Illustration éditoriale : Flipping immobilier : les 7 chiffres à valider avant de lancer une opération

Flipping immobilier : les 7 chiffres à valider avant de lancer une opération

355 000 € de revente ne suffisent pas à rendre un flipping immobilier rentable : après quatre mois de rénovation, le prix net, les frais, la fiscalité et le temps de portage peuvent absorber presque toute la différence avec le prix d'achat. La méthode consiste à valider sept chiffres dans un coût complet, puis à tester un scénario où le prix baisse, les travaux augmentent et la sortie prend du retard.

Scène professionnelle illustrant flipping immobilier
Le sujet se décide sur des éléments vérifiables, un coût complet et un calendrier prudent.

Les sept chiffres à valider avant de faire une offre

Le flipping immobilier consiste à acheter un bien, à le transformer si nécessaire, puis à le revendre avec un bénéfice. La décision ne repose toutefois ni sur l'écart entre le prix d'achat et le prix affiché, ni sur un rendement annoncé par un intermédiaire. Elle repose sur un calcul documenté intégrant la demande locale, les travaux, le financement, la fiscalité, les autorisations et le délai complet.

Une opération répétée ou réalisée avec l'intention de revendre dès l'acquisition peut relever de l'activité de marchand de biens. Le 1° du I de l'article 35 du CGI examine notamment l'habitude, l'intention de revendre et l'enchaînement entre achat et cession. Une pluralité de lots revendus dans une même opération peut aussi caractériser cette habitude.

Chiffre à valider

Ce qu'il mesure

Décision associée

1. Prix de sortie

Prix réellement défendable au regard des comparables et de la demande

Fixer une recette prudente, pas une estimation idéale

2. Coût d'acquisition

Prix, droits, émoluments, débours et études nécessaires

Calculer le prix maximum d'achat

3. Budget travaux

Travaux, maîtrise d'oeuvre, diagnostics, assurances et réserve d'aléas

Écarter les devis incomplets ou irréalistes

4. Financement et portage

Intérêts, garanties, assurance, copropriété, taxes et durée de détention

Mesurer le coût d'un mois supplémentaire

5. Délai complet

Acquisition, autorisations, travaux, commercialisation, compromis et acte

Tester la rotation réelle du capital

6. Coûts de sortie et fiscalité

Commercialisation, TVA, impôt sur le résultat et éventuelle distribution

Passer de la marge comptable au montant disponible

7. Résultat après impôt

Bénéfice en euros, marge sur coût total et marge sur chiffre d'affaires

Comparer le résultat au risque effectivement pris

Une marge défendable repose sur un coût complet et sur des pièces vérifiables. Un prix de revente optimiste, un devis sans exclusions ou une durée limitée à la seule période des travaux ne constituent pas un scénario financier : ils masquent le risque au lieu de le mesurer.

1. Le prix de sortie doit être net, local et documenté

Le premier chiffre est le prix de cession que le marché peut absorber, et non le prix affiché par le vendeur le plus ambitieux. Les mutations recensées dans DVF servent à repérer des transactions publiées, mais elles doivent être rapprochées de biens réellement comparables.

La comparaison doit tenir compte de la date, de l'adresse, de la surface, de l'étage, de l'état, de l'extérieur, du stationnement, de l'occupation et du statut juridique. Une vente atypique, une succession, un logement occupé ou un bien vendu avec une dépendance particulière doit être exclu ou expliqué. Une moyenne communale ne suffit pas pour établir une valeur de sortie.

La fourchette finale se construit avec des comparables ajustés, les annonces concurrentes, le volume de biens disponibles, les délais observés et la capacité de financement des acquéreurs. Le prix retenu doit aussi préciser s'il s'agit du prix de cession avant commercialisation, du prix net vendeur ou du montant encaissé après tous les frais de vente.

Scénario de sortie

Prix de cession retenu

Frais de commercialisation

Recette après commercialisation

Central de la simulation

355 000 €

8 000 €

347 000 €

Prudent, baisse de 5 %

337 250 €

8 000 €

329 250 €

Hypothèse haute à démontrer

365 000 €

8 000 €

357 000 €

Les frais de commercialisation du tableau sont une hypothèse de simulation et non un barème universel. Le scénario prudent ne retire qu'une baisse de 5 % du prix, mais cette variation suffit à faire basculer une opération dont la marge initiale est étroite.

