Cinq ans est le délai de revente attaché, sous conditions, à l’engagement de l’article 1115 du CGI, avec un délai ramené à deux ans pour certaines ventes par lots soumises à préemption locative. Le co-investissement d’un particulier dans une opération immobilière doit donc fixer avant le versement des fonds le véhicule, le rang de remboursement, la répartition de la marge, les pertes, les décisions et la sortie, sans confondre rendement annoncé et gain garanti.
Ce que recouvre le co-investissement immobilier d’un particulier
Dans un co investissement particulier immobilier, un opérateur apporte son savoir-faire, l’accès à l’opération et une partie des fonds, tandis qu’un investisseur apporte du capital. L’argent peut entrer au capital de la société qui porte le projet, être avancé en compte courant, prendre la forme d’un prêt encadré ou financer une émission obligataire par l’intermédiaire d’une plateforme.
Ces montages ne produisent pas les mêmes droits. L’associé participe à la valeur de la société et supporte le risque résiduel. Le titulaire d’un compte courant détient une créance, dont le remboursement dépend toutefois du contrat, de la trésorerie et du rang prévu. Le prêteur senior est payé avant les investisseurs en capital, mais une garantie ne supprime pas le risque de réalisation ou de dépréciation de l’actif.
Un versement effectué sur le compte bancaire de l’opérateur sans émission de titres, convention de prêt ou convention de compte courant laisse la qualification et les droits du particulier dans une situation fragile. La nature juridique du versement doit être arrêtée avant le décaissement, et non reconstituée au moment de la revente.
Le remboursement du capital et le partage du bénéfice ne sont pas une seule et même promesse. Le premier dépend de la capacité du projet à rembourser ses dettes et ses coûts. Le second ne devient distribuable qu’après la définition de la marge, le paiement des créanciers, le traitement de la TVA, la fiscalité et les réserves prévues par les documents.
Choisir entre capital, compte courant et dette
L’entrée au capital
L’investisseur reçoit des actions ou des parts et devient associé de la société de projet. Les statuts organisent la répartition des titres, mais le pacte d’associés doit généralement compléter le dispositif sur les décisions réservées, l’information, les transferts, les conflits d’intérêts et les modalités de sortie.
Le capital ne donne pas automatiquement droit à un taux annuel. La rémunération dépend de la valeur créée, du résultat distribuable et de la règle de partage convenue. En cas de perte, l’investisseur peut perdre tout ou partie de sa mise. Une participation au capital ne comporte pas de remboursement prioritaire par nature.
Le compte courant d’associé
Un associé peut avancer des fonds à la société par un compte courant. Cette avance constitue une dette de la société envers lui, distincte de son apport en capital. La convention doit préciser le taux éventuel, la durée, les conditions de remboursement, la subordination au financement bancaire, les cas de blocage et le traitement des intérêts impayés.
Un compte courant peut donner une priorité par rapport au capital, mais cette priorité n’est pas nécessairement supérieure à celle de la banque. Une clause de subordination peut aussi placer le particulier derrière le prêteur senior et interdire tout remboursement tant que la dette bancaire n’est pas soldée.
Le financement par prêt ou obligation
Un prêt direct ou une obligation prévoit une créance, une échéance et une rémunération contractuelle. Le contrat doit identifier le débiteur, les sûretés, les événements de défaut, l’exigibilité anticipée, le rang et les recours. La qualification d’un prêt consenti directement par un particulier à une entreprise doit être vérifiée au regard des règles applicables à l’activité de crédit.
Une rémunération contractuelle ne transforme pas la dette en placement sans risque. Si l’actif est vendu trop tard ou à un prix inférieur, la société peut ne pas disposer des liquidités nécessaires au paiement des intérêts et du principal.
