Illustration éditoriale : Mandat de recherche immobilier : dans quels cas il vous fait vraiment gagner du temps

Mandat de recherche immobilier : dans quels cas il vous fait vraiment gagner du temps

3 communes, un cahier des charges écrit et une rémunération définie ne suffisent pas à rendre un mandat de recherche immobilier rentable : ils permettent seulement de mesurer le temps réellement délégué et le coût complet de l’opération. Pour un opérateur, le mandat devient utile lorsque le chasseur filtre les biens, documente les risques et accélère une décision qui aurait mobilisé davantage de temps que sa rémunération, sans remplacer les contrôles du notaire, des techniciens et du conseil fiscal.

Scène professionnelle illustrant mandat de recherche immobilier
Le sujet se décide sur des éléments vérifiables, un coût complet et un calendrier prudent.

Le mandat de recherche immobilier ne garantit pas la rentabilité

Un mandat de recherche immobilier confie à un chasseur une mission de sourcing et de présélection. L’opérateur lui délègue la détection de biens, les premiers échanges, la collecte des pièces et une partie de la qualification, mais il conserve la décision d’acheter, le contrôle des hypothèses et la responsabilité du financement.

Le gain ne se mesure donc pas au nombre d’annonces reçues. Il se mesure à la capacité du mandataire à écarter rapidement les biens incompatibles avec le cahier des charges et à présenter un dossier exploitable. Une présentation n’est pas une validation de l’urbanisme, des travaux, de la fiscalité ou du prix de sortie.

Configuration

Apport réel du chasseur

Décision raisonnable

Opérateur peu disponible, zone connue du chasseur, critères stables

Recherche répétitive, qualification des vendeurs, collecte des premières pièces

Mandat potentiellement pertinent si le coût et le déclenchement de la rémunération sont maîtrisés

Cahier des charges large ou prix d’achat irréaliste

Flux de biens nombreux mais peu exploitables

Revoir les critères avant de signer

Marché très liquide et réseau local déjà constitué

Doublon avec le travail interne de l’opérateur

Comparer le coût de la délégation avec le temps réellement économisé

Division, changement de destination ou rénovation lourde

Préqualification documentaire et coordination des intervenants

Ne retenir le bien qu’après vérification technique, juridique et administrative

Définir la mission avant de laisser entrer un bien dans le pipeline

Le mandat doit décrire une recherche exploitable, pas une intention générale d’acheter. Dans la zone des trois communes, le contrat et ses annexes peuvent préciser le type d’actif, la surface, l’état, les dépendances, le prix maximal d’acquisition, la stratégie de revente, les exclusions et les délais de transmission.

Le prix plafond doit être distingué du coût maximal de l’opération. Un prix facial de 180 000 euros peut devenir incompatible avec la marge après les droits d’acquisition, la rémunération du chasseur, les études, les travaux, le financement, le portage, la commercialisation, les impôts et la réserve d’aléas.

  • Périmètre : identifier précisément les trois communes et les éventuelles rues ou secteurs exclus.
  • Actif recherché : indiquer la surface, la destination, le nombre de lots envisagé et les caractéristiques qui conditionnent la revente.
  • Budget : séparer le prix d’achat, les frais d’acquisition et le budget total jusqu’à la vente.
  • Rémunération : écrire le montant ou la méthode de calcul, le caractère HT ou TTC, la TVA applicable et l’événement qui rend la somme exigible.
  • Présentation : définir les pièces minimales, l’adresse ou l’identification du bien, la date de transmission et la preuve permettant d’éviter les contestations de doublon.
  • Durée et exclusivité : fixer la période, les conditions de renouvellement, la possibilité de travailler avec d’autres intermédiaires et la sortie du mandat.
  • Reporting : prévoir la fréquence des comptes rendus et le délai de transmission des informations négatives, pas seulement des opportunités.
Principe de contrôle : le chasseur doit être rémunéré pour une mission précisément identifiable, mais cette rémunération ne transforme pas une information commerciale en étude de faisabilité. Le contrat doit dire ce qui constitue une présentation, ce qui déclenche le paiement et quelles vérifications restent à la charge de l’opérateur.