2. Le coût d'acquisition dépasse le prix inscrit dans l'acte

Le prix d'achat de 260 000 € ne représente qu'une partie du coût d'entrée. Le calcul doit intégrer les droits et émoluments, le courtage, les diagnostics, le géomètre, les études, les frais de copropriété, les assurances et les éventuelles dépenses nécessaires pour obtenir l'autorisation ou sécuriser la revente.

Un assujetti qui s'engage dans l'acte à revendre peut bénéficier du régime de l'article 1115 du CGI si la revente intervient dans les cinq ans. Pour certaines ventes par lots soumises à un droit de préemption locatif, le délai est ramené à deux ans. La Cour de cassation, dans son arrêt du 14 février 2024, n° 22-17.541, retient un délai courant à compter de l'acquisition.

Le taux global usuellement présenté sous engagement de revendre est de 0,715 %, soit 1 859 € sur 260 000 €. Ce montant ne comprend pas automatiquement les émoluments, débours et contribution de sécurité immobilière. Il faut donc les ventiler dans le budget au lieu de parler globalement de frais de notaire réduits.

Si la revente n'intervient pas dans le délai applicable, l'économie initiale peut être reprise. Le complément de droits, l'intérêt de retard prévu par l'article 1727 du CGI et le droit supplémentaire de 1 % prévu par l'article 1840 G ter, II, doivent alors être examinés avec le professionnel chargé du dossier.

  • Vérifier le titre de propriété, les servitudes et la destination du bien.
  • Obtenir les procès verbaux de copropriété, les appels de charges, le fonds de travaux et les procédures en cours.
  • Contrôler les surfaces, les accès, les compteurs, les réseaux, le stationnement et les autorisations existantes.
  • Ajouter les diagnostics, le géomètre, les études structurelles et les frais de courtage avant de fixer le prix maximum.

3. Le budget travaux doit distinguer création de valeur et remise en état

Un devis global ne permet pas de savoir où se trouve le risque. L'estimation doit séparer la démolition, la structure, l'enveloppe, la toiture, les réseaux, le chauffage, la ventilation, le second oeuvre, les finitions, la maîtrise d'oeuvre, les diagnostics, les assurances, les taxes et les aléas.

Chaque devis doit préciser les quantités, les prix unitaires, la TVA, les exclusions, le délai, l'acompte, les situations de paiement, une éventuelle retenue et les modalités de réception. Une réserve proportionnée aux inconnues doit être ajoutée. Aucun taux de réserve unique ne s'applique à tous les immeubles : une rénovation légère documentée et une restructuration avec réseaux anciens ne portent pas la même incertitude.

La création de valeur se mesure par l'écart entre le prix de sortie supplémentaire réellement défendable et le coût total de l'intervention. Une cuisine plus coûteuse, un équipement haut de gamme ou un décor de home staging ne justifient leur dépense que s'ils améliorent le prix, le délai de vente ou la capacité à financer l'acquisition.

La priorité revient souvent à la propreté, à la lumière, à la circulation, aux petites réparations, à la neutralité et à la qualité des photographies. Chaque dépense de mise en scène doit être chiffrée et associée à un effet probable sur les visites, le délai ou le prix.

Une rénovation lourde peut faire entrer le vendeur dans la définition du constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil. Avant le démarrage, il faut contrôler les attestations d'assurance décennale des entreprises, la pertinence d'une assurance dommages ouvrage et la rédaction du procès verbal de réception.

4. Le délai complet commence à l'achat et se termine à l'encaissement

Les quatre mois de rénovation annoncés dans la simulation ne constituent pas le délai de l'opération. Il faut ajouter la signature, les conditions suspensives, les études, les autorisations, les approvisionnements, la mise en vente, les visites, le compromis, le délai de financement de l'acquéreur et l'acte définitif.

Dans l'hypothèse centrale, le bien est acheté au mois zéro, rénové pendant quatre mois, commercialisé pendant deux mois, puis vendu et encaissé au huitième mois. Cette chronologie est une hypothèse de calcul. Une autorisation contestée, une réception retardée ou un acquéreur qui obtient son financement plus lentement augmente immédiatement les intérêts et les charges de détention.

Le coût d'un mois supplémentaire doit être isolé avant l'offre. Il comprend au minimum le financement, l'assurance, les charges de copropriété, la taxe foncière lorsqu'elle reste à la charge du vendeur, les abonnements, la sécurité du chantier et les frais de commercialisation prolongés.