Les cinq voies crédibles pour investir
Le choix de la voie dépend de la priorité recherchée, du niveau d’implication et de la capacité à accepter une perte. Les documents ne doivent pas seulement afficher un taux ou une quote-part : ils doivent décrire le scénario favorable, le retard et l’échec de la sortie.
| Voie | Rémunération et rang | Documents et vigilance |
|---|---|---|
| Actions ou parts de la société de projet | Partage de la valeur et des distributions selon les titres et le pacte. Rang résiduel après les créanciers. | Statuts, bulletin de souscription, pacte, droits de vote et règles de transfert. Perte totale du capital possible. |
| Capital complété par un compte courant | Une partie de la mise est du capital, l’autre une créance. Le rang du compte courant doit être écrit. | Convention de compte courant, taux, blocage, remboursement et subordination bancaire. Ne pas présenter l’avance comme un capital garanti. |
| Prêt direct ou obligation privée | Intérêt et remboursement prévus au contrat, avec priorité définie par les sûretés et la subordination. | Contrat de prêt ou émission, sûreté, défaut, fiscalité et conformité de la structuration. La liquidité reste dépendante de la sortie. |
| Club deal dans une société dédiée | Plusieurs investisseurs apportent des fonds dans une structure commune avec une cascade de paiement. | Pacte, gouvernance, décisions réservées, conflits d’intérêts, hurdle, carried interest, information et scénario de perte. |
| Obligations via une plateforme PSFP | Rendement contractuel annoncé pour une durée souvent comprise entre un et trois ans. Rang et garanties variables. | Vérifier le statut de prestataire de services de financement participatif, le projet, les retards historiques et la perte maximale. Le rendement affiché n’est ni net ni garanti. |
Depuis novembre 2023, les plateformes concernées doivent disposer du statut européen de prestataire de services de financement participatif. Cinquante-neuf prestataires de services de financement participatif étaient recensés fin 2024. Ce statut encadre l’intermédiation, mais ne garantit ni le projet immobilier ni le remboursement de l’investisseur.
Écrire la cascade de paiement et le rang
Une clause de partage exploitable commence par une définition précise des sommes à répartir. Elle indique si la marge est calculée avant ou après les frais de financement, les commissions, les taxes, les pénalités, la TVA, l’impôt sur les bénéfices, les frais de commercialisation et la rémunération de l’opérateur.
Une cascade fréquente fonctionne dans cet ordre : encaissement des ventes, paiement des taxes et frais de vente, remboursement de la banque, paiement des créances prioritaires, restitution des apports selon la règle convenue, versement d’un rendement prioritaire éventuel, puis partage du reliquat. Chaque étage doit préciser les sommes prises en compte et le moment de calcul.
| Position | Ce qui est généralement payé | Risque à vérifier |
|---|---|---|
| Banque senior | Capital tiré, intérêts, commissions, frais et éventuelles pénalités selon le contrat. | Hypothèque, caution, nantissement, assurance, mainlevée et possibilité d’appel des garanties. |
| Compte courant ou dette subordonnée | Principal et intérêts selon la convention, souvent après la banque. | Blocage du remboursement, absence de sûreté, subordination et insuffisance de trésorerie. |
| Capital de l’opérateur et du particulier | Restitution éventuelle des apports, puis bénéfice selon la clé de partage. | Le capital est exposé en dernier rang et sa perte peut être totale. |
| Rémunération variable de l’opérateur | Quote-part de marge, carried interest ou prime après les étapes prévues. | Base de calcul, dilution de la marge, conflit entre rémunération de gestion et partage du bénéfice. |
Le pacte doit aussi encadrer les décisions réservées : nouvel emprunt, garantie donnée à un tiers, dépassement du budget, modification du programme de travaux, vente sous un prix plancher, prorogation, refinancement, transaction avec une partie liée et distribution de trésorerie. Les seuils sont à négocier selon l’opération ; aucun seuil légal universel ne protège automatiquement le particulier.