Identifier les situations où le temps délégué crée une vraie valeur

Le mandat devient plus intéressant lorsque l’opérateur perd du temps sur des tâches répétitives : appels sans suite, visites de biens hors budget, récupération de documents incomplets ou échanges avec des vendeurs qui ne peuvent pas libérer le bien. Le chasseur crée alors de la valeur s’il élimine ces étapes avant la mobilisation du décideur et s’il sait signaler un risque qui n’apparaissait pas dans l’annonce.

À l’inverse, la délégation apporte peu lorsque l’opérateur connaît déjà les vendeurs, dispose d’un flux direct ou recherche un actif tellement spécifique que chaque dossier doit être repris intégralement. Le mandat ne compense pas non plus une stratégie de sortie indéfinie. Un chasseur qui transmet des annonces sans classement ni pièces ne fait que déplacer la charge de travail.

Calculer le seuil de rentabilité du mandat en heures

Le calcul commence par le coût horaire complet de l’opérateur. Il peut intégrer sa rémunération, les charges de sa structure et le coût d’opportunité d’un dossier qu’il ne traite pas pendant la prospection. La formule pratique est la suivante : gain net de temps égal aux heures déléguées diminuées des heures de contrôle, multipliées par le coût horaire, puis diminuées de la rémunération TTC réellement supportée.

Dans la simulation ci-dessous, la rémunération du mandat est de 7 200 euros TTC et le coût horaire retenu est de 180 euros. Si le chasseur évite 50 heures de recherche, mais que l’opérateur doit encore consacrer 12 heures au contrôle, la valeur obtenue est de 38 heures multipliées par 180 euros, soit 6 840 euros. Le solde est négatif de 360 euros après paiement du mandat.

Avec 75 heures réellement évitées et les mêmes 12 heures de contrôle, la valeur atteint 11 340 euros. Le solde devient positif de 4 140 euros. Le mandat est donc justifié par 75 heures de travail évitées dans cet exemple, pas par le simple fait que le chasseur connaît la zone.

Ce calcul ne valorise pas encore la prévention d’un mauvais achat. Une présentation qui révèle une servitude, une copropriété déficitaire ou une sortie locative impossible peut éviter une perte bien supérieure à la rémunération. Cette valeur doit toutefois rester séparée du gain de temps et être appuyée par des pièces.

Simulation : un opérateur mandate un chasseur dans trois communes

L’opérateur est une société soumise à l’IS. Il recherche, dans trois communes, une maison ancienne de 100 à 120 m², à revendre en un seul lot après rénovation. Le cahier des charges fixe un prix d’achat cible de 180 000 euros, exclut toute valeur de division non autorisée, prévoit une rémunération du chasseur de 6 000 euros HT, soit 7 200 euros avec une TVA à 20 %, et exige une fiche de présentation comprenant l’identification du bien, le prix, la situation juridique connue, les diagnostics disponibles et les premières données de sortie.

Le scénario de base retient une revente à 335 000 euros, des travaux à 58 000 euros TTC et dix mois de financement et de portage. La réserve d’aléas de 7 000 euros est considérée comme consommée pour tester une opération prudente. Le scénario dégradé combine trois événements : un prix de sortie inférieur de 8 %, des travaux supérieurs de 15 % et quatre mois de retard. Le surcoût de délai est fixé à 4 800 euros, soit 1 200 euros par mois, dans cette seule simulation.