Dans la simulation, trois mois supplémentaires font passer le délai de 8 à 11 mois, le financement de 8 000 € à 11 000 € et le portage de 6 000 € à 8 250 €. Le délai modifie donc le résultat même si le prix de sortie et le montant des travaux ne changeaient pas.

5. Le financement doit être calculé sur les décaissements réels

La trésorerie nécessaire ne se limite pas à l'apport prévu dans le plan de financement. Elle dépend du calendrier des appels de fonds, des acomptes, des travaux supplémentaires, des intérêts intercalaires, des garanties, des frais de dossier et de la date à laquelle le prix de vente est effectivement disponible.

Une marge brute en euros n'est pas une trésorerie disponible. Une opération peut afficher un résultat positif tout en nécessitant une avance importante pendant le chantier. À l'inverse, un financement moins cher ne compense pas une sortie surestimée ou une autorisation manquante.

Pour un achat d'habitation ou mixte financé par emprunt, l'avant contrat doit mentionner l'origine des fonds et comporter une condition suspensive de prêt lorsque l'acquéreur y recourt. Cette condition précise notamment le montant, le taux, la durée, le délai et parfois le nombre de banques sollicitées. Le délai est souvent de 45 à 60 jours et ne peut être inférieur à un mois dans le champ du Code de la consommation.

Il faut respecter exactement les paramètres prévus dans les demandes de prêt. Un refus obtenu avec un montant, une durée ou un taux différent de ceux de la condition peut ne pas libérer l'acquéreur. Dans une opération professionnelle, les conditions négociées peuvent aussi viser le financement, l'urbanisme, la structure, la pollution, la préemption, la libération, la copropriété, la division ou le permis purgé.

6. La fiscalité change la marge réellement conservée

Le statut de l'opération

Lorsque l'activité remplit les critères de l'article 35 du CGI, le bénéfice relève des BIC professionnels. Les immeubles achetés pour être revendus sont normalement des stocks et non des immobilisations. Le résultat comprend le prix de cession diminué du prix d'achat et des dépenses afférentes, mais aussi les produits et charges d'exploitation pendant la détention. Il ne s'agit pas du régime de la plus value immobilière privée avec abattements liés à la durée.

Dans une société soumise à l'IS, le taux normal est de 25 %. Le taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice suppose notamment un chiffre d'affaires qui ne dépasse pas 10 millions d'euros, un capital entièrement libéré et une détention répondant aux conditions prévues. Pour une entreprise appartenant à un groupe, le chiffre d'affaires à tester s'apprécie au niveau de l'ensemble du groupe, intégré ou non, selon la précision administrative publiée après la décision CE du 13 mars 2025, n° 481538, société TDA.

Les sociétés de personnes relèvent de l'IR dans les conditions propres à leur régime : le résultat BIC est imposé chez les associés selon leur quote part, qu'il soit distribué ou non. Certaines SA, SAS et SARL de moins de cinq ans peuvent, sous conditions, opter temporairement pour le régime des sociétés de personnes pendant cinq exercices maximum.

La TVA immobilière

À compter du 1er septembre 2026, la TVA est recodifiée dans le CIBS. Pour un immeuble achevé depuis cinq ans au plus, la vente par un assujetti agissant comme tel est taxable de plein droit, en principe sur le prix total. Un immeuble achevé depuis plus de cinq ans est exonéré, avec une option possible. Le terrain à bâtir est taxable de plein droit.

La TVA sur marge ne s'applique que dans le champ prévu et lorsque l'acquisition n'a pas ouvert droit à déduction. Une absence de TVA apparente sur l'achat ne suffit donc pas. La vente d'un terrain à bâtir acquis comme terrain bâti puis démoli est exclue du régime de la marge, comme l'a jugé le Conseil d'État le 27 mars 2020, n° 428234.

Une marge TTC de 110 000 € contient 18 333,33 € de TVA selon le calcul en dedans, soit 110 000 × 20 sur 120, et non 22 000 €. La TVA collectée, la TVA déductible, le résultat imposable et la trésorerie doivent rester sur des lignes distinctes.