Un rendement contractuel ne vaut que par son rang, sa base de calcul et les liquidités disponibles à l’échéance. Une priorité de paiement non assortie d’un mécanisme de contrôle de la trésorerie peut rester théorique, tandis qu’une sûreté mal décrite peut couvrir un risque différent de celui imaginé par l’investisseur.
Simulation imposée : 120 000 euros pour l’opérateur et 180 000 euros pour le particulier
La simulation suivante isole le partage économique avant impôt. Elle retient un projet de dix-huit mois, un financement externe et un budget volontairement détaillé. Les montants de frais autres que le taux de droits indiqué sont des hypothèses de construction, et non des tarifs garantis. La TVA n’est pas intégrée dans la marge faute d’information sur l’âge des immeubles, le terrain, la déduction à l’achat et l’option éventuelle.
| Poste de l’opération | Hypothèse | Traitement dans la simulation |
|---|---|---|
| Prix d’acquisition | 700 000 € | Coût d’achat |
| Droits sous engagement de revendre | 5 005 €, soit 0,715 % de 700 000 € | Hors émoluments, débours et contribution de sécurité immobilière |
| Émoluments et frais annexes d’acquisition | 10 000 € | Hypothèse à confirmer par le notaire |
| Travaux | 250 000 € | Budget travaux, hors traitement définitif de la TVA |
| Études, architecte, géomètre et diagnostics | 20 000 € | Coûts directement liés au projet |
| Intérêts du financement | 30 000 € | Hypothèse pour dix-huit mois, sans déduire un taux bancaire garanti |
| Garanties, assurance et commissions financières | 15 000 € | Hypothèse de budget |
| Commercialisation | 20 000 € | Hypothèse de commission et de publicité |
| Réserve d’aléas | 40 000 € | Réserve intégrée au besoin total |
| Total des coûts retenus | 1 090 005 € | Avant impôt et hors TVA récupérable |
| Recettes de cession | 1 300 005 € | Hypothèse de ventes encaissées |
| Marge avant impôt | 210 000 € | 1 300 005 € moins 1 090 005 € |
| Fonds propres | 300 000 € | 120 000 € opérateur et 180 000 € particulier |
| Financement externe nécessaire | 750 005 € | Besoin total moins les fonds propres |
La répartition de la marge doit préciser si elle intervient avant ou après le remboursement des 300 000 € de fonds propres. Les calculs ci-dessous supposent que les apports sont restitués en premier lorsque le prix de vente le permet, puis que les 210 000 € constituent la masse de gain à partager.
| Clé de partage | Calcul du gain | Gain opérateur | Gain particulier | Retour total avec restitution du capital |
|---|---|---|---|---|
| Proportionnelle aux apports | 120 000 / 300 000 = 40 % et 180 000 / 300 000 = 60 % | 84 000 € | 126 000 € | 204 000 € et 306 000 € |
| Partage égalitaire de la marge | 210 000 € x 50 % | 105 000 € | 105 000 € | 225 000 € et 285 000 € |
| Préférence puis reliquat | 8 % par an sur 180 000 € pendant 18 mois = 21 600 €. Reliquat de 188 400 €, partagé à 60 % pour l’opérateur et 40 % pour le particulier. | 113 040 € | 21 600 € + 75 360 € = 96 960 € | 233 040 € et 276 960 € |
La troisième clé rémunère d’abord le temps de détention du particulier, puis attribue au professionnel une part plus élevée du reliquat en contrepartie de l’acquisition, de la gestion et du risque opérationnel. Le taux de 8 % et la durée de dix-huit mois ne sont qu’une hypothèse contractuelle. Si la vente intervient au vingt-quatrième mois, la préférence simple deviendrait 28 800 € dans cette hypothèse ; si le contrat ne prévoit aucune prorogation payante, le calcul resterait celui de la clause initiale.
