En 2026, les DPE réalisés entre 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Une division bien immobilier ne se décide donc pas sur le seul nombre de logements créés, mais sur cinq contrôles documentés, un coût complet et un scénario de revente qui supporte les retards, les travaux supplémentaires et une baisse du prix.
Pourquoi une division bien immobilier ne se résume pas à créer plusieurs logements
Diviser un bien consiste à transformer un bâtiment, un plateau ou une parcelle en plusieurs unités destinées à être louées ou revendues séparément. L'opération peut augmenter la valeur totale grâce à une meilleure adéquation avec la demande, mais elle ajoute aussi des coûts, des autorisations, des délais et des risques de commercialisation.
La décision doit être prise dans cet ordre : prouver la demande de sortie, vérifier les droits à construire ou à transformer, sécuriser la copropriété et les réseaux, chiffrer les travaux, puis calculer la fiscalité et le financement. Une promesse d'achat signée avant ces contrôles transforme souvent une hypothèse de découpe en engagement coûteux.
Six familles de données doivent être réunies avant l'offre : la demande locale, l'urbanisme et la destination, le titre et la copropriété, l'état technique et les réseaux, le coût avec le calendrier, puis le financement, la fiscalité et les clauses contractuelles. L'absence d'une seule pièce ne rend pas automatiquement l'opération impossible, mais elle doit être valorisée comme une incertitude et non comme une recette future.
Vérification 1 : le prix de revente repose-t-il sur une demande réelle
La valeur finale ne se déduit pas d'une simple multiplication entre la surface et un prix moyen de quartier. Pour chaque futur logement, il faut rechercher des ventes comparables par date, adresse, surface, étage, état, extérieur, stationnement, occupation et statut juridique.
La base DVF recense les mutations immobilières publiées. Elle sert à repérer des transactions, mais les ventes atypiques doivent être exclues ou expliquées. Une vente occupée, un bien avec un grand extérieur, un rez-de-chaussée sombre, une copropriété dégradée ou un logement vendu avec parking ne se compare pas directement à un lot rénové sans stationnement.
La fourchette de sortie doit être confrontée aux annonces concurrentes, au volume des biens disponibles, au délai d'écoulement et à la capacité de financement des acheteurs. Trois logements théoriquement bien découpés peuvent rester invendus si leur prix dépasse les plafonds de financement du secteur ou si leur configuration ne correspond pas aux ménages ciblés.
La valeur de découpe n'est défendable que si chaque lot possède un marché identifiable et des comparables ajustés. Une moyenne communale ne prouve ni le prix de vente, ni le délai, ni la capacité des acheteurs à financer ce prix.
| Élément à comparer | Contrôle à effectuer | Conséquence sur la décision |
|---|---|---|
| Surface et plan | Comparer des surfaces proches et vérifier la distribution des pièces, la lumière et la circulation. | Une surface équivalente ne justifie pas le même prix si le plan est moins fonctionnel. |
| Étage, accès et extérieur | Identifier ascenseur, escalier, terrasse, balcon, cave, parking et accessibilité. | Les écarts doivent conduire à un ajustement, pas à une moyenne automatique. |
| État et performance | Comparer rénovation, chauffage, ventilation, DPE et parties communes. | Une rénovation récente ne compense pas toujours un immeuble peu attractif. |
| Statut juridique | Distinguer pleine propriété, copropriété, lot créé, bien occupé ou libre. | Un lot juridiquement incomplet ne peut pas être valorisé comme un lot vendable. |
| Offre locale | Mesurer les annonces concurrentes, leurs prix, leur ancienneté et leur évolution. | Une baisse prédéfinie peut être nécessaire si les visites ne suivent pas. |
Le prix de sortie doit aussi intégrer l'ordre de vente. Le premier lot peut bénéficier d'un effet de lancement, tandis que le dernier supporte la comparaison avec les lots déjà vendus. En copropriété, les tantièmes, les charges, le fonds de travaux et les éventuelles mainlevées bancaires doivent être répartis dans le budget de chaque revente.