Situation du bien

Principe applicable

Contrôle à effectuer

Immeuble achevé depuis cinq ans au plus

Taxation de plein droit en principe sur le prix total

Date d'achèvement, qualité d'assujetti et droit à déduction

Immeuble achevé depuis plus de cinq ans

Exonération, avec option possible

Intérêt de l'option et moment de déduction des dépenses

Terrain à bâtir

Taxation de plein droit

Qualification urbanistique et régime de l'acquisition

Opération revendiquée à la marge

Régime limité aux conditions prévues

Absence de déduction à l'achat et historique précis du bien

La TVA d'amont n'est déductible que si la dépense est affectée à des opérations taxées ouvrant droit à déduction, avec une facture régulière et une exigibilité acquise. Pour un immeuble ancien revendu avec option, certaines dépenses directement liées à la vente ne sont déductibles qu'au moment de cette option. Le régime réel normal implique une CA3 mensuelle, ou trimestrielle sous conditions lorsque la TVA nette annuelle est inférieure à 4 000 €.

La distribution du bénéfice

Dans une société à l'IS, l'impôt sur le résultat ne constitue pas automatiquement le montant que l'associé peut retirer. Une distribution de dividendes est en principe soumise au PFU de 30 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux. L'option globale pour le barème peut modifier le calcul sous conditions, notamment avec l'abattement de 40 %.

Pour un travailleur indépendant non salarié, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes prises en compte en compte courant entre dans l'assiette sociale. Le régime mère fille suppose notamment une participation d'au moins 5 % et prévoit une quote part de frais et charges de 5 %. Une holding n'est donc ni une exonération totale ni une réponse automatique : ses coûts, sa gouvernance, sa substance et son financement doivent être justifiés.

7. Le DPE et la commercialisation influencent la demande de sortie

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Il faut refaire ou actualiser le DPE selon les règles applicables, sans garantir qu'un logement change de classe. Un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021 reste valable dix ans, tandis que ceux réalisés entre 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025.

Les seuils ont été adaptés depuis juillet 2024 pour les logements de 40 mètres carrés ou moins. En location, la classe G est interdite depuis le 1er janvier 2025, la classe F le sera à partir de 2028 et la classe E à partir de 2034. Ce calendrier influence la demande des investisseurs, mais il n'interdit pas en lui même la vente d'un logement.

L'audit énergétique concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété classés F ou G depuis avril 2023, E depuis janvier 2025, puis D selon le calendrier prévu en 2034. Le DPE est opposable, à l'exception des recommandations de travaux. Depuis janvier 2026, le DPE collectif s'étend aux copropriétés d'au plus 50 lots.

La commercialisation doit commencer avec un prix cohérent, des diagnostics à jour, des photographies de qualité, un dossier vendeur complet et des créneaux de visite réellement accessibles. Une stratégie de baisse prédéfinie évite de conserver plusieurs semaines un prix que les acquéreurs financés ne peuvent pas suivre.

La simulation complète de l'appartement acheté 260 000 €

La simulation suivante retient un appartement acheté 260 000 €, rénové en quatre mois et revendu 355 000 €. Les montants sont des hypothèses de travail, exprimés TTC, avec un bien achevé depuis plus de cinq ans vendu sans option de TVA. Ils ne constituent ni un barème de travaux, ni une prévision de marché.

Le délai central est fixé à huit mois entre l'acquisition et l'encaissement : quatre mois de travaux, deux mois de commercialisation et deux mois pour le compromis, le financement de l'acquéreur et l'acte. Le scénario dégradé cumule une baisse de 5 % du prix, une hausse de 15 % des travaux et trois mois de retard.

Poste du coût complet

Scénario central

Scénario dégradé

Prix d'achat

260 000 €

260 000 €

Droits sous engagement de revendre à 0,715 %

1 859 €

1 859 €

Émoluments, débours et autres frais d'acquisition, hypothèse

2 500 €

2 500 €

Travaux

45 000 €

51 750 €

Diagnostics, études, assurances et maîtrise d'oeuvre

4 000 €

4 000 €

Financement

8 000 €

11 000 €

Portage, copropriété, taxes et détention

6 000 €

8 250 €

Commercialisation

8 000 €

8 000 €

Réserve d'aléas

5 000 €

5 000 €

Coût complet

340 359 €

352 359 €

Prix de cession

355 000 €

337 250 €

Résultat avant impôt

14 641 €

−15 109 €

Marge sur coût total

4,30 %

−4,29 %

Marge sur chiffre d'affaires

4,12 %

−4,48 %

Dans le scénario central, le résultat avant impôt est de 355 000 moins 340 359, soit 14 641 €. Si la société remplit les conditions du taux réduit d'IS, l'impôt indicatif à 15 % serait de 2 196,15 €, laissant 12 444,85 € après IS, avant toute distribution et hors charges sociales personnelles. Au taux normal de 25 %, le résultat après IS serait de 10 980,75 €.

