Illustration éditoriale : Calculer marge marchand de biens : la méthode fiable avant de s'engager

Calculer marge marchand de biens : la méthode fiable avant de s'engager

145 000 € de coûts complémentaires suffisent à faire tomber à 55 000 € la marge avant impôt sur une opération achetée 420 000 € et revendue 620 000 €, si chaque dépense est intégrée. Pour calculer la marge d’un marchand de biens sans scénario idéal, il faut donc valider le prix de sortie, le coût complet, le délai, le régime de TVA et la fiscalité avant de signer.

Scène professionnelle illustrant calculer marge marchand de biens
Le sujet se décide sur des éléments vérifiables, un coût complet et un calendrier prudent.

Ce que mesure réellement la marge d’un marchand de biens

La marge d’une opération d’ achat revente correspond à l’écart entre les recettes de cession et l’ensemble des dépenses nécessaires pour acquérir, transformer, financer, détenir et vendre le bien. Le calcul de base est le suivant :

Marge avant fiscalité = prix de vente − prix d’achat − coûts complémentaires.

Cette marge ne doit pas être confondue avec un taux de rendement. Trois indicateurs donnent une lecture plus fiable :

  • Marge en euros : elle mesure le résultat économique avant les impôts qui ne sont pas intégrés au coût.
  • Marge sur coût total : marge divisée par le prix d’achat augmenté des coûts complémentaires.
  • Marge sur chiffre d’affaires : marge divisée par le prix de vente.

Une opération peut afficher une marge positive tout en consommant la trésorerie de l’entreprise. Le remboursement du capital emprunté constitue une sortie de cash, mais pas une charge identique aux intérêts dans le compte de résultat. De même, la TVA collectée n’est pas un bénéfice et la TVA déductible ne devient pas automatiquement une rentrée disponible.

Une personne qui achète habituellement des immeubles avec l’intention de les revendre relève du régime des bénéfices industriels et commerciaux lorsque l’achat est suivi d’une vente. L’article 35, I, 1° du CGI conduit alors à analyser l’activité professionnelle dans son ensemble, et non à appliquer le régime de la plus value immobilière privée avec ses abattements liés à la durée de détention.

Le caractère habituel, l’intention de revendre dès l’acquisition et le lien entre achat et revente sont examinés ensemble. Une pluralité de lots revendus dans une même opération peut contribuer à caractériser cette habitude. La qualification doit donc être cohérente avec les statuts, le financement, les décisions de la société, les annonces et le comportement commercial.

Établir le coût complet avant de parler de marge

Le prix payé au vendeur ne représente qu’une partie du coût d’entrée. Le budget doit inclure les sommes certaines, les dépenses déjà identifiées et une réserve liée aux inconnues. Pour un marchand de biens, les immeubles destinés à la revente sont normalement comptabilisés en stocks. Le Plan comptable général, dans sa version applicable en 2026, retient notamment les coûts d’acquisition, de transformation et les autres coûts nécessaires pour amener le stock dans son état et à son emplacement de vente.

Les frais administratifs non contributifs, les charges anormales et certains frais de commercialisation peuvent relever des charges de période plutôt que du coût du stock. Cette distinction comptable ne doit pas faire disparaître ces montants du modèle de décision. Ils réduisent bien la trésorerie ou le résultat de l’opération.

Poste budgétaire

Hypothèse de simulation

Montant

Point de contrôle

Acquisition et formalités

Droits, émoluments, débours et frais associés

18 000 €

Ventiler selon le régime d’acquisition retenu

Travaux

Rénovation et remise en état

82 000 €

Devis détaillés, TVA, exclusions et planning

Financement et portage

Intérêts, assurance emprunteur et détention pendant 10 mois

20 000 €

Tester chaque mois supplémentaire

Études et frais techniques

Diagnostics, géomètre, copropriété et assurances

7 000 €

Ajouter les études déclenchées par la division ou les travaux

Commercialisation

Mandat, photos, publicité et préparation de la vente

6 000 €

Vérifier les honoraires et leur mode de facturation

Réserve d’aléas

Enveloppe contractuelle et technique non consommée au départ

12 000 €

Ne pas la supprimer pour rendre la marge présentable

Total des coûts complémentaires

Hors prix d’achat de 420 000 €

145 000 €

Base du scénario central

Les montants du tableau sont des hypothèses de travail, pas des tarifs universels. Les travaux, les droits, les intérêts et le coût de commercialisation changent selon la commune, la structure juridique, la nature du bien, la TVA applicable et le calendrier.

