les surfaces, la lumière, les plans, les stationnements, le statut d’occupation et la conformité des lots sont comparables aux biens vendus dans le secteur.
Le prix d’achat maximum se déduit ensuite à rebours : recettes prudentes moins travaux, frais, fiscalité, financement, portage, commercialisation et marge minimale choisie. Une décote à l’achat ne compense jamais une valeur de sortie non démontrée.
Vérifier le titre, la division et les règles d’urbanisme
Avant de valoriser une découpe, il faut confronter le titre de propriété, le règlement de copropriété, l’état descriptif de division et les règles du PLU. La destination de l’immeuble, les accès, le stationnement, les compteurs, les réseaux, les servitudes, les surfaces, la sécurité et la salubrité peuvent empêcher une division pourtant techniquement réalisable.
Transformer un local en logement suppose une compatibilité avec le PLU et, en copropriété, avec la destination de l’immeuble. Sans modification de façade ni de structure porteuse, une déclaration préalable est généralement requise. Une modification de façade ou de structure relève normalement du permis de construire . La qualification dépend du projet réel, pas de l’intitulé retenu dans l’offre.
La création de lots ou d’équipements communs peut également relever d’une déclaration préalable, d’un permis d’aménager ou d’une autre autorisation selon le terrain, les travaux et les règles locales. Le changement cadastral doit être déclaré dans les 90 jours suivant l’achèvement, avec une possible taxe d’aménagement et une évolution de la taxe foncière.
Un permis de construire est normalement valable trois ans et peut, sous conditions, être prorogé deux fois un an. Un permis valide peut être transféré avec l’accord des parties et la capacité du bénéficiaire à reprendre les obligations du projet. Le silence administratif pendant deux mois vaut en principe acceptation du transfert. Le calendrier doit aussi inclure l’affichage, le constat, les recours des tiers, le risque de retrait administratif et les prescriptions du permis.
Contrôler la copropriété avant une revente par lots
La mise en copropriété d’un immeuble achevé depuis plus de dix ans requiert un diagnostic technique communiqué lors de la première vente des lots et pendant trois ans après sa réalisation. Le diagnostic technique global doit être réalisé avant le règlement de copropriété et l’état descriptif de division dans les situations où il est requis. Il examine les parties communes, les obligations réglementaires, l’amélioration énergétique et les travaux nécessaires sur dix ans, avec une estimation sommaire.
Pour chaque lot d’au moins 8 m2, la superficie privative Carrez doit figurer dans l’avant-contrat et dans l’acte. Il faut aussi remettre les documents de copropriété et d’information financière selon les règles applicables : fiche synthétique, règlement, état descriptif de division, diagnostics, charges, fonds de travaux et décisions d’assemblée.
Le budget d’une division doit intégrer le syndic, le géomètre, le notaire, les diagnostics, les compteurs individuels, les travaux communs et les éventuelles mainlevées bancaires. Une revente lot par lot impose de modéliser l’ordre des ventes, les tantièmes, les charges et le stock résiduel. Vendre les lots les plus faciles en premier ne garantit pas que le dernier lot absorbera correctement les charges communes restantes.
Faire expertiser les fissures, les réseaux et les parties communes
Le cas étudié cumule quatre difficultés avant même l’offre : fissures visibles, réseaux vétustes, logements occupés et parties communes non conformes. Leur présence rend insuffisant un simple devis de rafraîchissement. Il faut distinguer les désordres esthétiques, les mouvements de structure, les infiltrations, les défauts de toiture, les risques électriques, les réseaux d’eau et d’assainissement, la ventilation, la sécurité incendie et la conformité des accès.
- Faire caractériser les fissures par un professionnel compétent, avec localisation, évolution observée, cause possible et travaux préconisés.
- Tester les réseaux d’eau, d’évacuation, d’électricité, de chauffage et de ventilation avant de figer les plans.