Tester les pertes et le retard avant de partager les gains
Un scénario favorable ne suffit pas. Le même contrat doit traiter la marge nulle, le dépassement de travaux, la vente sous le prix cible, la prorogation du prêt et la défaillance d’un acquéreur. Le tableau suivant mesure uniquement le gain ou la perte sur les fonds propres, après paiement des coûts du projet, en supposant que la perte est plafonnée aux apports et qu’aucune garantie personnelle n’est appelée.
| Clé | Marge de 210 000 € | Marge de 0 € | Perte de 60 000 € |
|---|---|---|---|
| 40 % opérateur et 60 % particulier | +84 000 € et +126 000 € | 0 € et 0 € | −24 000 € et −36 000 € |
| 50 % chacun | +105 000 € chacun | 0 € chacun | −30 000 € chacun |
| Préférence puis reliquat | +113 040 € et +96 960 € | 0 € et 0 € | −24 000 € et −36 000 € si la perte reste proportionnelle aux apports |
À marge nulle, le zéro affiché concerne le gain, pas la restitution automatique des 300 000 €. Le prix de vente doit encore rembourser la banque, les frais et les dettes. En cas de perte de 60 000 €, une préférence de rendement ne crée aucune valeur : elle ne s’applique que si la cascade produit un montant suffisant. Une garantie personnelle, une dette résiduelle ou une garantie croisée peut porter la perte au-delà de la mise initiale.
La prorogation mérite un calcul séparé. Chaque mois supplémentaire peut ajouter des intérêts, une commission de prolongation, une assurance, des taxes de détention, des frais de gardiennage ou une baisse de prix nécessaire pour vendre. Le pacte doit indiquer qui autorise la prorogation, qui supporte son coût et si la préférence est simple, capitalisée ou plafonnée.
Mesurer l’impôt sans confondre TVA et bénéfice
Le résultat du marchand de biens
Le 1° du I de l’article 35 du CGI soumet aux BIC les bénéfices des personnes qui achètent habituellement des immeubles en vue de les revendre. L’administration et le juge examinent notamment l’habitude, l’intention de revendre dès l’acquisition et l’achat suivi d’une vente. La revente de plusieurs lots dans une même opération peut participer à la caractérisation de l’habitude.
Le résultat professionnel porte sur l’ensemble de l’activité : prix de cession, prix d’achat, dépenses liées à l’opération, produits et charges d’exploitation pendant la détention. Il ne s’agit pas du calcul d’une plus-value immobilière privée avec abattement pour durée de détention. Les immeubles destinés à la revente sont normalement comptabilisés en stocks. Le Plan comptable général retient dans leur coût les dépenses d’acquisition, de transformation et les autres coûts nécessaires pour les amener dans l’état où ils se trouvent. Les charges anormales, frais administratifs non contributifs et frais de commercialisation restent des charges de période selon leur nature.
IS, IR et remontée de trésorerie
Si la marge de 210 000 € correspond exactement au bénéfice fiscal d’une société soumise à l’IS, sans autre retraitement, le calcul varie selon l’accès au taux réduit.
| Hypothèse fiscale | Calcul indicatif | IS estimé | Résultat après IS avant distribution |
|---|---|---|---|
| Taux normal | 210 000 € x 25 % | 52 500 € | 157 500 € |
| Taux réduit puis taux normal | 42 500 € x 15 % + 167 500 € x 25 % | 48 250 € | 161 750 € |
| Société relevant de l’IR | Résultat BIC réparti entre associés selon leur quote-part | Pas d’IS au niveau de la société dans cette hypothèse | Imposition chez les associés, distribuée ou non |
Le taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € suppose notamment un chiffre d’affaires qui n’excède pas 10 millions d’euros, un capital entièrement libéré et une détention d’au moins 75 % par des personnes physiques ou des sociétés remplissant les conditions. Pour une entreprise appartenant à un groupe, le chiffre d’affaires à tester s’apprécie au niveau de l’ensemble du groupe, intégré ou non, conformément à la portée donnée par le Conseil d’État dans sa décision du 13 mars 2025, n° 481538, Sté TDA.