Le budget doit également distinguer les dépenses exprimées hors taxes, la TVA facturée, la TVA récupérable et les montants toutes taxes comprises. Une facture régulière et l’affectation de la dépense à une opération ouvrant droit à déduction sont nécessaires pour récupérer la TVA d’amont. Une dépense liée à une vente exonérée ne se traite pas comme une dépense liée à une vente taxée.

Simulation complète sur un achat à 420 000 €

La simulation imposée retient un prix d’achat de 420 000 € et un prix de revente central de 620 000 €. Les 145 000 € de coûts complémentaires comprennent les six catégories du tableau précédent, dont 82 000 € de travaux et 20 000 € de financement et de portage. Le calcul est présenté hors TVA, en supposant que le régime de la vente est encore à confirmer et qu’aucune dépense fiscale propre à la structure n’est incluse dans cette enveloppe.

Le coût total prévisionnel atteint donc 565 000 €. La marge avant impôt est de 55 000 €, soit 55 000 / 565 000 = 9,73 % sur le coût total, et 55 000 / 620 000 = 8,87 % sur le chiffre d’affaires.

Scénario de sortie

Prix de vente

Coûts complémentaires

Délai indicatif

Marge avant impôt

Marge sur coût total

Marge sur chiffre d’affaires

Central

620 000 €

145 000 €

10 mois

55 000 €

9,73 %

8,87 %

Prudent

590 000 €

149 000 €

12 mois

21 000 €

3,69 %

3,56 %

Dégradé cumulé

570 400 €

169 300 €

16 mois

−18 900 €

−3,21 %

−3,31 %

Le scénario prudent suppose une revente à 590 000 € et deux mois supplémentaires de portage à 2 000 € par mois. Le scénario dégradé applique simultanément une baisse de 8 % du prix central, une hausse de 15 % du budget travaux et six mois de retard. La hausse des travaux représente 12 300 €, car 82 000 × 15 % = 12 300 €. Le retard ajoute 12 000 €, soit 6 × 2 000 €. Le prix de vente devient 620 000 × 92 % = 570 400 €, et le calcul final est 570 400 − 420 000 − 169 300 = −18 900 €.

Cette combinaison est plus instructive que trois tests séparés. Une baisse de prix isolée laisse encore une marge, tandis que la baisse accompagnée d’un chantier plus coûteux et d’un portage prolongé efface le bénéfice. Le seuil de décision doit être fixé sur le scénario prudent ou dégradé selon le niveau d’endettement, et non sur le seul scénario central.

Passer de la marge économique au résultat après impôt

Pour isoler l’effet de l’impôt, on peut retenir, uniquement à titre pédagogique, un résultat fiscal égal à la marge calculée, sans autre charge de la société, sans déficit antérieur et sans effet de TVA. Au taux normal d’IS de 25 %, le scénario central supporte un impôt théorique de 13 750 €, laissant 41 250 € après IS.

Scénario

Résultat fiscal supposé

IS théorique à 25 %

Résultat après IS

Lecture de trésorerie

Central

55 000 €

13 750 €

41 250 €

Hors remboursement du capital et distribution

Prudent

21 000 €

5 250 €

15 750 €

Une faible marge absorbe mal les frais non prévus

Dégradé cumulé

−18 900 €

0 € sur cette perte isolée

−18 900 €

La perte peut affecter le résultat global, sans créer une rentrée de cash

Une société éligible peut bénéficier d’un taux d’IS de 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice, puis du taux normal sur le surplus. Les conditions comprennent notamment un chiffre d’affaires n’excédant pas 10 millions d’euros, un capital entièrement libéré et une détention à 75 % au moins par des personnes physiques ou des sociétés répondant aux critères. Dans un groupe, le chiffre d’affaires à tester s’apprécie au niveau de l’ensemble du groupe, intégré ou non, selon la précision administrative publiée en 2026 après la décision du Conseil d’État du 13 mars 2025, n° 481538, Sté TDA.

Le taux réduit appliqué au scénario central donnerait 6 375 € sur les premiers 42 500 € et 3 125 € sur les 12 500 € restants, soit 9 500 € d’IS théorique. Ce montant ne peut être retenu qu’après vérification des conditions. Les sociétés de personnes relèvent, selon leur régime, de l’IR chez les associés, même lorsque le résultat n’est pas distribué. Une SAS, une SA ou une SARL de moins de cinq ans peut, sous conditions, opter temporairement pour le régime des sociétés de personnes pendant cinq exercices au maximum.