Vérification 2 : l'urbanisme autorise-t-il réellement la transformation
Le règlement du PLU, la destination actuelle, les règles de stationnement, les contraintes de façade, les servitudes et les accès déterminent la faisabilité. Transformer un local en logement suppose une compatibilité avec le PLU et, si le bien est en copropriété, avec le règlement et la destination de l'immeuble.
La division d'un bâtiment ou d'une parcelle peut relever d'une déclaration préalable, d'un permis d'aménager ou d'une autre autorisation selon le projet, les travaux et la création éventuelle d'équipements communs. Il ne faut donc pas inscrire une autorisation précise dans le budget sans avoir décrit le projet à l'autorité compétente.
| Configuration du projet | Règle de vigilance | Pièce ou contrôle à obtenir |
|---|---|---|
| Division sans modification de façade ni de structure porteuse | Une déclaration préalable est généralement requise, sous réserve des règles applicables au site. | Projet de plans, description des travaux et confirmation du régime applicable. |
| Modification de façade ou de structure porteuse | Un permis de construire est requis selon le dossier factuel. | Plans, étude technique et calendrier intégrant instruction, affichage et recours. |
| Changement de destination d'un local | La compatibilité avec le PLU et la copropriété doit être établie. | Règlement d'urbanisme, titre, règlement de copropriété et autorisation adaptée. |
| Division parcellaire ou création d'équipements communs | Le régime dépend du site, de la configuration et des travaux. | Analyse du géomètre et confirmation écrite du régime d'autorisation. |
Un permis de construire est normalement valable trois ans. Il peut, sous conditions, être prorogé deux fois pour une année. Le calendrier doit inclure l'affichage, le constat, les recours des tiers, un éventuel retrait administratif et les prescriptions imposées. Un permis transféré ne fait pas disparaître les obligations de travaux ou les obligations fiscales : le bénéficiaire les reprend, avec la capacité de respecter les règles applicables.
Après l'achèvement, le changement cadastral doit être déclaré dans les 90 jours, notamment au moyen du formulaire adapté. La taxe d'aménagement peut être due et la base de taxe foncière peut évoluer. Ces éléments doivent figurer dans le budget même s'ils n'apparaissent qu'après les travaux.
Aucun droit à diviser ne doit être intégré dans le prix d'achat sans document d'urbanisme et analyse du titre. Une réponse orale, un ancien permis ou une division réalisée par un précédent propriétaire ne suffit pas à sécuriser le nouveau projet.
Vérification 3 : titre, copropriété, accès et réseaux permettent-ils une vente par lots
Le titre de propriété, le règlement de copropriété, l'état descriptif de division, les plans et les servitudes doivent être lus ensemble. Le règlement peut limiter le changement de destination, imposer une autorisation d'assemblée générale, encadrer les travaux affectant les parties communes ou interdire une utilisation incompatible avec l'immeuble.
Le contrôle porte également sur l'accès indépendant, les escaliers, les boîtes aux lettres, les évacuations, l'eau, l'électricité, le gaz, la ventilation, les compteurs et les gaines. Trois logements ne sont pas commercialisables séparément si chacun ne peut pas être identifié, desservi, assuré et mesuré dans des conditions compatibles avec la réglementation et le titre.
Une mise en copropriété d'un immeuble de plus de dix ans requiert un diagnostic technique communiqué lors de la première vente des lots et pendant trois ans après sa réalisation. Dans les cas requis, le diagnostic technique global doit être réalisé avant le règlement de copropriété et l'état descriptif de division. Il examine les parties communes, les obligations réglementaires, l'amélioration énergétique et les travaux nécessaires sur dix ans, avec une estimation sommaire.
Pour un lot de copropriété d'au moins 8 m², la superficie privative Carrez doit figurer dans l'avant-contrat et dans l'acte. La fiche synthétique, le règlement, l'état descriptif de division, les informations financières et le dossier de diagnostics doivent être réunis selon les règles de vente des lots.
- Vérifier la destination de l'immeuble, les tantièmes et les parties communes affectées à chaque lot.
- Faire confirmer par un géomètre les surfaces, les limites, les accès et l'état descriptif de division.