Si la société est à l’IR, la quote-part de résultat est imposée chez chaque associé même si la trésorerie n’est pas distribuée. Une SAS, une SA ou une SARL de moins de cinq ans peut, sous conditions, opter temporairement pour le régime des sociétés de personnes pendant cinq exercices au maximum. L’option à l’IS d’une société de personnes devient irrévocable si la renonciation n’est pas exercée avant la fin du cinquième exercice suivant celui de l’option.
Pour une distribution de dividendes à une personne physique, le prélèvement forfaitaire unique est de 30 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux. L’option globale pour le barème peut ouvrir, sous conditions, l’abattement de 40 % et la déduction d’une fraction de CSG. Dans la simulation, sous IS au taux normal et avec la première clé, le bénéfice après IS serait de 157 500 €, dont 94 500 € pour le particulier si la clé de 60 % était appliquée après impôt. Le PFU représenterait alors 28 350 € sur ce dividende, soit 66 150 € après impôt personnel, sans inclure le remboursement des 180 000 € de capital et sous réserve d’une distribution effectivement possible.
Lorsque l’investisseur est travailleur indépendant non salarié, la fraction des dividendes supérieure à 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes retenues en compte courant entre dans l’assiette sociale. Une holding peut organiser la détention et le réinvestissement, mais le régime mère-fille suppose notamment une participation d’au moins 5 % et laisse une quote-part de frais et charges de 5 %. Une holding n’est ni une exonération totale ni une solution automatique : coûts, substance, gouvernance, financement et flux doivent être justifiés.
Qualifier la TVA et les droits d’acquisition
La TVA doit être ventilée séparément dans le budget : TVA collectée sur les ventes, TVA déductible sur les dépenses, crédit éventuel, montant net à décaisser et date d’exigibilité. Une marge avant impôt ne permet pas de déduire une TVA sans connaître la nature et l’âge du bien, la qualité de l’assujetti, les droits à déduction et l’option choisie.
| Situation | Principe de TVA | Conséquence pour le co-investissement |
|---|---|---|
| Immeuble achevé depuis cinq ans au plus | Vente par un assujetti agissant comme tel taxable de plein droit, en principe sur le prix total. | Le prix, la marge et les flux doivent être construits hors taxe et toutes taxes comprises. |
| Immeuble achevé depuis plus de cinq ans | Vente exonérée, avec option possible. | La TVA d’amont directement liée à la vente peut dépendre du moment de l’option. |
| Terrain à bâtir | Vente taxable de plein droit. | La qualification du terrain et des travaux conditionne la déduction. |
| Régime de la marge | Possible seulement dans le champ prévu et lorsque l’acquisition n’a pas ouvert droit à déduction. | Un achat sans TVA apparente ne suffit pas à établir le régime de la marge. |
Pour un terrain à bâtir acquis comme terrain bâti puis démoli, le Conseil d’État a exclu le régime de la marge dans sa décision du 27 mars 2020, n° 428234. À compter du 1er septembre 2026, la TVA est recodifiée dans le CIBS par l’ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 ; la référence applicable doit donc être vérifiée selon la date de l’opération, sans déduire une concordance entre anciens et nouveaux articles.
Lorsque la marge TTC est de 110 000 €, la TVA incluse à 20 % se calcule en dedans : 110 000 x 20 / 120 = 18 333,33 €. Elle n’est pas égale à 22 000 €, qui correspondrait à 20 % appliqués à une base hors taxe. Au réel normal, la déclaration CA3 est mensuelle, ou trimestrielle si la TVA nette annuelle reste inférieure à 4 000 € et si l’option est exercée. Un crédit est reportable ou remboursable sous conditions, notamment avec le formulaire 3519 joint à la CA3.
