45 à 60 jours est le délai souvent prévu pour obtenir un financement, avec un minimum légal d'un mois lorsque l'achat d'une habitation ou d'un bien mixte recourt à un prêt. Une promesse de vente condition suspensive protège réellement l'acquéreur seulement si le financement, le permis, la préemption, l'audit technique, les preuves et la date butoir sont rédigés comme un mécanisme vérifiable.
Pourquoi une condition suspensive ne remplace pas les vérifications
Une condition suspensive dépend d'un événement futur et incertain. Elle ne rend donc pas un immeuble conforme, ne transforme pas un refus bancaire en accord de financement et ne corrige pas une estimation de travaux trop optimiste.
Son utilité tient à trois éléments : définir précisément l'événement attendu, fixer une échéance et prévoir la conséquence de sa réalisation ou de son échec. Une clause vague laisse subsister un conflit sur la question de savoir si la condition est remplie, si l'acquéreur a effectué les démarches nécessaires et si l'indemnité d'immobilisation reste due.
Une condition suspensive ne garantit pas la réalisation du projet. Elle protège l'acquéreur seulement si l'événement, le délai, la preuve et l'effet de son échec sont identifiables avant la signature.
Pour un achat professionnel destiné à la revente, les conditions relatives au financement, à l'urbanisme, à la préemption, à la structure, à la pollution, à la copropriété ou à la division ne s'imposent pas toutes automatiquement au vendeur. Leur acceptation dépend de la négociation. L'indemnité d'immobilisation, la date de levée des options, la possibilité de renoncer à une condition et les conséquences d'une défaillance doivent donc être examinées avec le notaire ou l'avocat avant la signature.
Le bon réflexe consiste à ne pas signer sur la seule base d'un prix d'achat attractif. Il faut d'abord vérifier la demande de sortie, les droits et l'urbanisme, l'état technique, le coût et le calendrier des travaux, le financement et la fiscalité, puis les risques contractuels.
La charpente d'une clause exploitable
Chaque condition doit pouvoir être contrôlée par une personne extérieure au projet. La rédaction doit éviter les formules générales comme accord de financement satisfaisant ou permis acceptable sans critère complémentaire.
- L'événement attendu : prêt obtenu, autorisation délivrée, absence de préemption, rapport technique favorable ou autre résultat précisément décrit.
- Les paramètres : montant, taux, durée, destination, surface, travaux autorisés, seuil de coût ou défauts rédhibitoires.
- La personne chargée d'agir : acquéreur, vendeur, notaire, professionnel mandaté ou administration.
- Le délai : date intermédiaire pour chaque démarche et date butoir commune pour l'ensemble de l'opération.
- La preuve : offre de prêt, refus écrit, arrêté, certificat, réponse de l'autorité compétente, rapport signé ou procès-verbal.
- L'effet juridique : poursuite de la vente, prorogation, renégociation, caducité ou restitution selon ce que prévoit l'avant-contrat.
- La notification : destinataire, mode de transmission et délai pour signaler la réalisation ou l'échec.
| Élément à verrouiller | Contrôle à inscrire | Pièce attendue | Risque si la clause reste vague |
|---|---|---|---|
| Financement | Somme empruntée, taux plafond, durée, nombre de demandes et date limite | Offre ou refus correspondant exactement aux paramètres | Un refus portant sur un autre prêt peut ne pas libérer l'acquéreur |
| Permis ou déclaration | Projet autorisé, destination, travaux, prescriptions et recours visés | Décision administrative, affichage et constats lorsque nécessaires | Un simple dépôt ou une autorisation différente peut être insuffisant |
| Préemption | Absence d'exercice ou renonciation selon la procédure applicable | Réponse formelle ou justificatif de la procédure | Le silence ou une supposition peut retarder l'acte définitif |
| Audit technique | Périmètre, professionnel, seuil financier et défauts entraînant une sortie | Rapport daté, devis détaillés et annexes | Le désaccord devient une discussion subjective après signature |
| Échec de la condition | Caducité, restitution, prorogation ou renégociation | Notification et justificatifs dans le délai | Le sort de l'indemnité d'immobilisation devient incertain |
Le financement : paramètres et preuves doivent coïncider
Pour l'achat d'une habitation ou d'un bien à usage mixte financé par un prêt, l'avant-contrat doit mentionner l'origine des fonds et comporte une condition suspensive de prêt lorsque l'acquéreur recourt effectivement à l'emprunt. La clause précise habituellement le montant, le taux, la durée, le délai et parfois le nombre d'établissements à solliciter. Dans le champ du Code de la consommation, le délai ne peut pas être inférieur à un mois ; 45 à 60 jours est une pratique fréquente, pas une durée universelle adaptée à chaque dossier.
