Illustration éditoriale : Taux de crédit marchand de biens : ce qui fait varier le coût du financement

Taux de crédit marchand de biens : ce qui fait varier le coût du financement

Mis à jour le 28 août 2026

Mis à jour le 28 août 2026

À 3,64 %, le taux moyen des nouveaux financements aux sociétés non financières en juin 2026 ne constitue pas une offre de crédit pour marchand de biens. Le taux credit marchand de biens se construit selon le risque de l’opération, le profil de l’acheteur-revendeur, les garanties, les tirages et le temps réellement consommé, si bien que le coût total peut diverger fortement du taux facial.

Calcul du coût total de trois offres de crédit immobilier professionnel
Le taux n'est qu'une ligne du coût : durée, commissions et garanties déplacent parfois davantage la marge.

Quel taux de crédit pour un marchand de biens en 2026 ?

Les statistiques disponibles donnent un repère de marché, pas un barème applicable à l’achat-revente immobilier. En juin 2026, le taux moyen des nouveaux financements aux sociétés non financières s’établit à 3,64 %, tandis que la moyenne des crédits bancaires atteint 3,69 %. Ces données regroupent des entreprises et des objets de financement très différents.

Catégorie observée

Taux moyen

Portée

Nouveaux financements aux sociétés non financières, juin 2026

3,64 %

Ensemble des financements

Nouveaux crédits bancaires

3,69 %

Ensemble des crédits bancaires

Crédits bancaires jusqu’à 1 million d’euros

3,84 %

Montant proche de nombreuses opérations de petite taille

Crédits bancaires supérieurs à 1 million d’euros

3,61 %

Opérations de montant supérieur

Financements obtenus par les PME

3,64 %

Moyenne PME, sans spécialisation marchand de biens

Découvert, avril 2026

4,64 %

Trésorerie immédiatement disponible

Trésorerie échéancée, avril 2026

3,68 %

Durée moyenne de 33 mois

Immobilier, avril 2026

3,52 %

Durée moyenne de 191 mois, non comparable à un financement d’achat-revente

Un marchand de biens présente généralement un financement court, un stock immobilier concentré et une sortie dépendante de la vente. La banque ne transpose donc pas automatiquement le taux moyen de l’immobilier long terme à un prêt in fine destiné à une opération de rénovation ou de découpe. Aucun taux bancaire n’est garanti par la seule activité de marchand de biens.

Un taux moyen statistique décrit une population de financements. Il ne fixe ni le prix d’une opération d’achat-revente, ni le niveau de fonds propres, ni les garanties exigées par la banque qui étudie le dossier.

Les éléments qui font varier le taux proposé

Le comité de crédit apprécie le risque global et non le seul prix d’achat. Il rapproche la capacité de l’opérateur, la qualité du bien, le calendrier, les autorisations, les garanties et la probabilité de remboursement à la sortie.

  • L’opérateur : expérience de transactions comparables, historique des marges, compétence technique, organisation et capacité à gérer les travaux.
  • Les fonds propres réellement disponibles : trésorerie mobilisable, comptes courants, réserves et capacité à absorber un dépassement budgétaire.
  • L’actif : emplacement, prix d’acquisition, état juridique, liquidité du marché, potentiel de découpe et valeur de revente documentée.
  • La sortie : promesses, précommercialisations, niveau des prix, délai de vente réaliste et solution de refinancement si la vente tarde.
  • Le calendrier : compromis, acte, autorisations, travaux, commercialisation, signatures et encaissements.
  • Les garanties : hypothèque, caution, nantissement, délégation de créances, assurance et rang de remboursement.
  • Le scénario dégradé : baisse du prix de vente, surcoût de travaux, recours administratif, retard d’entreprise ou blocage d’une revente par lots.

Il n’existe ni apport minimal légal universel, ni ratio d’endettement légal propre au marchand de biens. Bpifrance évoque souvent environ 30 % d’apport personnel pour une création d’entreprise généraliste, mais ce repère ne constitue pas un seuil d’achat-revente immobilier. Une banque peut demander moins ou davantage selon le risque, la valeur des garanties et la robustesse du scénario.