Poste

Scénario de base

Scénario dégradé

Hypothèse retenue

Prix d’acquisition

180 000 €

180 000 €

Engagement de revendre examiné avec le notaire

Droits sous engagement de revendre

1 287 €

1 287 €

0,715 % de 180 000 €, hors émoluments, débours et contribution selon leur régime

Émoluments et débours

3 200 €

3 200 €

Montant budgété, à confirmer sur le dossier notarial

Rémunération du mandat

7 200 €

7 200 €

6 000 € HT et 1 200 € de TVA non récupérée dans le scénario

Diagnostics, géomètre, copropriété et études

2 400 €

2 400 €

Budget préalable à la décision

Travaux

58 000 €

66 700 €

Hausse de 15 % dans le scénario dégradé

Assurances

1 800 €

1 800 €

Contrats et garanties à vérifier selon la nature des travaux

Financement et portage

15 500 €

20 300 €

Surcoût de quatre mois dans le scénario dégradé

Commercialisation

6 000 €

6 000 €

Montant TTC retenu

Taxes et charges de détention

4 000 €

4 000 €

Montant budgété

Réserve d’aléas

7 000 €

7 000 €

Considérée comme consommée pour le test prudent

Coût complet de décision

286 387 €

299 887 €

Somme des décaissements retenus

Le scénario de base laisse un écart de 48 613 euros avant impôt sur les sociétés. La marge rapportée au coût complet est de 16,97 %, et la marge rapportée au chiffre d’affaires de 14,51 %. Dans le scénario dégradé, l’écart tombe à 8 313 euros, soit 2,77 % du coût complet et 2,70 % du prix de sortie. La baisse du prix, la hausse des travaux et le retard réduisent ensemble la marge de 40 300 euros.

Lire la simulation avec la TVA, l’IS et la trésorerie

La simulation suppose un immeuble achevé depuis plus de cinq ans, revendu par un opérateur assujetti sans option pour la TVA. La cession est donc retenue comme exonérée, avec une recette de 335 000 euros HT et TTC dans le scénario de base, puis de 308 200 euros HT et TTC dans le scénario dégradé. Les factures du mandat, des travaux et de la commercialisation comportent explicitement 11 866,67 euros de TVA dans le scénario de base et 13 316,67 euros dans le scénario dégradé. La TVA collectée est nulle et la TVA déductible est fixée à zéro dans cette hypothèse de vente exonérée.

Indicateur

Scénario de base

Scénario dégradé

Portée

Prix de cession HT

335 000 €

308 200 €

Baisse de 8 % dans le scénario dégradé

TVA collectée

0 €

0 €

Vente ancienne exonérée sans option dans l’hypothèse

Recette TTC

335 000 €

308 200 €

HT égal au TTC dans cette hypothèse

TVA d’amont explicitement facturée

11 866,67 €

13 316,67 €

Mandat, travaux et commercialisation au taux simulé de 20 %

TVA déductible retenue

0 €

0 €

À recalculer si l’opération est taxée ou fait l’objet d’une option

Coût complet TTC

286 387 €

299 887 €

Réserve d’aléas incluse et consommée

Résultat imposable simplifié avant IS

48 613 €

8 313 €

Hypothèse où les coûts du tableau sont engagés et correctement rattachés

IS au taux de 25 %

12 153,25 €

2 078,25 €

Hors autres résultats et déficits de la société

Trésorerie après IS

36 459,75 €

6 234,75 €

Avant frais fixes extérieurs et après règlement des coûts du tableau

Le taux normal d’IS est de 25 %. Le taux réduit de 15 % porte sur les premiers 42 500 euros de bénéfice lorsque les conditions prévues sont réunies, notamment un chiffre d’affaires qui n’excède pas 10 millions d’euros, un capital entièrement libéré et une détention du capital conforme aux règles applicables. Pour une entreprise appartenant à un groupe, le chiffre d’affaires à tester s’apprécie au niveau de l’ensemble du groupe selon la position administrative publiée en 2026 après la décision du Conseil d’État du 13 mars 2025, numéro 481538.

Le montant de trésorerie présenté n’est pas une somme automatiquement distribuable. Il faut encore intégrer les frais fixes de la société, les remboursements de principal non déjà neutralisés dans le plan de financement, les décalages de TVA et les autres opérations en cours. Si la réserve d’aléas n’est pas dépensée, elle ne devient pas automatiquement une charge fiscalement déductible : le résultat imposable doit alors être recalculé.

Point de vigilance fiscal : une marge commerciale, une TVA collectée et un bénéfice imposable répondent à trois logiques différentes. Une marge TTC de 110 000 euros relevant du régime de la TVA sur marge contient 18 333,33 euros de TVA, calculés par 110 000 multipliés par 20 puis divisés par 120, et non 22 000 euros. Le régime de marge ne s’applique que dans son champ et lorsque les conditions d’acquisition et de déduction sont remplies.

Vérifier le régime de TVA avant de comparer les biens

Depuis le 1er septembre 2026, la TVA immobilière est recodifiée dans le Code des impositions sur les biens et services par l’ordonnance du 17 décembre 2025. Le raisonnement doit suivre le texte applicable à la date de l’opération et non une ancienne grille recopiée dans un tableur.