- Chiffrer syndic, notaire, diagnostics, compteurs, travaux communs, appels de fonds et fonds de travaux.
- Contrôler les servitudes, la préemption, le stationnement et les conditions d'accès aux futurs acquéreurs.
- Prévoir la libération des garanties bancaires et le stock résiduel si les lots sont revendus à des dates différentes.
Le coût d'une division ne se limite donc pas aux compteurs. Le géomètre, le syndic, les assemblées, les travaux sur les parties communes, les compteurs individuels, les diagnostics et la constitution du dossier de vente réduisent la marge lot par lot.
Vérification 4 : les travaux, la sécurité et le DPE tiennent-ils dans le calendrier
Un devis global au mètre carré ne permet pas de défendre une marge. L'estimation doit séparer démolition, structure, enveloppe, toiture, réseaux, chauffage, ventilation, second œuvre, finitions, maîtrise d'œuvre, diagnostics, assurances, taxes et aléas.
Chaque devis doit préciser les quantités, les prix unitaires, la TVA, les exclusions, le délai, l'acompte, les situations, une retenue éventuelle et la réception. Une réserve proportionnée aux inconnues doit être ajoutée. Aucun taux d'aléa ne s'impose universellement : une structure non ouverte, une humidité non diagnostiquée ou des réseaux anciens justifient une réserve plus prudente qu'un plateau déjà documenté.
Une rénovation lourde peut faire entrer le vendeur dans la qualification de constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil. Il faut vérifier l'assurance décennale des entreprises, l'assurance dommages-ouvrage et le procès-verbal de réception. Une facture ne remplace pas une attestation d'assurance ni une réception datée.
Le cas imposé : un plateau de 150 m² transformé en trois logements
Le scénario envisage trois logements de 50 m². Il reste conditionné à l'urbanisme, à la copropriété, aux réseaux, à l'accès, à la sécurité, à la salubrité et à la demande locale. La surface disponible ne prouve pas que trois logements autonomes sont techniquement ou juridiquement réalisables.
Avant d'attribuer une valeur à cette configuration, il faut dessiner les circulations, les pièces d'eau, les gaines, les entrées, les compteurs et les évacuations. Il faut ensuite tester les plans contre les contraintes de structure, de ventilation, de lumière, d'isolation acoustique et de sécurité. Si un seul réseau ou un seul accès commun bloque un lot, la recette de trois ventes doit être retirée du scénario central.
Le DPE doit être actualisé selon les règles applicables. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Ce changement ne garantit pas un changement de classe : le logement doit être évalué ou son DPE actualisé conformément aux règles en vigueur.
Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont valables dix ans. Ceux réalisés entre 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Les seuils ont été adaptés depuis juillet 2024 pour les logements de 40 m² ou moins, ce qui ne dispense pas d'un contrôle propre à chaque lot.
À la vente, l'audit énergétique concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété classés F ou G depuis avril 2023, E depuis janvier 2025, et D selon le calendrier prévu en 2034. En copropriété, le DPE collectif s'étend depuis janvier 2026 aux copropriétés d'au plus 50 lots. Pour un investisseur, l'interdiction de louer les logements classés G depuis le 1er janvier 2025, puis F à partir de 2028 et E à partir de 2034, influence la demande, même si ce calendrier locatif n'interdit pas en lui-même la vente.
Vérification 5 : le coût complet laisse-t-il une marge après les délais et la fiscalité
Le calcul doit additionner l'acquisition, les droits et émoluments, le courtage, les diagnostics, le géomètre, la copropriété, les études, les travaux, les assurances, le financement, le portage, la commercialisation, les impôts et une réserve d'aléas. Le coût complet est la base de la décision, pas le seul prix d'achat augmenté d'un devis de travaux.
La marge en euros doit être distinguée de la trésorerie disponible. Il faut afficher la marge sur coût total, la marge sur chiffre d'affaires, les frais fixes, la TVA collectée et déductible lorsqu'elle s'applique, puis le résultat fiscal et l'impôt. Une somme encaissée lors d'une vente peut contenir de la TVA ou rembourser une dette : elle ne constitue pas automatiquement un bénéfice.