- Examiner la toiture, l’enveloppe, les caves, les murs porteurs, les planchers et les parties communes avec un accès complet.
- Vérifier la présence d’amiante, de plomb, de termites, d’humidité ou de pollution selon la localisation et l’âge du bâtiment.
- Obtenir des devis séparant démolition, structure, enveloppe, toiture, réseaux, chauffage, ventilation, second œuvre, finitions, maîtrise d’œuvre, assurances, taxes et aléas.
Chaque devis doit préciser les quantités, les prix unitaires, la TVA, les exclusions, le délai, l’acompte, les situations de paiement, la retenue éventuelle et les modalités de réception. Une réserve d’aléas proportionnée aux inconnues doit être ajoutée au budget, sans appliquer un pourcentage présenté comme obligatoire.
Une rénovation lourde peut faire entrer le vendeur dans la définition du constructeur au sens de l’article 1792-1 du Code civil. Les attestations d’assurance décennale des entreprises, l’assurance dommages-ouvrage et le procès-verbal de réception doivent être organisés avant et pendant les travaux, car une revente ne neutralise pas les responsabilités attachées à l’opération.
Traiter séparément le DPE, l’audit et la location future
Le changement du coefficient électrique au 1er janvier 2026 impose de refaire ou d’actualiser l’analyse énergétique selon les règles applicables. Le passage de 2,3 à 1,9 ne permet pas de garantir un changement de classe : la surface, les équipements, l’isolation et la méthode de calcul influencent également le résultat.
Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont valables dix ans. Ceux établis entre 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Depuis juillet 2024, les seuils ont été adaptés pour les logements de 40 m2 ou moins. Le DPE est opposable, sauf pour ses recommandations de travaux, ce qui impose de conserver un dossier cohérent entre diagnostic, descriptif de vente et travaux réalisés.
Pour une location, la classe G est interdite depuis le 1er janvier 2025, la classe F le sera à partir de 2028 et la classe E à partir de 2034. Ce calendrier influence la demande des investisseurs et le prix des logements, mais il n’interdit pas en lui-même la vente d’un logement énergivore.
À la vente, l’audit énergétique concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété classés F ou G depuis avril 2023, E depuis janvier 2025, et D à compter de 2034 selon le calendrier prévu. Depuis janvier 2026, le DPE collectif s’étend aux copropriétés d’au plus 50 lots. L’acheteur doit donc déterminer si le bien sera vendu en monopropriété, en copropriété ou par lots avant d’évaluer la demande future.
Calculer le coût complet de l’immeuble à rénover
La simulation suivante est volontairement explicite. Elle suppose un immeuble ancien de plus de cinq ans, quatre logements, une acquisition par un opérateur qui s’engage à revendre, une revente des lots sans option de TVA et une société soumise à l’IS au taux normal de 25 %. Les montants de travaux sont posés à 220 000 euros HT plus 44 000 euros de TVA pour rendre le calcul lisible ; les taux réels doivent être ventilés selon la nature de chaque intervention.
| Poste | Hypothèse | Montant retenu |
|---|---|---|
| Prix d’acquisition | Offre décotée | 420 000 euros |
| Droits et frais d’acquisition | 3 003 euros correspondant à 0,715 % sous engagement de revendre, plus 7 000 euros d’émoluments, débours et frais estimés | 10 003 euros |
| Diagnostics, géomètre et copropriété | Études et documents préalables | 24 500 euros |
| Architecte, autorisations et étude structure | Conception et sécurisation technique | 18 000 euros |
| Travaux | 220 000 euros HT et 44 000 euros de TVA, sans déduction retenue | 264 000 euros TTC |
| Occupation et libération | Accompagnement, protection et aléas liés aux logements occupés | 18 000 euros |
| Financement | Intérêts, garantie et frais bancaires | 35 000 euros |
| Portage, taxes et assurances | Durée centrale de l’opération | 26 000 euros |
| Commercialisation | 2 % de 1 000 000 euros | 20 000 euros |
| Réserve d’aléas | Travaux non identifiés et évolution du calendrier | 40 000 euros |
| Coût complet de décision | 875 503 euros |
Le chiffre d’affaires central est de 4 fois 250 000 euros, soit 1 000 000 euros. La marge économique avant impôt atteint donc 124 497 euros. Elle représente 14,2 % du coût complet et 12,4 % du chiffre d’affaires. Sans la réserve de 40 000 euros, la marge apparente monterait à 164 497 euros, ce qui illustre l’écart entre une présentation optimiste et un budget réellement prudent.