Un immeuble achevé depuis cinq ans au plus vendu par un assujetti agissant comme tel est taxable de plein droit, en principe sur le prix total. Un immeuble achevé depuis plus de cinq ans est exonéré, avec une option possible. Un terrain à bâtir est taxable de plein droit. La TVA d’amont ne se déduit que si la dépense est affectée à une opération ouvrant droit à déduction, avec une facture régulière et une exigibilité acquise.

Le régime de TVA sur marge ne se déduit pas de l’absence de TVA visible lors de l’achat. L’ancien article 268 du CGI encadrait ce régime, et le Conseil d’État, le 27 mars 2020, numéro 428234, a exclu la marge pour un terrain à bâtir acquis comme terrain bâti puis démoli. Le statut TVA doit être arrêté avant de fixer le prix d’achat et le prix de sortie.

Le mandat doit demander au chasseur de signaler la nature juridique du bien, sa date d’achèvement connue, le statut du vendeur et l’existence d’une opération taxable ou exonérée. Il ne doit pas promettre une récupération de TVA qui dépendra ensuite de l’option, de l’affectation des dépenses et de la facture.

Contrôler l’intention de revente et le statut de marchand de biens

Le 1° du I de l’article 35 du CGI qualifie de bénéfices industriels et commerciaux les bénéfices des personnes qui achètent habituellement des immeubles en vue de les revendre. L’administration examine notamment le caractère habituel, l’intention de revendre dès l’acquisition et l’achat suivi d’une vente. Une pluralité de lots revendus dans une même opération peut participer à la caractérisation de l’habitude.

Le mandat constitue un élément factuel de la stratégie de recherche, mais il ne suffit pas à lui seul à établir ou à écarter la qualification fiscale. Les immeubles destinés à la revente sont normalement comptabilisés en stocks. Le coût du stock comprend les coûts d’acquisition, de transformation et les autres coûts nécessaires pour amener le bien à l’endroit et dans l’état où il se trouve. Les charges anormales, les frais administratifs non contributifs et les frais de commercialisation restent à qualifier comme charges de période selon leur nature.

L’engagement de revendre prévu par l’article 1115 du CGI permet à une personne assujettie qui s’y engage dans l’acte de bénéficier du régime d’ achat revente lorsque la revente intervient dans les cinq ans. Le délai court à compter de l’acquisition. Pour certaines ventes par lots soumises à un droit de préemption locatif, le délai peut être ramené à deux ans.

Le taux global usuellement présenté sous engagement de revendre est de 0,715 %, mais il ne comprend pas nécessairement les émoluments, les débours et la contribution de sécurité immobilière selon leur régime. En cas de non-respect, le complément de droits, l’intérêt de retard prévu par l’article 1727 du CGI et le droit supplémentaire de 1 % prévu par l’article 1840 G ter, II, doivent être intégrés au risque. Le délai de cinq ans doit figurer dans le calendrier de revente dès la signature de l’acquisition.

La société peut relever de l’IR ou de l’IS selon sa forme et ses options. Dans une société de personnes, le résultat BIC est imposé chez les associés selon leur quote-part, qu’il soit distribué ou non. Une distribution soumise au prélèvement forfaitaire unique représente 30 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, sauf option globale pour le barème dans les conditions prévues. Pour un travailleur indépendant non salarié, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital, des primes d’émission et des sommes concernées en compte courant entre dans l’assiette sociale.

Une holding n’efface pas ces arbitrages. Le régime mère fille suppose notamment une participation d’au moins 5 % et laisse une quote part de frais et charges de 5 %. Les coûts de structure, la gouvernance, la substance et le financement doivent être comparés au bénéfice recherché.

Ne pas intégrer une valeur de division avant les autorisations

Un chasseur peut repérer un immeuble dont la valeur semble venir d’une vente par lots. Cette hypothèse doit rester à zéro dans le calcul tant que le titre, le règlement de copropriété, la destination, le PLU, le stationnement, les accès, les réseaux, les compteurs, la sécurité, la salubrité, les surfaces, les servitudes et les autorisations n’ont pas été vérifiés.