L’engagement de revendre de l’article 1115 du CGI doit être souscrit dans l’acte par une personne assujettie et la revente doit intervenir dans le délai applicable. Le régime est usuellement présenté avec un taux global de 0,715 %, auquel s’ajoutent les émoluments, débours et contribution de sécurité immobilière selon leur régime. Le délai court à compter de l’acquisition ; pour certaines ventes par lots déclenchant un droit de préemption locatif, il est ramené à deux ans. En cas de non-respect, l’acquéreur s’expose au complément de droits, à l’intérêt de retard de l’article 1727 du CGI et au droit supplémentaire de 1 % prévu par l’article 1840 G ter, II.
L’engagement de construire de l’article 1594-0 G du CGI obéit à un délai de quatre ans. Une prolongation annuelle renouvelable peut être demandée à l’administration si elle est motivée et formulée au plus tard dans le mois suivant l’expiration du délai. Ces dates doivent figurer dans le calendrier de sortie et dans les conditions de financement.
Présenter le dossier au financeur et protéger la trésorerie
Il n’existe ni apport minimal légal universel ni ratio d’endettement légal propre au marchand de biens. La banque apprécie ensemble l’opérateur, les fonds propres réellement disponibles, l’actif, la liquidité de sortie, les autorisations, le coût complet, le calendrier, les précommercialisations éventuelles, les garanties et le scénario dégradé.
À titre de repère de marché, les nouveaux financements aux sociétés non financières affichaient en juin 2026 un taux moyen de 3,64 %, et 3,69 % pour les crédits bancaires. Les crédits bancaires nouveaux d’un million d’euros ou moins s’établissaient en moyenne à 3,84 %, tandis que le financement immobilier des entreprises ressortait à 3,52 % en avril 2026. Ces données sont des moyennes d’entreprises, pas une offre spécifique à une opération de marchand de biens.
Au deuxième trimestre 2026, 83 % des PME ayant demandé un crédit de trésorerie ont obtenu plus de 75 % du montant demandé, contre 94 % pour l’équipement, et 56 % des PME disposant de lignes de crédit les avaient utilisées. L’enquête bancaire de juillet 2026 faisait ressortir un solde net de 7 % des banques déclarant un durcissement des critères de crédit aux entreprises. Ces statistiques décrivent un marché, elles ne préjugent pas de l’accord sur le dossier du particulier.
| Financement | Avantage opérationnel | Point de risque |
|---|---|---|
| Prêt amortissable | Réduction progressive du capital dû. | Sorties mensuelles plus lourdes et besoin de trésorerie avant les ventes. |
| Prêt in fine | Capital remboursé à la sortie, donc décaissements mensuels de capital réduits. | Intérêts sur tout le nominal et exposition accrue au retard de vente. |
| Crédit relais ou pont | Financement d’une période courte lorsque la sortie est documentée. | Le retard doit rester finançable ; une vente simplement espérée ne suffit pas. |
| Compte courant d’associé | Renforcement rapide des fonds disponibles sans modifier nécessairement la répartition du capital. | Remboursement bloqué par la banque, rang subordonné et absence de liquidité. |
| Garantie Bpifrance éventuelle | Couverture d’une fraction de la perte du prêteur contre commission. | Les fourchettes génériques de création de 50 % à 60 % ne rendent pas l’éligibilité de l’opération acquise. |
Une offre se compare sur le coût total, et sur le TAEG lorsqu’il est applicable : taux, commission d’engagement, frais de dossier, expertise, garantie, non-utilisation, prorogation, mainlevée, pénalités et calendrier des tirages. L’affirmation souvent citée d’environ 30 % d’apport personnel chez Bpifrance concerne la création d’entreprise généraliste ; elle ne constitue ni un seuil juridique ni une règle bancaire propre au marchand de biens.
Le dossier doit contenir quatre tableaux prévisionnels distincts : plan de financement initial, compte de résultat sur trois ans, plan de financement sur trois ans et plan de trésorerie mensuel. Ce dernier place les encaissements et décaissements au mois réel, toutes taxes comprises lorsque nécessaire. Une marge comptable positive peut coexister avec un trou de trésorerie si les artisans sont payés avant les ventes, si la TVA est avancée ou si les acomptes se multiplient.