Un acquéreur professionnel doit demander une clause adaptée à l'opération. Elle peut viser le financement du prix, des frais, des travaux et du besoin de trésorerie, avec une ventilation qui correspond au plan de financement réel. La clause doit également préciser si une offre partielle, un prêt assorti de garanties inhabituelles ou un coût global supérieur au plafond prévu permet de considérer la condition comme réalisée.
Un refus de prêt n'est pas automatiquement libératoire lorsque la demande ne respecte pas le montant, le taux, la durée ou le nombre de banques prévus. Les demandes doivent reprendre les paramètres contractuels et être conservées pour démontrer la diligence de l'acquéreur.
Un exemple montre le danger. Si la promesse prévoit un emprunt de 500 000 euros sur 20 ans, avec un taux maximal de 4,2 % et deux demandes bancaires, une demande limitée à 450 000 euros ne reproduit pas le paramètre contractuel. Le refus de cette demande peut donc être contesté comme preuve de l'échec de la condition. Les dossiers déposés, les dates, les réponses et les échanges avec les banques doivent être archivés.
La trésorerie nécessaire ne se limite pas à l'apport. Elle inclut les droits et émoluments, le courtage, les diagnostics, le géomètre, les études, les travaux, les assurances, le portage, la commercialisation, les impôts et la réserve d'aléas. Un accord bancaire ne remplace jamais le calcul du coût complet.
Le permis : viser le projet autorisé, pas un simple dépôt
Une condition d'urbanisme doit décrire le projet qui rend l'acquisition rentable. Il peut s'agir d'un changement de destination, d'une création de logements, d'une division, d'une extension, d'une modification de façade ou d'une intervention sur la structure porteuse. La rédaction doit reprendre les caractéristiques qui ont servi au prix de sortie : destination, nombre de lots, surfaces, accès, stationnement, réseaux et travaux.
Transformer un local en logement doit être compatible avec le PLU et le règlement de copropriété. Sans modification de façade ni de structure porteuse, une déclaration préalable est généralement requise ; avec modification de façade ou de structure, un permis de construire est requis. Cette distinction dépend du projet concret et ne dispense pas d'une vérification en mairie, dans les documents d'urbanisme et dans le titre de propriété.
Un permis obtenu ne signifie pas nécessairement que le projet est sécurisé. Le calendrier doit intégrer l'affichage, le constat de cet affichage, les recours des tiers, le retrait administratif, les prescriptions et les éventuelles obligations fiscales. La condition peut exiger une autorisation conforme aux plans annexés et une situation purgée des événements que les parties ont décidé de couvrir.
Un permis de construire est normalement valable trois ans et peut, sous conditions, être prorogé deux fois un an. Un permis valide peut être transféré avec l'accord des parties et sous réserve de la capacité du bénéficiaire à respecter les obligations applicables. L'acquéreur doit vérifier qui déposera la demande, qui supportera les coûts, qui bénéficiera de l'autorisation et qui assumera les obligations de travaux et fiscales après le transfert.
Si l'opération repose sur un engagement de construire, il ne faut pas le confondre avec l'engagement de revendre. Le délai de l'engagement de construire prévu par l'article 1594-0 G du CGI est de quatre ans, avec une demande de prolongation annuelle renouvelable sous conditions. La demande doit être motivée et formulée au plus tard dans le mois suivant l'expiration du délai. Ces délais fiscaux doivent être alignés avec le calendrier contractuel, sans être présentés comme une prorogation automatique de la promesse.
La préemption : obtenir un événement juridiquement constatable
La clause ne doit pas se contenter d'indiquer que le bien est libre de toute préemption. Elle doit identifier la formalité à accomplir, la personne qui la déclenche, les documents à transmettre et l'événement qui permet de poursuivre la vente : absence d'exercice dans la procédure applicable ou renonciation formelle de l'autorité compétente.
Le notaire, le vendeur et l'acquéreur doivent savoir qui fournit les informations sur le prix, la destination et les conditions de la vente. Une modification du prix, une vente par lots ou un changement de destination peut modifier l'analyse. Une revente par lots peut aussi déclencher un régime particulier de préemption locative et réduire, dans certains cas, le délai de l'engagement de revente à deux ans.