Simulation chiffrée du plateau de 150 m²
La simulation suivante sert à tester la méthode et non à annoncer un coût universel. Hypothèses : achat à 300 000 euros, trois ventes à 245 000 euros, montants retenus TTC, absence d'économie liée à un engagement de revendre, aucune TVA séparée incluse dans le tableau tant que la qualification de l'opération n'est pas établie, et réserve d'aléas de 30 000 euros.
| Poste | Scénario central | Scénario dégradé |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires de sortie | 3 x 245 000 = 735 000 euros | Baisse de 8 % : 676 200 euros |
| Prix d'acquisition | 300 000 euros | 300 000 euros |
| Droits, émoluments et frais d'acquisition | 24 000 euros | 24 000 euros |
| Courtier, géomètre, diagnostics et études | 19 000 euros | 19 000 euros |
| Copropriété et compteurs | 13 500 euros | 13 500 euros |
| Travaux | 180 000 euros | 207 000 euros, soit 15 % de plus |
| Maîtrise d'œuvre, assurances et taxes liées aux travaux | 15 000 euros | 15 000 euros |
| Financement et portage | 20 000 euros | 35 000 euros, avec huit mois de retard valorisés à 15 000 euros |
| Commercialisation | 12 000 euros | 12 000 euros |
| Réserve d'aléas | 30 000 euros | 30 000 euros |
| Coût total avant impôt | 613 500 euros | 655 500 euros |
| Résultat avant impôt | 121 500 euros | 20 700 euros |
| Marge sur coût total | 121 500 / 613 500 = 19,8 % | 20 700 / 655 500 = 3,2 % |
| Marge sur chiffre d'affaires | 121 500 / 735 000 = 16,5 % | 20 700 / 676 200 = 3,1 % |
Dans le scénario central, les trois ventes produisent 735 000 euros et le coût total atteint 613 500 euros. Le résultat avant fiscalité est donc de 121 500 euros. Dans le scénario dégradé, une baisse de prix de 8 %, une hausse des travaux de 15 % et un retard de huit mois ramènent le résultat à 20 700 euros. L'effet cumulé détruit ici près de 83 % du résultat initial, alors que chaque hypothèse prise séparément pouvait sembler absorbable.
Le montant de 24 000 euros pour les droits et frais d'acquisition est une hypothèse prudente de trésorerie, pas un barème. Si un régime d' achat-revente est applicable, il faut refaire la ligne avec le notaire et distinguer le taux de droits, les émoluments, les débours et la contribution de sécurité immobilière.
| Traitement fiscal illustratif | Scénario central | Scénario dégradé |
|---|---|---|
| Résultat avant IS | 121 500 euros | 20 700 euros |
| Hypothèse de taux réduit | 42 500 x 15 % = 6 375 euros | 20 700 x 15 % = 3 105 euros |
| Solde au taux normal | 79 000 x 25 % = 19 750 euros | 0 euro |
| IS théorique | 26 125 euros | 3 105 euros |
| Résultat après IS théorique | 95 375 euros | 17 595 euros |
Cette seconde table suppose une société soumise à l'IS, éligible au taux de 15 % sur les premiers 42 500 euros, avec un chiffre d'affaires inférieur ou égal à 10 millions d'euros, un capital entièrement libéré et une détention conforme aux conditions. Le taux normal est de 25 %. Pour une société appartenant à un groupe, le chiffre d'affaires à tester s'apprécie au niveau de l'ensemble du groupe, intégré ou non. Les résultats antérieurs, les déficits, la TVA et les autres charges peuvent modifier le calcul.
Activité professionnelle, stock et TVA : trois sujets à traiter séparément
L'achat habituel d'immeubles dans l'intention de les revendre relève des bénéfices industriels et commerciaux selon le 1° du I de l'article 35 du CGI lorsque le caractère habituel, l'intention de revendre dès l'acquisition et l'achat suivi de la vente sont établis. Une pluralité de lots revendus dans une même opération peut contribuer à caractériser l'habitude.