La sortie de trésorerie personnelle obéit à une autre logique. Les dividendes soumis au PFU supportent en principe 30 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour un travailleur indépendant non salarié, la fraction dépassant 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes retenues en compte courant entre dans l’assiette sociale. Une holding soumise à l’IS ne constitue pas une exonération automatique : le régime mère fille suppose notamment une participation d’au moins 5 % et laisse une quote part de frais et charges de 5 %, avec des coûts de gouvernance, de financement et de substance à intégrer.

Vérifier le prix de revente avec des comparables ajustés

Le prix de sortie doit partir d’une fourchette défendable, pas d’une moyenne communale ni d’une annonce optimiste. La base DVF recense les mutations immobilières publiées. Elle devient exploitable seulement après sélection de ventes comparables et retraitement des différences.

Élément comparé

Contrôle à effectuer

Conséquence sur la valeur

Date et adresse

Retenir des ventes récentes dans le même secteur et, autant que possible, dans un environnement réellement comparable

Éviter d’appliquer un prix ancien ou issu d’un quartier différent

Surface et configuration

Comparer la surface, le nombre de pièces, l’étage, l’ascenseur et la distribution

Corriger le prix global, pas seulement le prix au mètre carré

État et performance

Examiner rénovation, DPE, chauffage, ventilation, nuisances et travaux de copropriété

Mesurer la décote ou la prime réellement justifiable

Extérieurs et stationnement

Identifier balcon, terrasse, jardin, cave, parking et qualité des vues

Éviter de valoriser deux fois le même avantage

Occupation et statut juridique

Vérifier logement libre, loué, vendu en bloc, lot de copropriété ou bien atypique

Exclure ou expliquer les mutations qui ne correspondent pas à la sortie prévue

Offre concurrente

Comparer les biens actuellement proposés, leur volume, leur durée d’annonce et le financement des acheteurs

Tester le délai d’absorption et le prix réellement négociable

Les ventes atypiques doivent être exclues ou commentées : succession, occupation particulière, forte décote, vente en bloc, dépendance exceptionnelle ou situation juridique spécifique. La valeur finale doit comporter un niveau bas, un niveau central et un niveau haut. Le niveau central n’est retenu que si les biens concurrents, la demande locale et la capacité de financement des acquéreurs le rendent crédible.

Pour réduire le risque de sortie, préparer avant l’achat les diagnostics, les plans, les surfaces, les autorisations et les éléments de copropriété. Un prix cohérent dès le lancement, des photographies correctes, un accès organisé aux visites et des réponses rapides réduisent le délai sans imposer une braderie. Une baisse de prix prédéfinie avec son seuil et sa date évite les décisions prises sous pression.

Chiffrer les travaux et la création de valeur

Un devis global intitulé rénovation ne suffit pas pour calculer une marge. L’estimation doit séparer démolition, structure, enveloppe, toiture, réseaux, chauffage, ventilation, second œuvre, finitions, maîtrise d’œuvre, diagnostics, assurances, taxes et aléas. Chaque lot doit être rapproché d’une quantité et d’un prix unitaire.

Les devis exploitables précisent les quantités, les prix unitaires, la TVA, les exclusions, le délai, l’acompte, les situations de paiement, la retenue éventuelle et les conditions de réception. Il faut aussi vérifier les assurances de l’entreprise, ses références, la disponibilité des matériaux et la coordination entre corps d’état. Un chantier moins cher mais plus long peut détruire la marge par le portage.

La réserve d’aléas doit correspondre aux inconnues du bien : structure non ouverte, humidité, réseaux anciens, amiante, contraintes de copropriété, sol, accès ou découverte d’une non conformité. Aucun taux de réserve ne s’impose universellement. Une réserve supprimée pour afficher une marge haute transforme simplement un risque identifié en perte future.

Le home staging doit être évalué comme une dépense commerciale. Prioriser la propreté, la lumière, la circulation, les petites réparations, la neutralité et la qualité des photos avant les décors coûteux. Chaque dépense doit être reliée à un effet probable sur le prix ou le délai de vente. Si cet effet ne peut pas être défendu, elle ne doit pas entrer dans la création de valeur attendue.