Dans cette hypothèse simplifiée, si la réserve est effectivement consommée et déductible, l’IS au taux de 25 % serait d’environ 31 124 euros, pour un résultat après IS proche de 93 373 euros. Le taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 euros peut modifier ce résultat si les conditions sont réunies : chiffre d’affaires n’excédant pas 10 millions d’euros, capital entièrement libéré et détention conforme. Pour une société appartenant à un groupe, le chiffre d’affaires à tester s’apprécie au niveau de l’ensemble du groupe, intégré ou non.
Cette estimation fiscale ne remplace pas le résultat comptable. Une réserve non consommée n’est pas automatiquement une charge déductible, et les immeubles acquis pour revendre sont normalement comptabilisés en stocks. Le coût des stocks comprend les coûts d’acquisition, de transformation et les autres coûts nécessaires pour amener le bien dans l’état prévu, tandis que certaines charges administratives non contributives et dépenses de commercialisation restent des charges de période.
Vérifier la TVA avant de retenir une marge
À compter du 1er septembre 2026, la TVA immobilière est recodifiée dans le CIBS. Pour un immeuble achevé depuis plus de cinq ans, la vente est en principe exonérée, avec une option possible. Un immeuble achevé depuis cinq ans au plus est taxable de plein droit sur le prix total lorsqu’il est vendu par un assujetti agissant comme tel. Le terrain à bâtir est également taxable de plein droit.
| Situation | Traitement à étudier | Conséquence sur le calcul |
|---|---|---|
| Immeuble ancien de plus de cinq ans | Vente exonérée en principe, option possible | Sans option, aucune TVA collectée n’est retenue et la TVA d’amont n’est pas présumée déductible |
| Immeuble achevé depuis cinq ans au plus | Vente taxable de plein droit sur le prix total | Le prix de sortie, la TVA collectée et les coûts HT doivent être modélisés séparément |
| Terrain à bâtir | Vente taxable de plein droit | Le régime applicable ne se déduit pas de la seule histoire du bâtiment |
| Ancien revendu avec option | Déduction soumise à l’affectation à une opération taxable, à une facture régulière et à l’exigibilité | La date de déduction de certaines dépenses directement liées à la vente doit être vérifiée |
La TVA d’amont n’est déductible que si la dépense est affectée à une opération taxée ouvrant droit à déduction, avec une facture régulière et une exigibilité acquise. Une absence de TVA apparente lors de l’achat ne suffit pas à obtenir le régime de la marge. Pour un terrain bâti acquis puis démoli afin de revendre un terrain à bâtir, le régime de la marge est exclu selon la décision du Conseil d’État du 27 mars 2020, n° 428234.
Le calcul en dedans doit aussi être respecté. Une marge TTC de 110 000 euros contient 18 333,33 euros de TVA, calculés par 110 000 fois 20 divisé par 120, et non 22 000 euros. Dans la simulation centrale, la TVA collectée et la TVA déductible sont toutes deux retenues à zéro uniquement parce que l’hypothèse choisie est celle d’une revente ancienne exonérée sans option ; un changement de régime modifie le coût, le prix et la trésorerie.