La division parcellaire ou la division d’un bâtiment peut relever d’une déclaration préalable, d’un permis d’aménager ou d’une autre autorisation selon les travaux, le site et la création d’équipements communs. Une mise en copropriété d’un immeuble de plus de dix ans requiert un diagnostic technique communiqué lors de la première vente des lots et pendant trois ans après sa réalisation. Dans les cas requis, le diagnostic technique global intervient avant le règlement de copropriété et l’état descriptif de division.

Pour un lot de copropriété d’au moins 8 m², la superficie privative Carrez doit figurer dans l’avant contrat et dans l’acte. Il faut aussi budgéter le syndic, le géomètre, le notaire, les diagnostics, les compteurs, les travaux communs, les tantièmes, le fonds de travaux, les éventuelles mainlevées et le stock résiduel.

Une conversion de local en logement doit respecter le PLU et le règlement de copropriété. Sans modification de façade ni de structure porteuse, une déclaration préalable est généralement requise ; avec modification de façade ou de structure, un permis de construire est requis. Le changement cadastral doit être déclaré dans les 90 jours suivant l’achèvement, avec une possible incidence sur la taxe d’aménagement et la taxe foncière.

Si le bien est présenté avec un permis existant, contrôler sa durée de validité, son affichage, le recours des tiers, le risque de retrait et les prescriptions. Un permis est normalement valable trois ans et peut, sous conditions, être prorogé deux fois un an. Un transfert suppose l’accord des parties et la capacité du bénéficiaire à reprendre les obligations attachées à l’autorisation.

Faire du DPE un filtre de recherche et non un argument commercial

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Cette évolution peut modifier le calcul d’un DPE, mais elle ne permet pas de garantir un changement de classe sans refaire ou actualiser l’évaluation selon les règles applicables.

Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont valables dix ans. Ceux réalisés entre 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Les seuils ont été adaptés depuis juillet 2024 pour les logements de 40 m² ou moins. Dans une copropriété, le DPE collectif s’étend depuis janvier 2026 aux ensembles d’au plus 50 lots.

Pour un investisseur susceptible d’acheter le bien à la revente, le calendrier locatif pèse sur la demande : la classe G est interdite à la location depuis le 1er janvier 2025, la classe F le sera à partir de 2028 et la classe E à partir de 2034. Ces interdictions influencent la profondeur du marché locatif, mais elles n’interdisent pas en elles-mêmes la vente du logement.

L’audit énergétique concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété classés F ou G depuis avril 2023, E depuis janvier 2025, puis D selon le calendrier prévu pour 2034. Le chasseur doit donc demander le DPE, l’audit lorsqu’il est requis, les consommations, les travaux déjà votés et les contraintes de copropriété avant de présenter un prix de sortie fondé sur la performance énergétique.

Encadrer les travaux, les assurances et le calendrier

Un devis global de rénovation ne suffit pas à sécuriser une marge. Le dossier doit séparer la démolition, la structure, l’enveloppe, la toiture, les réseaux, le chauffage, la ventilation, le second œuvre, les finitions, la maîtrise d’œuvre, les diagnostics, les assurances, les taxes et les aléas.

Chaque devis doit préciser les quantités, les prix unitaires, la TVA, les exclusions, le délai, l’acompte, les situations de paiement, une éventuelle retenue et les modalités de réception. Aucun taux de réserve n’est universel. La réserve doit correspondre aux inconnues du bien, à l’accès au chantier, à l’état des réseaux et à la précision des études.

Une rénovation lourde peut faire entrer le vendeur dans la définition du constructeur au sens de l’article 1792 1 du Code civil. Il faut vérifier l’assurance décennale des entreprises, l’assurance dommages ouvrage lorsque requise et le procès verbal de réception. Un mandat qui accélère l’achat mais laisse les assurances et la réception hors calendrier ne fait pas gagner du temps, il déplace le risque après la vente.

Le home staging doit être traité comme une dépense mesurable. La propreté, la lumière, la circulation, les petites réparations, la neutralité, la qualité des photographies et l’accès aux visites passent avant les décors coûteux. Chaque dépense doit être comparée à son effet probable sur le délai de vente ou le prix, sans appliquer un rendement universel.