Le scénario dégradé produit une perte avant impôt de 15 109 €. La baisse de prix retire 17 750 € de recette, les travaux ajoutent 6 750 € et les trois mois de retard ajoutent 5 250 € de financement et de portage. L'effet cumulé dépasse donc 29 000 € par rapport au résultat central. L'impôt sur une perte ne se traite pas comme un impôt nul définitif : son utilisation dépend du régime et de la situation fiscale de la société.

Le résultat après IS du scénario central représente environ 3,66 % du coût complet. Sur huit mois, une annualisation simple donnerait environ 5,49 %, mais cet indicateur ne tient ni compte du calendrier précis des décaissements, ni du risque de perte, ni du coût du capital mobilisé. Il ne doit pas remplacer le résultat en euros et le test dégradé.

La division, le changement de destination et la copropriété peuvent annuler la marge

Une valeur de découpe ne doit jamais être intégrée au prix de sortie avant vérification du titre, du règlement de copropriété, de la destination, du PLU, du stationnement, des accès, des réseaux, des compteurs, de la sécurité, de la salubrité, des surfaces, des servitudes et des autorisations.

La division d'une parcelle ou d'un bâtiment peut relever d'une déclaration préalable, d'un permis d'aménager ou d'une autre autorisation selon les travaux, le site et la création d'équipements communs. Le changement d'un local en logement doit être compatible avec le PLU et les règles de copropriété. Sans modification de façade ni de structure porteuse, une déclaration préalable est généralement requise ; avec modification de façade ou de structure, un permis de construire est requis.

Le changement cadastral doit être déclaré dans les 90 jours suivant l'achèvement. Une taxe d'aménagement peut être due et la base de taxe foncière peut évoluer. Un permis de construire est normalement valable trois ans et peut, sous conditions, être prorogé deux fois un an. Un permis valide peut être transféré avec l'accord des parties et sous réserve de la capacité du bénéficiaire à respecter les obligations applicables. Le silence de l'administration pendant deux mois vaut en principe acceptation du transfert.

Le calendrier doit inclure l'affichage, le constat, les recours des tiers, le retrait administratif et les prescriptions liées à l'autorisation. Un permis obtenu mais non purgé ne constitue pas une valeur de sortie certaine.

La mise en copropriété d'un immeuble de plus de dix ans requiert un diagnostic technique dans les cas prévus. Ce diagnostic est communiqué lors de la première vente des lots et pendant trois ans après sa réalisation. Le diagnostic technique global doit être réalisé avant le règlement de copropriété et l'état descriptif de division dans les situations requises ; il analyse les parties communes, les obligations, l'amélioration énergétique et les travaux nécessaires sur dix ans avec une estimation sommaire.

Pour un lot de copropriété d'au moins 8 mètres carrés, la superficie privative Carrez doit figurer dans l'avant contrat et l'acte. La fiche synthétique, le règlement, l'état descriptif de division, les informations financières et le dossier de diagnostics doivent être remis selon les règles applicables à la vente des lots. Il faut budgéter le syndic, le géomètre, le notaire, les diagnostics, les compteurs et les travaux communs.

Une revente lot par lot impose aussi de modéliser l'ordre des ventes, les tantièmes, les charges, le fonds de travaux, les mainlevées bancaires et le stock résiduel. Le dernier lot vendu ne doit pas supporter seul une dépense commune oubliée dans le modèle.

La promesse doit répartir les risques avant le démarrage

Une condition suspensive ne supprime pas le risque : elle définit précisément qui supporte l'échec et avant quelle date. Les clauses doivent donc correspondre au projet réel, notamment lorsque la rentabilité dépend d'une division, d'un changement de destination, d'un permis ou d'une revente par lots.

Pour une opération professionnelle, les conditions peuvent porter sur le financement, l'urbanisme, l'audit structure, la pollution, la préemption, la libération des lieux, la copropriété, l'autorisation de division, le permis purgé et le résultat des études. Leur acceptation dépend du vendeur. L'indemnité d'immobilisation, la date butoir, la renonciation éventuelle et les conséquences d'une défaillance doivent être chiffrées et rédigées avec le notaire ou l'avocat.