Le bénéfice professionnel correspond au résultat d'ensemble : prix de cession diminué du prix d'achat et des dépenses afférentes, auquel s'ajoutent les produits et charges d'exploitation pendant la détention. Il ne s'agit pas du régime de plus-value immobilière privée avec abattements liés à la durée. Les immeubles achetés pour revendre sont normalement comptabilisés en stocks. Le coût des stocks comprend les coûts d'acquisition, de transformation et les autres coûts engagés pour amener le bien dans son état de vente, tandis que certaines charges administratives non contributives et frais de commercialisation restent des charges de période.
Depuis le 1er septembre 2026, la TVA est recodifiée dans le CIBS par l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025. La qualification doit être vérifiée dans le régime applicable à la date de l'opération. En pratique, la vente d'un immeuble achevé depuis cinq ans au plus par un assujetti agissant comme tel est taxable de plein droit, en principe sur le prix total. La vente d'un immeuble achevé depuis plus de cinq ans est exonérée, avec option possible, et le terrain à bâtir est taxable de plein droit.
Le régime de TVA sur la marge n'est possible que dans son champ propre et lorsque l'acquisition n'a pas ouvert droit à déduction. Une absence de TVA apparente lors de l'achat ne suffit pas. Pour un terrain à bâtir acquis comme terrain bâti puis démoli, la marge est exclue selon la décision du Conseil d'État du 27 mars 2020, n° 428234.
Le calcul en dedans doit être maîtrisé : une marge TTC de 110 000 euros contient 110 000 x 20 / 120, soit 18 333,33 euros de TVA, et non 22 000 euros. La TVA d'amont n'est déductible que si la dépense est affectée à des opérations taxées ouvrant droit à déduction, avec une facture régulière et une exigibilité acquise. Pour un immeuble ancien revendu avec option, la TVA de dépenses directement liées à la vente peut n'être déductible qu'au moment de cette option.
TVA, bénéfice et trésorerie sont trois calculs différents. Le tableau financier doit donc distinguer prix HT, TVA collectée, TVA déductible, prix TTC, coût fiscal, résultat imposable, IS ou IR et trésorerie réellement disponible.
Engagement de revendre et choix de structure : l'économie fiscale a des contreparties
L'article 1115 du CGI permet à une personne assujettie qui s'engage dans l'acte à revendre de bénéficier du régime d' achat-revente si la revente intervient dans les cinq ans. Pour certaines ventes par lots déclenchant un droit de préemption locatif, le délai est ramené à deux ans. La Cour de cassation a précisé le 14 février 2024, n° 22-17.541, que le délai court à compter de l'acquisition.
Le taux global usuellement présenté pour cet engagement est de 0,715 %, auquel s'ajoutent les émoluments, débours et contribution de sécurité immobilière selon leur régime. Il faut donc ventiler les lignes au lieu de parler globalement de frais de notaire réduits. Si la revente n'intervient pas dans le délai, un complément de droits, l'intérêt de retard prévu par l'article 1727 du CGI et le droit supplémentaire de 1 % prévu par l'article 1840 G ter, II, peuvent être dus.
L'engagement de construire prévu par l'article 1594-0 G du CGI obéit à un délai de quatre ans. Une prolongation annuelle renouvelable peut être demandée à l'administration, avec une demande motivée formulée au plus tard dans le mois suivant l'expiration du délai. Ce régime ne doit pas être confondu avec l'engagement de revendre.
Une société soumise à l'IS peut relever du taux normal de 25 % ou, si les conditions sont remplies, du taux de 15 % sur les premiers 42 500 euros de bénéfice. Une société de personnes peut imposer le résultat BIC chez les associés selon leur quote-part, qu'il soit distribué ou non. Une option temporaire pour le régime des sociétés de personnes est possible pour certaines SA, SAS et SARL de moins de cinq ans, sous conditions et pour cinq exercices maximum.