La demande de crédit reste par ailleurs soumise au contexte bancaire. Au deuxième trimestre 2026, 83 % des PME ayant demandé un crédit de trésorerie ont obtenu plus de 75 % du montant demandé, contre 94 % pour le financement de l’équipement. Parmi les PME disposant d’une ligne de crédit, 56 % l’ont utilisée. En juillet 2026, le solde net des banques déclarant un durcissement des critères de crédit aux entreprises s’établissait à 7 %, avec un resserrement notamment tarifaire.

Le coût réel dépasse le taux facial

Une comparaison sérieuse porte sur le coût total du financement. Il faut additionner les intérêts calculés sur les sommes effectivement tirées, les commissions, les frais de dossier, l’expertise, les garanties, la non-utilisation éventuelle, les prorogations et la mainlevée.

Poste

Base de calcul dans la simulation

Coût à 14 mois

Coût à 20 mois

Commission d’arrangement

1,20 % de 600 000 €

7 200 €

7 200 €

Frais de dossier

0,80 % de 600 000 €

4 800 €

4 800 €

Garantie initiale

0,60 % de 600 000 €

3 600 €

3 600 €

Expertise initiale

Forfait d’hypothèse

1 500 €

1 500 €

Non-utilisation

0,20 % par an sur 60 000 € en moyenne

120 €

120 €

Mainlevée

Forfait d’hypothèse

900 €

900 €

Prorogation

0,75 % de 600 000 € à partir du quatorzième mois

0 €

4 500 €

Actualisation de l’expertise

Forfait lié au retard

0 €

500 €

Garantie complémentaire

0,15 % de 600 000 €

0 €

900 €

Total hors intérêts

Somme des frais et commissions

18 120 €

24 020 €

Les montants du tableau sont des hypothèses de simulation et non des tarifs de marché. Une offre peut remplacer une commission d’arrangement par une commission d’engagement, appliquer des frais sur le montant autorisé plutôt que sur le montant tiré, ou prévoir une pénalité de prorogation différente.

Le TAEG doit être comparé lorsqu’il est applicable, mais le calendrier reste déterminant. Un financement tiré progressivement peut coûter moins cher qu’un prêt versé intégralement le premier jour, même si le taux nominal est identique. La base de calcul de chaque commission doit figurer dans l’offre, avec son exigibilité et son caractère remboursable ou non.

Simulation d’un crédit de 600 000 € à 4,9 %, 5,4 % et 6,2 %

La simulation suivante isole le financement. Le plafond autorisé est de 600 000 €. 360 000 € sont tirés au début du premier mois et 240 000 € au début du quatrième mois. La revente intervient soit à la fin du quatorzième mois, soit à la fin du vingtième mois. Le capital est supposé remboursé à la sortie, comme dans un prêt in fine.

À 14 mois, le calcul d’intérêts représente 360 000 × 14/12 + 240 000 × 11/12, soit une exposition équivalente de 640 000 € pendant un an. À 20 mois, l’exposition équivalente devient 360 000 × 20/12 + 240 000 × 17/12, soit 940 000 € pendant un an.

Taux nominal

Intérêts à 14 mois

Frais à 14 mois

Coût total à 14 mois

Intérêts à 20 mois

Frais à 20 mois

Coût total à 20 mois

4,9 %

31 360 €

18 120 €

49 480 €

46 060 €

24 020 €

70 080 €

5,4 %

34 560 €

18 120 €

52 680 €

50 760 €

24 020 €

74 780 €

6,2 %

39 680 €

18 120 €

57 800 €

58 280 €

24 020 €

82 300 €

À 4,9 %, le passage de 14 à 20 mois augmente le coût de 20 600 €. À 6,2 %, l’écart atteint 24 500 €. Ces écarts comprennent à la fois les intérêts supplémentaires et les frais de prorogation. Le coût total représente respectivement 8,25 %, 8,78 % et 9,63 % du plafond de 600 000 € à 14 mois, puis 11,68 %, 12,46 % et 13,72 % à 20 mois. Ces ratios ne sont pas des taux annuels effectifs, car les tirages sont progressifs et les frais sont en partie fixes.