Une rénovation lourde peut donner au vendeur la qualité de constructeur au sens de l’article 1792-1 du Code civil. Avant de retenir la valeur créée par les travaux, vérifier les attestations d’assurance décennale, l’assurance dommages ouvrage lorsqu’elle est requise et le procès verbal de réception. Ces documents protègent la vente et évitent qu’une marge apparente soit remplacée par une contestation technique après la cession.

Intégrer le DPE et les contraintes énergétiques de 2026

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Cette évolution peut modifier le calcul énergétique de certains logements, mais elle ne garantit pas un changement de classe. Il faut refaire ou actualiser le DPE selon les règles applicables au bien et vérifier le résultat documentaire avant d’annoncer une valeur de revente.

Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont valables dix ans. Ceux réalisés entre 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Depuis juillet 2024, les seuils ont été adaptés pour les logements de 40 m² ou moins. Ces dates doivent être rapprochées de la date de vente, de la surface et des travaux projetés.

Le calendrier d’interdiction de location influence la demande des investisseurs : classe G depuis le 1er janvier 2025, classe F à partir de 2028 et classe E à partir de 2034. Ce calendrier locatif n’interdit pas en lui même la vente, mais il peut réduire le nombre d’acquéreurs, leur financement et le prix acceptable.

L’audit énergétique à la vente concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété classés F ou G depuis avril 2023, E depuis janvier 2025 et D selon le calendrier prévu en 2034. Le DPE est opposable, à l’exception des recommandations de travaux. Depuis janvier 2026, le DPE collectif s’étend aux copropriétés d’au plus 50 lots. Le budget de sortie doit donc distinguer le coût du diagnostic, de l’audit et des travaux réellement nécessaires.

Sécuriser une division et une vente par lots

Une valeur de découpe n’existe que si la division est juridiquement, techniquement et commercialement réalisable. Avant de valoriser plusieurs lots , examiner le titre, le règlement de copropriété, la destination, le PLU, le stationnement, les accès, les réseaux, les compteurs, la sécurité, la salubrité, les surfaces, les servitudes et les autorisations nécessaires.

La division d’une parcelle ou d’un bâtiment peut relever d’une déclaration préalable, d’un permis d’aménager ou d’une autre autorisation selon les travaux, le site et la création d’équipements communs. Une mise en copropriété d’un immeuble de plus de dix ans requiert un diagnostic technique communiqué lors de la première vente des lots et pendant trois ans après sa réalisation. Le diagnostic technique global doit être établi avant le règlement de copropriété et l’état descriptif de division dans les situations où il est requis.

Pour un lot de copropriété d’au moins 8 m², la superficie privative Carrez doit figurer dans l’avant contrat et dans l’acte. Il faut budgéter le géomètre, le notaire, le syndic, les diagnostics, les compteurs, les travaux communs, les fonds de travaux et les éventuelles mainlevées bancaires.

La revente lot par lot demande un calendrier de stock. L’ordre des ventes peut modifier la trésorerie, les tantièmes, les charges, la présentation des parties communes et le stock résiduel. Une opération rentable en valeur totale peut devenir trop tendue si les premiers lots ne se vendent pas avant le paiement des travaux communs ou du financement.

Contrôler un changement de destination et les autorisations

Transformer un local en logement exige une compatibilité avec le PLU et les règles de copropriété. Sans modification de façade ni de structure porteuse, une déclaration préalable est généralement requise. Avec modification de façade ou de structure porteuse, un permis de construire est requis. Le dossier concret peut imposer d’autres formalités selon la commune, la destination initiale et la nature des travaux.

Après achèvement, le changement cadastral doit être déclaré dans les 90 jours, notamment avec le formulaire adapté. La taxe d’aménagement peut être due et la base de taxe foncière peut évoluer. Ces montants doivent apparaître dans le coût complet avant l’offre.

Un permis de construire est normalement valable trois ans. Sous conditions, il peut être prorogé deux fois pour une année. Le calendrier doit intégrer l’affichage, le constat, le recours des tiers, le retrait administratif et les prescriptions liées à l’autorisation. Un permis valide peut être transféré avec l’accord des parties et la capacité du bénéficiaire à respecter les obligations, notamment le recours à l’architecte pour une personne morale lorsque celui ci est requis. Le silence de l’administration pendant deux mois vaut en principe acceptation du transfert, sous réserve du régime applicable.

Le bénéficiaire reprend les obligations de travaux et les obligations fiscales. Une promesse qui valorise un permis non purgé ou une division non autorisée doit donc prévoir une condition et une date butoir cohérentes avec le calendrier administratif, au lieu de retenir immédiatement la valeur finale espérée.