Le prix d'achat maximum se déduit du prix de sortie prudent, des coûts hors acquisition et de la marge minimale recherchée. Dans la simulation, les coûts autres que le prix d'achat et les droits représentent 78 500 €. Pour viser 30 000 € de résultat avant impôt avec une revente à 355 000 €, le prix d'achat théorique vérifie l'équation suivante : prix d'achat + 0,715 % du prix d'achat + 78 500 € + 30 000 € = 355 000 €. Le prix maximum ressort à environ 244 750 €, à hypothèses inchangées. À 260 000 €, l'opération n'atteint donc pas cet objectif de marge.

Les enchères exigent un plafond tout compris

Avant d'enchérir, il faut lire le cahier des charges et contrôler l'urbanisme, les diagnostics, l'état hypothécaire, les servitudes, l'occupation, les charges, la fiscalité, le transfert de propriété, la jouissance et tous les frais. En vente notariale, la consignation est souvent de 20 % de la mise à prix, mais seul le cahier des charges fait foi. Elle s'impute ensuite sur les frais puis sur le prix.

Une surenchère d'au moins 10 % peut être ouverte pendant dix jours pour de nombreuses ventes. Certaines ventes notariales prévoient 45 jours pour payer le prix, sans condition suspensive de prêt ni délai de réflexion. Les frais de droits, émoluments, publicité, organisation et débours peuvent dépasser ceux d'une vente classique.

Le plafond doit être fixé avant l'audience et inclure le prix, les frais d'adjudication, les travaux, les charges, les délais, le financement et la fiscalité. Les ventes judiciaires nécessitent généralement un avocat inscrit au barreau du tribunal concerné et suivent un régime distinct des ventes notariales, domaniales et judiciaires.

La grille de décision avant l'offre

Le dossier doit être contrôlé dans six familles. Une seule inconnue critique peut justifier de suspendre l'offre plutôt que de l'intégrer dans une marge théorique.

  • Demande de sortie : comparables ajustés, annonces concurrentes, délai, volume et solvabilité des acquéreurs.
  • Droits et urbanisme : titre, PLU, destination, permis, déclaration, préemption, servitudes et recours.
  • État technique : structure, réseaux, humidité, sécurité, DPE, audit et parties communes.
  • Travaux et planning : devis détaillés, entreprises assurées, réception, approvisionnements et réserve d'aléas.
  • Financement et fiscalité : décaissements, coût mensuel, TVA, BIC, IS ou IR, et trésorerie après impôt.
  • Contrat : conditions suspensives, indemnité, date butoir, engagement de revendre et conséquences d'un retard.

Le seuil d'abandon doit être défini avant la signature. Il peut combiner un résultat minimal en euros, une marge minimale sur coût total, un délai maximal et un prix de sortie prudent. Si le projet ne reste pas positif après la baisse de prix, la hausse des travaux et le retard cumulés, il ne faut pas le sauver avec le scénario haut.

Une condition suspensive correctement rédigée protège contre un événement défini dans un délai défini. Elle ne transforme ni une autorisation incertaine en droit acquis, ni un prix de revente espéré en recette certaine, ni une marge insuffisante en opération rentable.

Le contrôle final à effectuer avant la signature

Avant de s'engager, reprendre le modèle avec les pièces reçues et remplacer chaque hypothèse par un montant justifié. Le contrôle final doit notamment confirmer les points suivants :

  • le prix de sortie prudent correspond à une fourchette de comparables ajustés et non à une moyenne générale ;
  • le coût complet inclut acquisition, travaux, financement, portage, commercialisation, fiscalité et réserve d'aléas ;
  • le délai va jusqu'à l'encaissement du prix et comporte un coût mensuel de retard ;
  • le régime BIC, la TVA et le taux d'IS retenus sont compatibles avec la structure et les pièces disponibles ;
  • les autorisations, assurances, diagnostics, surfaces et documents de copropriété sont identifiés ;
  • le scénario dégradé reste acceptable ou entraîne une renégociation du prix d'achat.

Si les coûts hors achat restent ceux de la simulation et si l'objectif est de conserver 30 000 € avant impôt, l'offre doit rester proche du prix maximum calculé de 244 750 €, puis être ajustée uniquement lorsque les frais variables sont documentés. Toute hausse du budget travaux, tout mois supplémentaire ou toute baisse de prix doit être reporté dans le tableau avant la signature, et non après le démarrage du chantier.

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