Si les 600 000 € étaient tirés dès le premier jour, les intérêts à 14 mois atteindraient 34 300 € à 4,9 %, 37 800 € à 5,4 % et 43 400 € à 6,2 %. À 20 mois, ils atteindraient 49 000 €, 54 000 € et 62 000 €. Le tirage anticipé ajoute donc 2 940 € d’intérêts à 4,9 % sur 14 mois, avant même d’examiner les frais.

Pourquoi la durée utilisée pèse davantage que quelques décimales

Le taux nominal s’applique à la dette tirée, mais le délai agit aussi sur les charges de détention, les assurances, les taxes, les intérêts et la commercialisation. Une marge initialement confortable peut disparaître si la vente est reportée de six mois.

Le prêt in fine limite les sorties mensuelles de capital, ce qui facilite la trésorerie pendant les travaux. En contrepartie, les intérêts portent sur tout le nominal jusqu’au remboursement et le risque de sortie est concentré à la fin. Il faut donc vérifier la capacité à rembourser si le bien n’est pas vendu à la date prévue.

Un crédit relais ou un financement pont n’est cohérent que si la sortie attendue est documentée et si un retard de vente reste finançable. La promesse de vente, le rythme de commercialisation, les prix nets vendeur et les délais de signature doivent être cohérents avec les échéances du prêteur.

Le financement le moins cher sur douze mois n’est pas nécessairement le moins coûteux sur l’opération. Une clause de prorogation, une commission sur le montant autorisé, une mainlevée par lot ou six mois de portage supplémentaire peuvent dépasser l’écart entre deux taux nominaux.

Garanties, sûretés et clauses à comparer

Une banque ne couvre pas le même risque avec une hypothèque, une caution personnelle, un nantissement de titres ou une délégation de créances. Le coût doit être lu avec l’étendue de l’engagement et les conditions de réalisation.

Hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers

Depuis 2022, l’hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers a remplacé le privilège de prêteur de deniers. Elle porte sur l’acquisition d’un immeuble existant. Elle ne finance pas à elle seule les travaux ni une vente en l’état futur d’achèvement. L’inscription court en principe pendant la durée du prêt, augmentée d’un an. En cas de revente anticipée, une mainlevée payante peut être nécessaire.

Caution personnelle et garanties sur la société

La caution personnelle expose le dirigeant dans les limites de son engagement. Le nantissement de titres immobilise les droits sociaux comme garantie. Une délégation d’assurance ou de créances affecte un flux précis au remboursement. Une condition de précommercialisation peut enfin retarder le tirage tant qu’un certain niveau de ventes ou de réservations n’est pas atteint.

Les garanties Bpifrance couvrent une fraction de la perte du prêteur contre commission. Les fourchettes génériques souvent évoquées sont de 50 à 60 % pour la création et de 50 à 70 % pour la transmission, mais l’éligibilité d’une opération de marchand de biens doit être confirmée. Une garantie partielle ne transforme pas un projet fragile en crédit garanti et son coût doit être intégré au plan.

Les risques propres à l’opération financée

Configuration

Risque bancaire dominant

Points à verrouiller avant le tirage

Conséquence possible sur le coût

Achat en bloc avec découpe

Ventes trop lentes ou impossibilité de libérer une sûreté

Mainlevée lot par lot, prix minimum de remboursement, géomètre, copropriété et rythme des ventes

Commission de mainlevée, remboursement anticipé ou prorogation

Division parcellaire

Autorisation retardée ou contestée

Accès, réseaux, servitudes, bornage, autorisation et délai de recours

Intérêts de portage et tirage bloqué

Travaux importants

Dépassement et décalage entre paiements et recettes

Devis, acomptes, situations, retenue de garantie, TVA, justificatifs et réserve d’aléas

Tirages additionnels, expertise actualisée et financement plus cher

Vente à des particuliers

Commercialisation plus longue

Prix nets, frais d’agence, réservations, diagnostics et calendrier de signature

Portage prolongé et réduction de marge

Plusieurs opérations simultanées

Garanties croisées et trésorerie immobilisée

Dette engagée, dette tirée, fonds propres immobilisés, trésorerie libre et calendrier pessimiste consolidé

Limitation des nouveaux tirages ou hausse de la marge bancaire

Dans un achat en bloc, une sûreté globale peut empêcher la revente d’un seul lot sans remboursement partiel. Le contrat doit préciser le prix minimum de remboursement de chaque lot, la méthode de calcul de la mainlevée et le délai de délivrance. Sans cette clause, une vente rapide peut rester bloquée par une négociation avec le prêteur.