Traiter les opérations à découpe, à division et à travaux
Achat en bloc avec découpe
Le financement doit préciser la mainlevée lot par lot, le prix minimum de remboursement de la banque, les frais de géomètre, les coûts de création ou de modification de copropriété et le rythme attendu des ventes. Une clause qui autorise la vente d’un lot sans définir la somme affectée au remboursement peut laisser l’opérateur sans capacité de solder la dette à la dernière vente.
Division parcellaire
Le tirage des fonds doit être conditionné aux autorisations d’urbanisme, à l’accès, aux réseaux, aux servitudes, au bornage et à l’expiration ou à la maîtrise du délai de recours. Le calendrier pessimiste doit intégrer un refus, une prescription complémentaire ou un décalage du raccordement. La promesse de division ne remplace pas la vérification des autorisations et des servitudes.
Travaux et appels de fonds
Le budget distingue les acomptes, les situations mensuelles, la retenue de garantie, les justificatifs nécessaires au tirage, la TVA, les aléas et le décalage entre le paiement des entreprises et les encaissements de vente. Les devis doivent être rapprochés des factures, des attestations d’assurance et de l’avancement réel. Un budget sans réserve peut transformer une marge théorique en appel de fonds auprès des investisseurs.
Plusieurs opérations simultanées
Le suivi consolidé fait apparaître la dette engagée, la dette tirée, les fonds propres immobilisés, la trésorerie libre, les garanties croisées et le calendrier pessimiste de chaque actif. Une société qui affiche une marge sur chaque opération peut néanmoins manquer de liquidités si les sorties se concentrent après les échéances bancaires.
Évaluer le crowdfunding et les clubs deals sans taux facial trompeur
L’étude publiée par l’Autorité des marchés financiers en janvier 2025 sur les dix principales plateformes relevait des rendements contractuels immobiliers autour de 9,1 % à 9,6 % pour les millésimes 2017 à 2022, 9,9 % en 2023 et 10,7 % en 2024. Ces rendements sont contractuels et bruts de la fiscalité de l’investisseur ; ils ne constituent pas une promesse de remboursement.
| Indicateur observé dans l’étude | Chiffre | Lecture pratique |
|---|---|---|
| Projets en cours présentant un retard de paiement | Environ 30 % | La durée annoncée d’un à trois ans peut être dépassée. |
| Millésime 2019, retards sur projets en cours | 15,2 % | Le stock de projets encore ouverts ne mesure pas tous les retards survenus. |
| Millésime 2019, retards en incluant les projets remboursés tardivement | 60,2 % | Le résultat réalisé peut différer fortement de l’affichage en cours. |
| Retards dépassant six mois | 42 % | Le coût d’immobilisation et la prorogation doivent être intégrés. |
| Procédure collective ou judiciaire | 8,8 % | Le recouvrement dépend de la procédure, des actifs et du rang. |
| Part des collectes immobilières en 2024 | 54 %, contre 66 % en 2023 | Le poids du secteur varie selon les années. |
| Investisseurs actifs particuliers en 2024 | 96 % | La concentration sur les particuliers n’élimine pas le risque. |
| Montants collectés sous forme d’obligations en 2024 | 65 % | Le titre obligataire doit être analysé selon son rang et ses garanties. |
Dans un club deal , le particulier doit obtenir une documentation sur le rang, la priorité de remboursement, le hurdle, le carried interest, la gouvernance, les décisions réservées, l’information, les conflits d’intérêts et le scénario de perte. La comparaison pertinente porte sur la marge laissée à l’opérateur après la rémunération du financement, la probabilité de retard, les frais et la fiscalité, pas seulement sur le taux annoncé.