Une holding n'efface pas l'impôt. Le régime mère-fille suppose notamment une participation d'au moins 5 % et prévoit, sous conditions, une quote-part de frais et charges de 5 %. Les coûts de création, la gouvernance, la substance, le financement et la fiscalité des dividendes doivent être intégrés. Le PFU sur les dividendes est de 30 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux, sauf option globale pour le barème dans les conditions prévues. Pour un travailleur indépendant non salarié, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes retenues en compte courant entre dans l'assiette sociale.
Promesse, prêt et conditions suspensives : protéger le temps d'étude
Pour un achat d'habitation ou mixte financé par un prêt, l'avant-contrat doit mentionner l'origine des fonds et comporte une condition suspensive de prêt lorsque l'acquéreur recourt à l'emprunt. Cette condition indique notamment le montant, le taux, la durée, le délai et parfois le nombre de banques à solliciter.
Le délai est souvent de 45 à 60 jours et ne peut être inférieur à un mois dans le champ du Code de la consommation. Les demandes de prêt doivent reprendre exactement les paramètres prévus. Un refus portant sur un montant, une durée ou un taux différent peut ne pas libérer l'acquéreur.
Une condition suspensive ne supprime pas le risque de division : elle organise précisément l'échec possible, le délai pour agir et la partie qui en supporte les conséquences. Une autorisation de division, un audit structurel ou un financement non mentionné dans la clause ne bénéficie d'aucune protection automatique.
Pour une opération professionnelle, il faut négocier des conditions adaptées à l'opération et à l'accord du vendeur : financement, urbanisme, audit structure, pollution, préemption, libération des lieux, copropriété, autorisation de division, permis purgé et résultats des études. Il faut aussi chiffrer l'indemnité d'immobilisation, la date butoir, une éventuelle renonciation et les conséquences d'une défaillance. Les clauses doivent être validées par le notaire ou l'avocat chargé de l'acte.
Une condition suspensive trop vague donne une illusion de sécurité. Une clause qui exige une autorisation sans définir le nombre de logements, la surface ou le délai ne protège pas contre une autorisation partielle incompatible avec le modèle économique.
Le cas particulier des enchères immobilières
Une acquisition aux enchères exige la lecture du cahier des charges avant toute décision. Il faut y contrôler urbanisme, diagnostics, état hypothécaire, servitudes, occupation, charges, fiscalité, transfert de propriété, jouissance et frais. Les frais comprennent les droits, émoluments, publicité, organisation et débours, et peuvent dépasser ceux d'une vente classique.
En vente notariale, la consignation est souvent de 20 % de la mise à prix, mais seul le cahier des charges fait foi. Elle s'impute sur les frais puis sur le prix. Certaines ventes prévoient 45 jours pour payer et excluent la condition suspensive de prêt ainsi que le délai de réflexion. Une surenchère d'au moins 10 % peut être ouverte pendant dix jours pour de nombreuses ventes, sous réserve du régime exact.
Le prix plafond doit être calculé tout compris avant l'audience : acquisition, frais d'adjudication, travaux, portage, impôts, commercialisation, réserve et coût d'un retard. Les ventes judiciaires nécessitent généralement un avocat inscrit au barreau du tribunal concerné et suivent un régime distinct des ventes notariales, domaniales et judiciaires. Mélanger ces régimes peut conduire à une mauvaise estimation du calendrier ou des garanties disponibles.
Revendre mieux suppose de préparer chaque lot avant la mise sur le marché
Revendre vite ne signifie pas brader. Le meilleur levier est souvent un lancement cohérent : prix fondé sur les comparables ajustés, diagnostics à jour, dossier vendeur complet, photographies de qualité, accès simple aux visites et réponses rapides. Le plan de baisse doit être défini avant la publication, avec un délai d'observation et un seuil de décision cohérent avec le financement.
Le home staging doit être traité comme une dépense à mesurer. Prioriser propreté, lumière, circulation, petites réparations, neutralité et qualité des photos avant les décors coûteux. Chaque dépense doit être rapprochée d'un effet probable sur le délai de vente ou le prix. Une décoration qui ne modifie ni les visites ni les offres détruit la marge sans créer de valeur.