Pour une division parcellaire, le financement doit être conditionné à des pièces concrètes : autorisation d’urbanisme, accès juridiquement établi, raccordements, servitudes, bornage et expiration du délai de recours. Le taux ne compense pas un calendrier administratif irréaliste.

Pour les travaux, le plan de trésorerie doit placer les acomptes, les situations d’entreprise, la retenue de garantie et les paiements de TVA au mois réel. Une marge comptable positive peut coexister avec un trou de trésorerie si les artisans sont payés avant les encaissements de vente.

Le dossier financier qui permet de négocier

La banque attend quatre tableaux prévisionnels fondamentaux : le plan de financement initial, le compte de résultat sur trois ans, le plan de financement sur trois ans et le plan de trésorerie mensuel. Pour une opération courte, le dernier tableau doit être particulièrement détaillé, avec une ligne par tirage, intérêt, commission, taxe, facture et encaissement.

Le besoin total doit intégrer l’achat, les droits, les émoluments et débours, les travaux, les études, les assurances, la copropriété, les taxes, le marketing, les commissions de vente, les frais financiers, le besoin en fonds de roulement et une réserve d’aléas chiffrée. Une présentation limitée au prix d’achat et à la plus-value attendue sous-estime le risque.

Le comité vérifie aussi la qualification économique de l’activité. Le 1° du I de l’article 35 du CGI relève des BIC les bénéfices des personnes qui achètent habituellement des immeubles en vue de les revendre. L’habitude, l’intention de revendre dès l’acquisition et l’achat suivi de la vente doivent être appréciés ensemble. La revente de plusieurs lots dans une même opération peut participer à la caractérisation de l’habitude.

Les immeubles destinés à la revente sont normalement comptabilisés en stocks. Leur coût comprend les coûts d’acquisition, de transformation et les autres coûts engagés pour amener le stock à l’endroit et dans l’état où il se trouve. Les charges anormales, les frais administratifs non contributifs et les frais de commercialisation relèvent des charges de période selon leur nature. Le résultat professionnel comprend le résultat d’ensemble pendant la détention, et non une plus-value immobilière privée calculée avec des abattements de durée.

Simulation complète d’une opération à 600 000 €

Cette simulation relie le coût du crédit au résultat de l’opération. Elle retient le scénario à 4,9 % et 14 mois du tableau précédent, avec 360 000 € tirés au premier mois et 240 000 € au quatrième. Le crédit de 600 000 € finance le prix d’acquisition. Les autres besoins sont couverts par les fonds propres ou une autre ressource, ce qui permet de mesurer le besoin réel.

Les montants ci-dessous sont des hypothèses pédagogiques exprimées en décaissements TTC ou en recettes encaissées. L’exemple suppose, pour isoler le financement, qu’aucune TVA nette ne vient modifier les montants. La qualification TVA doit être arrêtée séparément avant de retenir la marge.

Poste du scénario de base

Calcul

Montant

Prix d’achat

Prix de l’immeuble

600 000 €

Droits sous engagement de revendre

0,715 % × 600 000 €

4 290 €

Émoluments, débours et contribution

Hypothèse distincte des droits

5 000 €

Travaux

Devis et paiements prévus

90 000 €

Études, diagnostics et maîtrise d’œuvre

Hypothèse

15 000 €

Détention et frais courants

Assurance, copropriété et gestion

10 000 €

Commission de commercialisation

3 % × 850 000 €

25 500 €

Financement à 4,9 % sur 14 mois

Intérêts 31 360 € + frais 18 120 €

49 480 €

Total des décaissements

Somme des postes

799 270 €

Recette de cession

Prix de vente hypothétique

850 000 €

Marge avant impôt

850 000 € − 799 270 €

50 730 €

Le besoin qui n’est pas couvert par le crédit atteint 199 270 € au lancement ou au fil des travaux, selon le calendrier des paiements. Le remboursement du principal de 600 000 € n’est pas une charge supplémentaire dans le résultat : le prêt entre en trésorerie lors du tirage et le principal sort lors du remboursement. Les intérêts et commissions, eux, diminuent la marge.