Identifier le régime du marchand de biens
Une personne qui achète habituellement des immeubles avec l’intention de les revendre relève des bénéfices industriels et commerciaux selon le 1° du I de l’article 35 du CGI. L’administration et le juge examinent le caractère habituel, l’intention de revendre dès l’acquisition et l’enchaînement entre achat et vente. La revente de plusieurs lots dans une même opération peut participer à la caractérisation de l’habitude.
Le bénéfice professionnel ne se limite pas à une différence entre prix d’achat et prix de vente. Il comprend le résultat d’ensemble, avec les dépenses afférentes au bien et les produits ou charges d’exploitation pendant la détention. Le marchand de biens ne relève pas automatiquement du régime de la plus-value immobilière privée et ses immeubles destinés à la revente sont normalement des stocks.
Une société soumise à l’IS applique en principe le taux de 25 %, avec le taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 euros sous conditions. Une société de personnes peut relever de l’IR, le résultat BIC étant alors imposé chez les associés selon leur quote-part, qu’il soit distribué ou non. Une société qui distribue ensuite des dividendes doit intégrer le PFU de 30 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux, sauf option globale pour le barème dans les conditions prévues.
Pour un travailleur indépendant non salarié, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes prises en compte en compte courant entre dans l’assiette sociale. Une holding ne constitue donc ni une exonération totale ni une réponse automatique : participation, régime mère-fille, quote-part de frais et charges de 5 %, substance, gouvernance, financement et coûts de fonctionnement doivent être examinés ensemble.
Traiter l’occupation et le calendrier comme des coûts
Des logements occupés avant travaux empêchent de retenir une date de chantier sans examen des baux, de l’identité des occupants, des loyers, des impayés, des droits en cours et des modalités légales de libération. Les échanges, accords, congés, relogements ou procédures doivent être documentés et intégrés dans le financement. Une promesse de départ verbal ne constitue pas une libération sécurisée.
Le calendrier doit distinguer l’acquisition, les études, les autorisations, la purge des recours, la libération des logements, la consultation des entreprises, la réception des travaux, la création de la copropriété, les diagnostics de vente et la commercialisation. Chaque étape peut bloquer la suivante. Une vente par lots ne doit pas être annoncée comme immédiate tant que les surfaces, les compteurs, le règlement et les diagnostics ne sont pas finalisés.
Le portage englobe les intérêts, les assurances, les taxes, les frais de syndic, la surveillance, les abonnements et les dépenses de conservation. Six mois de retard peuvent suffire à effacer une marge lorsque le financement est élevé et que les travaux ne peuvent pas démarrer dans les logements occupés.
Rédiger une promesse qui protège l’opération
Pour un achat d’habitation ou mixte financé par un prêt, l’avant-contrat doit mentionner l’origine des fonds et comporter une condition suspensive de prêt lorsque l’acquéreur recourt au crédit. Elle précise le montant, le taux, la durée, le délai et parfois le nombre de banques sollicitées. Le délai est souvent de 45 à 60 jours et ne peut être inférieur à un mois dans le champ du Code de la consommation.
Les demandes de financement doivent respecter exactement les paramètres prévus. Un refus obtenu avec un montant, une durée ou un taux différent de ceux de la condition ne libère pas nécessairement l’acquéreur. Pour une opération professionnelle, les conditions doivent être négociées autour du financement, de l’urbanisme, de l’audit structure, de la pollution, de la préemption, de la libération, de la copropriété, de la division et du permis purgé.
Une condition suspensive ne supprime pas un risque technique ou commercial. Elle fixe l’événement, le délai et la partie qui supporte l’échec, mais elle ne remplace ni une expertise, ni un budget complet, ni une autorisation obtenue avant la date butoir.
L’indemnité d’immobilisation, la date limite, la possibilité de renonciation et les conséquences d’une défaillance doivent être chiffrées et rédigées sans ambiguïté. Pour une vente aux enchères, le cahier des charges gouverne l’opération : il faut y vérifier l’occupation, l’état hypothécaire, les servitudes, les charges, la fiscalité, la jouissance et les frais. Certaines ventes notariales exigent une consignation souvent fixée à 20 % de la mise à prix, prévoient 45 jours pour payer et n’acceptent ni condition suspensive de prêt ni délai de réflexion, mais seul le cahier des charges fait foi.