La condition doit préciser le traitement d'une décision qui préempte seulement une partie du projet. Elle doit aussi régler le sort des études, des frais engagés et de l'indemnité d'immobilisation si la préemption empêche l'acquisition. L'absence de préemption doit être prouvée avant la date butoir, et non déduite de l'absence de nouvelles.
L'audit technique : transformer l'incertitude en seuil de décision
Un audit utile intervient avant la date à laquelle l'acquéreur devient définitivement engagé. Son périmètre doit couvrir les postes qui déterminent la marge : démolition, structure, enveloppe, toiture, réseaux, chauffage, ventilation, second œuvre, finitions, maîtrise d'œuvre, diagnostics, assurances, taxes et aléas.
La promesse peut prévoir un professionnel indépendant, un accès au bien, la remise des documents existants et un rapport daté. Elle peut aussi fixer des critères objectifs : coût maximal des travaux, interdiction d'une atteinte à la structure, absence de pollution incompatible avec l'usage projeté, faisabilité des réseaux ou maintien d'une surface minimale exploitable. Le seuil doit correspondre au budget réellement intégré dans le calcul, pas à une estimation commerciale.
Les devis doivent détailler les quantités, les prix unitaires, la TVA, les exclusions, le délai, l'acompte, les situations, la retenue éventuelle et la réception. Une réserve d'aléas proportionnée aux inconnues complète les devis. Un devis global sans exclusions identifiées ne constitue pas un budget sécurisé.
La clause doit indiquer si un audit défavorable permet de sortir, de demander une renégociation ou de proroger la promesse. Sans mécanisme prévu, le rapport technique ne donne pas automatiquement un droit de retrait. Une rénovation lourde peut en outre faire entrer le vendeur dans la définition du constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil. Il faut alors vérifier les assurances décennales des entreprises, l'assurance dommages ouvrage et le procès-verbal de réception.
La date butoir et la circulation des preuves
Une date finale isolée ne suffit pas. Les démarches doivent être ordonnées, car un audit peut modifier le financement, un permis peut modifier les travaux et une décision de préemption peut rendre inutile une partie des études. Les parties peuvent prévoir des dates intermédiaires et une prorogation, mais celle-ci doit être expressément organisée.
| Étape | Hypothèse de calendrier | Élément à contrôler | Décision à prendre |
|---|---|---|---|
| Signature de l'avant-contrat | J0 | Plans, paramètres du prêt, périmètre de l'audit et formalités d'urbanisme annexés | Ouvrir immédiatement les démarches |
| Audit technique | J plus 30 | Rapport, devis et écart avec le budget | Maintenir, renégocier ou appliquer la sortie prévue |
| Financement | J plus 60 dans cet exemple | Demandes conformes et offres ou refus écrits | Vérifier la conformité aux paramètres contractuels |
| Urbanisme | J plus 90 dans cet exemple | Autorisation correspondant au projet et prescriptions acceptables | Contrôler les recours et les effets sur la valeur |
| Date butoir commune | J plus 120 dans cet exemple | Financement, permis, préemption et audit tous validés | Signer l'acte ou notifier l'échec selon la clause |
Ces dates sont des hypothèses contractuelles et non des délais administratifs universels. La date butoir doit laisser le temps de recevoir les pièces, de les analyser et de notifier la décision. Une clause qui expire avant la réception du document décisif transforme une protection théorique en source de litige.
Chaque démarche doit laisser une trace : accusé de dépôt, copie de la demande bancaire, refus motivé, rapport signé, décision d'urbanisme, justificatif de préemption et échanges sur les prescriptions. La preuve de la diligence compte autant que l'existence de la condition.
Simulation imposée : quatre conditions avant une même échéance
Voici une hypothèse de travail pour un acquéreur professionnel. Il achète un immeuble ancien destiné à être rénové puis revendu. Le prix convenu est de 420 000 euros. L'opération dépend cumulativement d'un permis ou d'une autorisation d'urbanisme conforme au projet, d'un financement, de l'absence de préemption et d'un audit technique réalisé avant la date butoir fixée à J plus 120.