À 5,4 % au lieu de 4,9 %, le financement de ce scénario augmente de 3 200 €, et la marge avant impôt descend à 47 530 €. À 6,2 %, le surcoût atteint 8 320 €, pour une marge ramenée à 42 410 €. Un écart de 1,3 point de taux retire 8 320 € à cette opération, sans modification du prix de sortie.

Scénario

Travaux

Détention

Financement

Vente nette après commission

Total décaissements

Résultat avant impôt

Base, 14 mois

90 000 €

10 000 €

49 480 €

824 500 €

799 270 €

50 730 €

Dégradé, 20 mois

99 000 €

16 000 €

70 080 €

783 275 €

831 635 €

−24 135 €

Dans le scénario dégradé, la vente brute est réduite de 5 %, à 807 500 €, les travaux augmentent de 10 %, la détention coûte 6 000 € de plus et le délai atteint 20 mois. La commission de commercialisation de 3 % devient 24 225 €. Le résultat passe ainsi d’un bénéfice de 50 730 € à une perte de 24 135 €, avant impôt. Le scénario pessimiste doit être finançable, pas seulement présenté dans une annexe.

Fiscalité, TVA et effet sur la marge disponible

Résultat professionnel et impôt sur les sociétés

Le bénéfice du marchand de biens relève des BIC lorsque les conditions de l’article 35 du CGI sont réunies. Il comprend les produits et charges de l’exploitation pendant la détention. Le taux normal de l’IS est de 25 %. Le taux réduit de 15 % porte sur les premiers 42 500 € de bénéfice sous conditions, notamment un chiffre d’affaires n’excédant pas 10 millions d’euros, un capital entièrement libéré et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques ou des sociétés remplissant les conditions.

Dans le scénario de base, une application simplifiée du taux normal donnerait 50 730 × 25 %, soit 12 682,50 € d’IS, et un résultat après IS de 38 047,50 €. Si les conditions du taux réduit sont remplies, le calcul devient 42 500 × 15 % + 8 230 × 25 %, soit 8 432,50 € d’IS et 42 297,50 € après IS. Ces montants ne tiennent pas compte des retraitements fiscaux, déficits antérieurs ou règles particulières de groupe.

Pour une entreprise appartenant à un groupe, le chiffre d’affaires à tester pour le taux réduit s’apprécie au niveau de l’ensemble du groupe, intégré ou non, conformément à la précision administrative intervenue après la décision du Conseil d’État du 13 mars 2025, société TDA, numéro 481538.

TVA immobilière

Un immeuble achevé depuis cinq ans au plus, vendu par un assujetti agissant comme tel, est taxable de plein droit en principe sur le prix total. Un immeuble achevé depuis plus de cinq ans est exonéré, avec option possible. Un terrain à bâtir est taxable de plein droit. À compter du 1er septembre 2026, la TVA est recodifiée dans le CIBS par l’ordonnance du 17 décembre 2025. Pour une opération réalisée avant cette date, les dispositions du CGI restent la référence temporelle à vérifier.

Le régime de la marge ne s’applique pas automatiquement parce que le vendeur n’a pas facturé de TVA à l’achat. Il suppose notamment que l’acquisition n’ait pas ouvert droit à déduction et que l’opération entre dans le champ prévu. Pour un terrain à bâtir acquis comme terrain bâti puis démoli, le Conseil d’État a exclu la marge dans sa décision du 27 mars 2020, numéro 428234.

Lorsque la TVA est calculée en dedans sur une marge TTC, la fraction de TVA est marge TTC × 20/120. Ainsi, une marge TTC de 110 000 € contient 18 333,33 € de TVA, et non 22 000 €. La TVA collectée ne constitue pas un bénéfice et la TVA déductible ne peut être retenue que si la dépense est affectée à des opérations taxées ouvrant droit à déduction, avec une facture régulière et une exigibilité acquise.