La vente par lots impose aussi une stratégie d'ordre. Il faut choisir le lot d'appel, déterminer si une vente groupée réduit le risque de stock, prévoir la communication sur les charges et identifier le coût d'une conservation prolongée du dernier lot. Les annonces doivent présenter clairement les surfaces Carrez, les annexes, le statut de copropriété, les charges prévisionnelles et les performances énergétiques.
Pour des acquéreurs investisseurs, le calendrier locatif du DPE et la capacité de financement deviennent des critères de prix. Pour des occupants, l'accès, la lumière, l'absence de travaux communs lourds et la lisibilité des charges peuvent compter davantage que quelques mètres carrés supplémentaires.
Les erreurs qui détruisent la marge d'une division
- Valoriser trois logements avant d'avoir obtenu les plans, l'analyse du PLU et l'accord de copropriété lorsque celui-ci est requis.
- Utiliser une moyenne de prix communale sans ajuster étage, extérieur, parking, état, occupation et statut juridique.
- Multiplier une surface par un coût de travaux au mètre carré sans distinguer structure, réseaux, second œuvre, maîtrise d'œuvre, assurances et aléas.
- Oublier le coût du financement pendant l'instruction, les recours, le chantier, la réception et la vente du dernier lot.
- Confondre la marge comptable, le résultat après impôt et la trésorerie disponible pour rembourser le prêt.
- Supposer qu'une TVA non facturée lors de l'achat autorise automatiquement une TVA sur marge à la revente.
- Signer une condition suspensive d'emprunt avec des paramètres différents de ceux réellement nécessaires au projet.
- Compter sur une amélioration automatique du DPE après le changement du coefficient électrique.
- Oublier les garanties décennales, la dommages-ouvrage et la réception dans une rénovation lourde.
- Mettre en vente des lots sans avoir finalisé surfaces, documents de copropriété, diagnostics, compteurs et répartition des charges.
Ces erreurs ont un point commun : elles transforment une dépense certaine ou un délai probable en hypothèse invisible. Le contrôle doit au contraire attribuer une pièce, un montant et une date à chaque hypothèse.
Le contrôle à exécuter avant de formuler une offre
La décision peut être structurée dans une grille simple. Une réponse positive doit être documentée. Une réponse incertaine doit conduire à une renégociation, à une condition suspensive précise ou à une réserve financière. Une réponse négative sur un point bloquant justifie de ne pas acheter, même si le prix facial semble attractif.
| Point de contrôle | Validation minimale | Décision si la validation manque |
|---|---|---|
| Demande et prix de sortie | Comparables ajustés, annonces concurrentes, délai observé et prix par lot. | Recalculer le prix ou réduire le prix d'achat avant toute offre. |
| Urbanisme et destination | PLU, titre, autorisation adaptée, calendrier des recours et prescriptions. | Insérer une condition suspensive ou suspendre l'offre. |
| Copropriété et division | Règlement, état descriptif, autorisation d'assemblée si nécessaire, géomètre et accès. | Ne pas valoriser les lots non créés juridiquement. |
| Réseaux et technique | Plans, compteurs, évacuations, ventilation, structure, sécurité et diagnostics. | Augmenter la réserve ou demander une étude avant engagement. |
| Travaux et assurances | Devis détaillés, planning, entreprises assurées, dommages-ouvrage et réception. | Retirer les travaux non chiffrés du scénario central et tester le scénario dégradé. |
| Financement et fiscalité | Coût du crédit, portage, TVA, BIC, IS ou IR, engagement éventuel et trésorerie. | Faire valider le montage et réviser le prix plafond. |
| Promesse et sortie | Conditions, dates butoirs, indemnité, diagnostics et stratégie de commercialisation. | Ne pas signer une clause générale qui ne décrit pas le projet. |
Avant signature, conserver dans le dossier de décision les plans cotés, les réponses d'urbanisme, le règlement de copropriété, les devis avec exclusions, les assurances, les comparables ajustés, le plan de financement et les calculs HT et TTC. Pour le plateau de 150 m², l'offre ne devient défendable que si les trois logements sont autorisables, techniquement desservis, vendables à des prix documentés et rentables dans le scénario dégradé, après prise en compte du financement et de la fiscalité applicable.
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