Encadrer la promesse, le financement et le délai

Pour l’achat d’un logement ou d’un bien mixte financé par emprunt, l’avant contrat doit mentionner l’origine des fonds et comporte une condition suspensive de prêt lorsque l’acquéreur y recourt. Cette condition précise le montant, le taux, la durée, le délai et parfois le nombre de banques à solliciter. Le délai est souvent de 45 à 60 jours et ne peut pas être inférieur à un mois dans le champ du Code de la consommation.

Les demandes de prêt doivent respecter exactement les paramètres de la condition. Un refus obtenu avec un montant, un taux, une durée ou un nombre de demandes différent peut ne pas libérer l’acquéreur. Dans une opération professionnelle, négocier des conditions adaptées au financement, à l’urbanisme, à l’audit structure, à la pollution, à la préemption, à la libération du bien, à la copropriété, à la division et au permis purgé. Leur acceptation dépend du vendeur.

Une condition suspensive ne rend pas l’opération sans risque : elle ne protège que le périmètre, le délai et le fait générateur définis dans l’avant contrat. Un refus bancaire obtenu hors des paramètres convenus peut ne pas permettre de renoncer sans conséquence.

Le modèle financier doit afficher l’indemnité d’immobilisation, la date butoir, les conditions de renonciation, le financement relais , les intérêts intercalaires et les conséquences d’une défaillance. Une marge de 55 000 € qui suppose une signature à une date précise ne représente pas la même décision qu’une marge identique avec six mois de fonds immobilisés.

Traiter correctement la TVA et l’engagement de revendre

À compter du 1er septembre 2026, la TVA immobilière est recodifiée dans le CIBS par l’ordonnance n° 2025 1247 du 17 décembre 2025. Le traitement dépend de la qualité d’assujetti, de la nature du bien, de son ancienneté, de l’acquisition et de l’option choisie.

  • Un immeuble achevé depuis cinq ans au plus, vendu par un assujetti agissant comme tel, est taxable de plein droit, en principe sur le prix total.
  • Un immeuble achevé depuis plus de cinq ans est exonéré, avec une option possible pour la taxation.
  • Un terrain à bâtir est taxable de plein droit.
  • La TVA sur les dépenses d’amont est déductible seulement si la dépense est affectée à une opération taxée ouvrant droit à déduction, avec une facture régulière et une exigibilité acquise.

La taxation sur la marge ne se déduit pas de la seule absence de TVA apparente sur l’achat. Elle suppose d’entrer dans le champ prévu et que l’acquisition n’ait pas ouvert droit à déduction. Le Conseil d’État, le 27 mars 2020, n° 428234, a exclu le régime de marge pour un terrain à bâtir acquis comme terrain bâti puis démoli. Cette situation doit être examinée avant de faire reposer la rentabilité sur un calcul de TVA favorable.

Lorsque la marge TTC de 110 000 € relève effectivement d’un calcul en dedans à 20 %, la TVA comprise est de 110 000 × 20 / 120, soit 18 333,33 €, et non 22 000 €. Une marge TTC de 55 000 € contiendrait, dans la même hypothèse, 9 166,67 € de TVA. Cette somme réduit la marge économique disponible et ne doit pas être confondue avec l’IS.

Pour un immeuble ancien revendu avec option, la TVA sur certaines dépenses directement liées à la vente peut n’être déductible qu’au moment de l’option. Au réel normal, la déclaration CA3 est mensuelle, ou trimestrielle si la TVA nette annuelle est inférieure à 4 000 € et si l’option est exercée. Un crédit peut être reporté ou remboursé sous conditions, avec le formulaire 3519 joint à la CA3 pour une demande de remboursement.

L’engagement de revendre prévu par l’article 1115 du CGI permet à un assujetti qui s’engage dans l’acte de bénéficier du régime d’achat revente si la revente intervient dans les cinq ans. Pour certaines ventes par lots déclenchant un droit de préemption locatif, le délai est ramené à deux ans. La Cour de cassation, le 14 février 2024, n° 22 17.541, a rappelé que le délai court à compter de l’acquisition.

Le taux global usuellement présenté sous cet engagement est de 0,715 %, auquel s’ajoutent les émoluments, débours et contribution de sécurité immobilière selon leur régime. Cette ventilation est préférable à l’expression frais de notaire réduits. Si la revente n’intervient pas dans le délai, un complément de droits, l’intérêt de retard de l’article 1727 du CGI et le droit supplémentaire de 1 % prévu par l’article 1840 G ter, II, peuvent s’appliquer.