Pour un immeuble ancien revendu avec option, la TVA de dépenses directement liées à la vente peut n’être déductible qu’au moment de l’option. Au régime réel normal, la déclaration CA3 est mensuelle, ou trimestrielle si la TVA nette annuelle reste inférieure à 4 000 € et si l’option est exercée. Un crédit de TVA peut être reporté ou remboursé sous conditions.

Engagement de revendre et engagement de construire

L’article 1115 du CGI permet à un assujetti qui s’engage dans l’acte à revendre de bénéficier du régime d’achat-revente si la revente intervient dans les cinq ans. Pour certaines ventes par lots déclenchant un droit de préemption locatif, le délai est ramené à deux ans. La Cour de cassation a précisé le 14 février 2024, numéro 22-17.541, que le délai court à compter de l’acquisition.

Le taux global usuellement présenté sous engagement de revendre est de 0,715 %. Il faut y ajouter les émoluments, débours et la contribution de sécurité immobilière selon leur régime. Ce taux ne doit donc pas être présenté comme l’ensemble des frais d’acquisition. En cas de défaut de revente, un complément de droits, l’intérêt de retard de l’article 1727 du CGI et le droit supplémentaire de 1 % prévu par l’article 1840 G ter, II, peuvent s’appliquer.

L’engagement de construire de l’article 1594-0 G du CGI obéit à un délai de quatre ans. Une prolongation annuelle renouvelable peut être demandée à l’administration si elle est motivée et formulée au plus tard dans le mois suivant l’expiration du délai. Le calendrier fiscal doit donc être rapproché du calendrier bancaire et du calendrier d’urbanisme.

Holding, dividendes et rendement réellement disponible

Le choix entre société à l’IS, société de personnes à l’IR, holding ou co-investissement modifie la trésorerie qui reste disponible après l’opération. Une société de personnes peut imposer le résultat BIC chez les associés selon leur quote-part, qu’il soit distribué ou non. Certaines SA, SAS et SARL de moins de cinq ans peuvent, sous conditions, opter temporairement pour le régime des sociétés de personnes pendant cinq exercices maximum.

Une distribution de dividendes est en principe soumise au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux. L’option globale pour le barème peut ouvrir, sous conditions, l’abattement de 40 % et la déduction d’une fraction de CSG. Pour un travailleur indépendant non salarié, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes retenues sur le compte courant entre dans l’assiette sociale.

Le régime mère fille suppose notamment une participation d’au moins 5 %. Il permet, sous conditions, de retrancher les produits de participation, avec une quote-part de frais et charges de 5 %. Une holding n’est ni une exonération totale ni un financement gratuit : ses coûts, sa gouvernance, sa substance, ses flux et l’acceptation bancaire doivent être examinés avant sa création.

Financements alternatifs et apport d’investisseurs

Le financement bancaire peut être complété ou remplacé par des fonds propres, un compte courant d’associé, un partenaire en co-investissement, un club deal ou des obligations proposées par une plateforme disposant du statut requis. Ces solutions ne se comparent pas uniquement avec un pourcentage facial : elles modifient le rang, la dilution, la gouvernance, le calendrier et le partage de la marge.

Voie de financement

Coût à analyser

Protection et documents à exiger

Risque spécifique

Fonds propres de l’opérateur

Dilution économique du rendement des fonds

Plan de trésorerie, règles de sortie et réserve d’aléas

Trésorerie immobilisée

Compte courant d’associé

Intérêts éventuels, priorité et blocage

Convention, rang, échéance et conditions de remboursement

Remboursement impossible avant la vente

Co-investissement

Part de marge abandonnée, dilution et priorité

Pacte, droits d’information, gouvernance et sortie

Décision partagée et conflit d’intérêts

Club deal

Rendement promis, carried interest et hurdle

Rang, priorité, décisions réservées, information et scénario de perte

Rendement annoncé non garanti et non nécessairement net

Obligations via une plateforme de financement participatif

Coupon, frais, prorogations et coût du retard

Statut du prestataire, sûretés, échéance et procédure en cas de défaut

Perte totale du capital possible

Depuis novembre 2023, les plateformes concernées doivent disposer du statut européen de prestataire de services de financement participatif. 59 prestataires étaient recensés à la fin de 2024. L’immobilier représentait 54 % des collectes de financement participatif en 2024, contre 66 % en 2023, et 65 % des montants collectés passaient par des obligations.