Utiliser la promesse pour distribuer les risques

Pour une acquisition d’habitation ou mixte financée par emprunt, l’avant contrat mentionne l’origine des fonds et comporte une condition suspensive de prêt lorsque l’acquéreur y recourt. Cette condition précise le montant, le taux, la durée, le délai et parfois le nombre de banques à solliciter. Le délai est souvent de 45 à 60 jours et ne peut être inférieur à un mois dans le champ du Code de la consommation.

L’opérateur doit respecter exactement les paramètres inscrits dans la clause lors de ses demandes. Un refus portant sur un montant, un taux ou une durée différents peut ne pas libérer l’acquéreur. Une condition suspensive ne supprime pas le risque : elle fixe le risque supporté, la preuve attendue et la date limite.

Pour une opération professionnelle, le contrat peut négocier des conditions adaptées au financement, à l’urbanisme, à l’audit structure, à la pollution, à la préemption, à la libération du bien, à la copropriété, à l’autorisation de division, au permis purgé et au résultat des études. Leur acceptation dépend du vendeur. L’indemnité d’immobilisation, la date butoir, la renonciation éventuelle et les conséquences d’une défaillance doivent être chiffrées et relues par le notaire ou l’avocat.

Le chasseur doit transmettre ces points avant l’offre, et non après l’accord de principe. Le temps gagné se trouve alors dans la réduction des allers retours et dans la détection d’une condition que le vendeur ne peut pas accepter.

Les erreurs qui détruisent la marge malgré un bon sourcing

  • Rémunérer une présentation floue : une adresse déjà connue, un bien sans pièce ou une information non datée peut déclencher un conflit sur le paiement.
  • Comparer seulement les prix d’achat : les droits, la TVA, les travaux, le portage, la commercialisation, les impôts et les aléas doivent figurer dans le même calcul.
  • Prendre la moyenne communale pour une valeur : les ventes DVF doivent être rapprochées par date, adresse, surface, étage, état, extérieur, stationnement, occupation et statut juridique.
  • Valoriser une division avant son autorisation : le prix de sortie doit rester fondé sur le scénario réalisable au jour de l’achat.
  • Promettre une nouvelle classe DPE : le coefficient électrique de 2026 ne remplace pas une actualisation conforme aux règles applicables.
  • Oublier le délai de revente : un engagement de revendre non respecté entraîne un complément de droits, des intérêts de retard et le droit supplémentaire prévu par l’article 1840 G ter, II.
  • Confondre TVA et bénéfice : la TVA collectée n’est pas une marge et la TVA déductible dépend de l’affectation taxable et de l’exigibilité.
  • Distribuer la trésorerie avant le résultat fiscal : l’IS, les charges de structure, les remboursements et le régime social des dividendes peuvent réduire la somme réellement disponible.

Le contrôle final avant de payer la rémunération

Avant de considérer une présentation comme exploitable, l’opérateur peut imposer un contrôle en six blocs. Le chasseur rassemble les pièces, mais la validation doit rester traçable dans le dossier d’acquisition.

  1. Demande de sortie : réunir les comparables DVF proches, les annonces concurrentes, les volumes, les délais observés et la capacité de financement des acheteurs ciblés.
  2. Droits et urbanisme : vérifier titre, destination, PLU, servitudes, préemption, autorisations, permis, recours et faisabilité de toute division annoncée.
  3. État technique : contrôler DPE, audit, structure, réseaux, humidité, diagnostics, copropriété et travaux communs.
  4. Travaux et planning : comparer les devis poste par poste, ajouter les assurances, fixer les étapes de réception et chiffrer le coût de chaque mois de retard.
  5. Financement et fiscalité : distinguer HT, TVA collectée, TVA déductible, TTC, droits d’acquisition, résultat imposable, IS ou IR et trésorerie.
  6. Contrat et preuve : rattacher la rémunération à une présentation datée, vérifier les doublons, les conditions suspensives, la date butoir et la personne qui supporte chaque échec.

Si un de ces blocs manque, la présentation doit rester en attente plutôt que devenir une offre. Si les six blocs sont documentés, l’opérateur peut fixer un prix plafond qui intègre le coût complet, appliquer le scénario dégradé et décider si le temps économisé justifie effectivement le mandat.

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