Tester le scénario dégradé avant de faire une offre
Le scénario central ne suffit pas. Il faut combiner les risques, car une baisse du prix de vente, une hausse des travaux et un retard se renforcent mutuellement. Dans l’exemple, le scénario dégradé retient une baisse de 8 % des recettes, une hausse de 20 % des travaux et six mois de retard.
| Hypothèse | Scénario central | Scénario dégradé |
|---|---|---|
| Recettes de vente | 1 000 000 euros, soit 4 lots à 250 000 euros | 920 000 euros, soit une baisse de 8 % |
| Travaux TTC | 264 000 euros | 316 800 euros, soit une hausse de 20 % |
| Financement | 35 000 euros | 53 000 euros, avec 18 000 euros liés au retard |
| Portage, taxes et assurances | 26 000 euros | 38 000 euros, avec 12 000 euros liés au retard |
| Commercialisation | 20 000 euros, soit 2 % des ventes | 18 400 euros, soit 2 % des ventes |
| Coût complet avec réserve | 875 503 euros | 956 703 euros |
| Marge avant impôt | 124 497 euros | Moins 36 703 euros |
Le scénario dégradé transforme une marge positive en perte avant impôt. Le résultat n’est pas obtenu en additionnant trois risques isolés : les travaux passent à 316 800 euros, le financement à 53 000 euros, le portage à 38 000 euros et les recettes diminuent à 920 000 euros. Avec une marge minimale choisie de 80 000 euros, il faudrait, à paramètres constants et avant la révision des droits proportionnels, réduire le prix d’acquisition d’au moins 116 703 euros, soit un prix proche de 303 297 euros. Cette valeur doit ensuite être recalculée avec les frais liés au nouveau prix.
La décision devient défavorable si le vendeur refuse les conditions permettant de vérifier les fissures, d’accéder aux logements, d’obtenir les pièces de copropriété ou de conditionner l’achat à la division et au financement. Le prix plafond doit résister au scénario dégradé, pas seulement au scénario central.
Le feu vert documentaire avant l’offre
Avant de signer une offre ou une promesse, réunir les éléments suivants dans un dossier daté et rapproché des hypothèses financières :
- Le titre de propriété, les servitudes, les baux, l’état d’occupation et les éventuelles dettes ou procédures.
- Le règlement de copropriété, l’état descriptif de division, les tantièmes, les procès-verbaux, les charges, le fonds de travaux et les diagnostics requis.
- Les comparables DVF ajustés, les annonces concurrentes, les délais observés et le prix de sortie retenu pour chaque lot.
- Le rapport structure, l’état des réseaux, la toiture, les parties communes, les diagnostics et les devis détaillés avec leurs exclusions.
- Le PLU, la destination, les autorisations nécessaires, le permis ou la déclaration, le calendrier de recours et les conditions de transfert éventuelles.
- Le DPE actualisé, l’audit énergétique lorsqu’il est requis et l’impact du calendrier d’interdiction de location sur les acquéreurs visés.
- Le budget HT et TTC, la TVA collectée, la TVA déductible retenue, le financement, le portage, la fiscalité, la commercialisation et la réserve d’aléas.
- Les conditions suspensives, la date butoir, l’indemnité d’immobilisation, l’origine des fonds et les conséquences d’un refus de prêt ou d’une autorisation non obtenue.
Le feu vert suppose que chaque pièce confirme l’hypothèse correspondante et que la marge subsiste après le scénario dégradé. Une pièce manquante sur la structure, l’occupation, la division, la TVA ou le financement doit conduire à suspendre l’offre, à réduire le prix pour couvrir l’incertitude ou à inscrire une condition suspensive suffisamment précise.
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