Une étude de l’AMF sur les dix principales plateformes observait des rendements contractuels immobiliers autour de 9,1 % à 9,6 % pour les millésimes 2017 à 2022, 9,9 % en 2023 et 10,7 % en 2024. Ces chiffres ne sont pas des rendements nets ni garantis. Environ 30 % des projets en cours présentaient un retard de paiement. Pour le millésime 2019, le retard affiché sur les projets en cours était de 15,2 %, mais atteignait 60,2 % en intégrant les projets remboursés en retard ; 42 % dépassaient six mois et 8,8 % étaient en procédure collective ou judiciaire.

Une durée fréquemment annoncée de un à trois ans ne supprime pas le risque de prorogation. Pour un investisseur, le dossier doit préciser le rang, la priorité de remboursement, le hurdle, le carried interest, la gouvernance, les décisions réservées, l’information, les conflits d’intérêts et le scénario de perte. La perte totale du capital reste possible dans un financement participatif immobilier.

Que faire lorsque le financement se tend ou que la vente tarde ?

Le premier réflexe consiste à établir une situation de trésorerie actualisée, avec la dette engagée, la dette tirée, les intérêts courus, les commissions dues, les factures à payer, les ventes signées, les ventes probables et les garanties mobilisables. Le calendrier doit être recalculé avec une hypothèse de sortie plus lente et un prix net vendeur inférieur.

La Médiation du crédit aux entreprises est gratuite et confidentielle. Elle peut être saisie en cas de refus de crédit, de dénonciation de ligne, de refus de garantie ou de caution, ou de refus de réaménagement. Elle contacte en principe l’entreprise sous 48 heures, puis les banques disposent de cinq jours ouvrés pour réexaminer la situation. La médiation ne rend pas viable un projet déficitaire et ne transforme pas une opération non finançable en crédit garanti.

Une demande de prorogation doit être préparée avant l’échéance, avec la cause du retard, les ventes en cours, le nouveau calendrier, le coût demandé, la source de remboursement et la contribution supplémentaire de l’opérateur. Une banque sera plus réceptive à un retard documenté et couvert par des liquidités qu’à une demande tardive sans scénario de sortie.

Contrôle à effectuer avant de retenir une offre

Avant la signature, le coût du taux credit marchand de biens doit être testé dans le plan de trésorerie et non seulement dans le tableau des conditions financières. Le contrôle peut suivre cette séquence :

  1. Recalculer les intérêts avec les dates prévues de chaque tirage et de chaque remboursement.
  2. Vérifier si les commissions portent sur le plafond autorisé, le capital tiré, le capital restant dû ou la durée.
  3. Chiffrer séparément les frais de dossier, d’expertise, de garantie, de non-utilisation, de prorogation et de mainlevée.
  4. Tester la libération des sûretés lot par lot et le prix minimum de remboursement dans une opération en bloc.
  5. Rapprocher les autorisations, recours, réseaux, servitudes, devis et paiements de travaux du calendrier bancaire.
  6. Présenter les montants HT, la TVA collectée, la TVA déductible, les montants TTC, le résultat imposable, l’IS ou l’IR et la trésorerie disponible sur des lignes distinctes.
  7. Calculer le besoin de fonds propres après financement du prix, des frais, des travaux, des taxes et de la réserve d’aléas.
  8. Faire valider le scénario dégradé avec une vente plus tardive, un prix diminué et un dépassement de travaux avant d’accepter l’échéance finale.

Si le scénario à 20 mois devient déficitaire, la décision ne consiste pas seulement à négocier quelques points de base. Il faut réduire le prix d’achat, augmenter les fonds propres, sécuriser une sortie par lot, adapter les travaux, obtenir une clause de prorogation plafonnée ou renoncer à l’opération avant le premier tirage.

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