L’engagement de construire de l’article 1594 0 G du CGI obéit à un délai de quatre ans. Une prolongation annuelle renouvelable peut être demandée à l’administration, avec une demande motivée formulée au plus tard dans le mois suivant l’expiration du délai. Ce calendrier fiscal doit figurer dans le suivi de l’opération au même titre que le permis et la date de revente.

Évaluer une acquisition aux enchères sans dépasser son prix plafond

Une enchère se décide sur le cahier des charges, pas sur la seule mise à prix. Il faut y contrôler l’urbanisme, les diagnostics, l’état hypothécaire, les servitudes, l’occupation, les charges, la fiscalité, le transfert de propriété, la jouissance et l’ensemble des frais.

En vente notariale, la consignation est souvent de 20 % de la mise à prix, mais seul le cahier des charges fait foi. Elle s’impute sur les frais puis sur le prix. Certaines ventes prévoient 45 jours pour payer le prix, sans condition suspensive de prêt ni délai de réflexion. Une surenchère d’au moins 10 % peut être ouverte pendant dix jours pour de nombreuses ventes, sous réserve du régime exact de l’adjudication.

Les frais de droits, émoluments, publicité, organisation et débours peuvent dépasser ceux d’une vente classique. Le prix plafond doit donc inclure le prix adjugé, les travaux, le financement, la fiscalité, les diagnostics, la commercialisation, la réserve d’aléas et les frais propres à la procédure. Les enchères judiciaires relèvent d’un régime distinct et nécessitent généralement un avocat inscrit au barreau du tribunal concerné.

La formule de décision est simple : prix plafond tout compris = prix de revente prudent − coûts hors acquisition − marge minimale visée. Si le cahier des charges laisse une incertitude sur l’occupation, la servitude ou le coût de libération, cette incertitude doit réduire le prix plafond et non être ignorée.

Mettre en place une stratégie de sortie mesurable

La vitesse de revente se prépare dès l’acquisition. Le dossier vendeur doit réunir les diagnostics à jour, les autorisations, les plans, les surfaces, les factures de travaux, les garanties, les procès verbaux de réception et les documents de copropriété. Ces pièces réduisent les demandes tardives et facilitent l’instruction du financement de l’acquéreur.

La stratégie commerciale doit préciser avant la mise en vente :

  • le prix de lancement, construit sur les comparables ajustés et non sur le coût de revient seul ;
  • le nombre de visites attendu et la période d’observation avant toute modification ;
  • le seuil de baisse acceptable, avec son effet sur la marge et la fiscalité ;
  • les conditions de visite, d’accès, de réponse et de transmission des pièces ;
  • le délai de sortie maximal, après lequel le coût de portage est recalculé.

Dans la simulation, chaque mois supplémentaire est valorisé à 2 000 € uniquement parce que cette hypothèse figure dans le budget de financement et de détention. Ce montant n’a rien d’universel. Il doit être remplacé par les intérêts, assurances, taxes, charges, rémunérations de garantie et frais bancaires réellement applicables.

Le contrôle à exécuter avant l’offre

Avant de signer, réunir les justificatifs dans six dossiers distincts et faire varier le modèle avec les chiffres documentés :

  • Sortie : ventes DVF comparables, annonces concurrentes, fourchette de prix, délai observé et capacité de financement des acheteurs.
  • Droits et urbanisme : titre, PLU, destination, servitudes, préemption, autorisations, permis, purge des recours et taxe d’aménagement.
  • État technique : diagnostics, structure, réseaux, DPE, audit énergétique, copropriété, salubrité et assurances.
  • Travaux et planning : devis par lots, quantités, exclusions, calendrier, réception, réserve d’aléas et scénario de retard.
  • Financement et fiscalité : fonds propres, dette, coût mensuel, TVA, engagement de revendre, IS ou IR et résultat après impôt.
  • Contrat : origine des fonds, conditions suspensives, indemnité d’immobilisation, dates butoirs et conséquences d’un échec.

Refaire ensuite le calcul avec le prix de sortie bas, le budget travaux augmenté et le délai prolongé. Si le scénario cumulé transforme la marge en perte, si une autorisation déterminante manque ou si la TVA ne peut pas être défendue par les pièces disponibles, l’offre doit être abaissée ou suspendue jusqu’à la levée documentée du risque.

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