Organiser la sortie et les situations de blocage
La sortie peut résulter de la vente des immeubles, de la vente des titres de la société de projet, du remboursement du compte courant ou du rachat des titres par l’opérateur. Chaque voie exige une méthode de valorisation, une date, une procédure de notification et une répartition des frais.
Le pacte peut prévoir une promesse de vente ou d’achat, un droit de préemption, une clause de sortie conjointe, une sortie forcée en cas de vente de l’actif, une clause de drag along ou de tag along selon la structure, ainsi qu’une procédure de résolution du désaccord. Le prix ne doit pas reposer sur une estimation unilatérale de l’opérateur : une formule fondée sur les comptes, un expert indépendant ou plusieurs offres documentées est plus contrôlable.
Pour un compte courant, le contrat fixe la date de remboursement et les conditions qui autorisent le paiement. Pour le capital, une distribution exige un résultat et une trésorerie disponibles, ainsi que le respect des règles de la société. En achat en bloc , la mainlevée de chaque lot doit être articulée avec le prix de cession et la dette restant due.
Une revente tardive ne doit pas déclencher automatiquement une nouvelle mise de fonds. Le pacte doit prévoir la décision de refinancer, le coût maximal d’une prorogation, la possibilité de vendre sous le prix cible et les conséquences d’un refus du particulier. Sans mécanisme de décision en cas de désaccord, la liquidité de l’investissement reste incertaine.
Réagir à un refus de financement ou à un retard
La Médiation du crédit aux entreprises, conduite par la Banque de France, est gratuite et confidentielle. Elle peut être saisie en cas de refus de crédit, de dénonciation d’une ligne, de refus de garantie ou de caution, ou de refus de réaménagement. Elle contacte en principe l’entreprise sous 48 heures et les banques disposent de cinq jours ouvrés pour réexaminer la situation.
Cette procédure facilite le dialogue, mais elle ne transforme pas un projet non viable en crédit garanti. Le dossier doit donc présenter simultanément une solution de trésorerie, un budget actualisé, les ventes réalisables, les garanties disponibles et le scénario de sortie. Côté investisseurs, toute demande de fonds complémentaires doit être soumise à la gouvernance prévue et accompagnée d’un calcul de dilution, de rang et de remboursement.
Contrôler les documents avant de libérer les fonds
Le particulier peut conditionner son versement à une série de contrôles écrits. La liste suivante doit être adaptée à la forme sociale et à l’opération, mais aucune ligne ne devrait rester implicite.
- Identifier la société qui acquiert l’actif, son objet, ses associés, le bénéficiaire effectif et le compte bancaire destinataire.
- Obtenir les statuts, le pacte, le bulletin de souscription et, pour une avance, la convention de compte courant ou de prêt.
- Faire apparaître le rang de chaque financeur, les sûretés, les subrogations, les garanties personnelles et les garanties croisées.
- Rapprocher le budget d’acquisition, les frais, les travaux, les intérêts, les commissions, la réserve d’aléas, la TVA et les impôts avec le plan de trésorerie mensuel.
- Vérifier les autorisations, le titre de propriété, les servitudes, les accès, les réseaux, le bornage, la copropriété et les délais de recours.
- Écrire la cascade de paiement avec une base avant ou après impôt, le traitement de la TVA, la restitution des apports, le hurdle, le reliquat et les pertes.
- Fixer les décisions réservées, les droits d’information, les délais de réponse, les conflits d’intérêts et la procédure de blocage.
- Documenter le prix plancher, le calendrier de vente, les modalités de prorogation, la mainlevée lot par lot et le rachat éventuel des titres.
- Tester au moins une marge nulle, un dépassement de travaux, six mois de retard et une vente sous le prix cible.
Si le budget ne réconcilie pas les montants HT, la TVA collectée, la TVA déductible, les montants TTC, le résultat imposable et la trésorerie distribuable, le versement doit rester suspendu jusqu’à la production d’une version chiffrée et approuvée par les parties.
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