Dans cette hypothèse, le financement recherché est de 500 000 euros, avec un taux plafond de 4,2 %, une durée de 20 ans et deux demandes bancaires. Ces paramètres sont ceux de la simulation et doivent être remplacés par le plan réel. L'audit doit confirmer un coût de travaux ne dépassant pas le budget contractuel et l'autorisation doit permettre la destination et les surfaces retenues pour la revente.
| Condition cumulative | Critère prévu dans l'hypothèse | Document de contrôle | Échec avant J plus 120 |
|---|---|---|---|
| Permis ou autorisation | Projet conforme aux plans, destination, surfaces et travaux prévus | Décision administrative, pièces du dossier, affichage et éléments de recours prévus | Caducité, prorogation ou renégociation selon la clause |
| Financement | 500 000 euros, taux maximal de 4,2 %, 20 ans, deux établissements | Offre ou refus portant sur ces paramètres | Sortie seulement si la preuve respecte le mécanisme rédigé |
| Préemption | Aucun exercice sur la vente et les lots concernés | Réponse ou justificatif de la procédure applicable | Fin de l'opération ou traitement de la partie préemptée selon le contrat |
| Audit technique | Travaux compatibles avec le budget et absence de défaut rédhibitoire défini | Rapport, devis détaillés et analyse des aléas | Retrait, renégociation ou poursuite si le seuil est respecté |
Un permis qui autorise une surface inférieure à celle prévue, un rapport qui porte les travaux au-dessus du plafond ou un prêt refusé après une demande non conforme ne produisent pas la même conséquence. Le contrat doit traiter ces différences avant la signature. Si toutes les conditions sont remplies, l'acquéreur doit encore vérifier le coût complet et le financement du portage jusqu'à la revente.
Calcul financier : du coût complet au résultat après fiscalité
La simulation suivante retient un immeuble ancien de plus de cinq ans, une revente exonérée de TVA sans option et une activité professionnelle d' achat-revente . Tous les montants ci-dessous sont des hypothèses de projet, exprimées en euros. La TVA comprise dans les factures de travaux et de services reste incluse dans les coûts, car aucune déduction n'est retenue dans ce scénario de vente exonérée.
| Poste | Calcul ou hypothèse | Montant TTC retenu |
|---|---|---|
| Prix d'acquisition | Prix contractuel | 420 000 |
| Droits sous engagement de revendre | 0,715 % de 420 000 | 3 003 |
| Émoluments et débours | Hypothèse distincte des droits | 6 500 |
| Courtier et diagnostics | Hypothèse de mission complète | 8 000 |
| Géomètre, études et audit | Hypothèse de projet | 12 000 |
| Travaux | Devis initiaux | 115 000 |
| Assurances, taxes et copropriété | Portage prévu | 14 000 |
| Financement et portage | Durée prévisionnelle de détention | 28 000 |
| Commercialisation | Honoraires et préparation de la vente | 12 000 |
| Réserve d'aléas | Montant décidé pour cette simulation | 20 000 |
| Frais fixes affectés au projet | Comptabilité, structure et gestion | 10 000 |
| Coût complet retenu | 648 503 |
Le taux de 0,715 % ne comprend pas automatiquement les émoluments, débours et contribution de sécurité immobilière. Dans cette hypothèse, les droits représentent 3 003 euros et les frais complémentaires sont ajoutés séparément. L'engagement de revendre de l'article 1115 du CGI suppose une revente dans les cinq ans à compter de l'acquisition, ramenés à deux ans pour certaines ventes par lots déclenchant un droit de préemption locatif. En cas de défaut, un complément de droits, l'intérêt de retard de l'article 1727 du CGI et le droit supplémentaire prévu par l'article 1840 G ter, II, peuvent s'appliquer.
| Élément fiscal de la simulation | Montant | Interprétation |
|---|---|---|
| Prix de revente HT et TTC | 760 000 | Vente ancienne exonérée sans option dans l'hypothèse |
| TVA collectée | 0 | Aucune TVA sur le prix dans ce scénario |
| TVA déductible | 0 | Les dépenses restent retenues en TTC faute d'opération ouvrant droit à déduction |
| Résultat avant impôt sur les bénéfices | 111 497 | 760 000 moins 648 503, avant autres résultats de la société |
| IS avec taux réduit sous conditions | 23 624,25 | 15 % sur 42 500 puis 25 % sur 68 997 |
| Résultat après cet IS | 87 872,75 | Résultat comptable simplifié après IS |
| IS au taux normal de 25 % | 27 874,25 | Hypothèse sans accès au taux réduit |
| Résultat après IS normal | 83 622,75 | Écart de 4 250 euros avec l'hypothèse de taux réduit |
La marge brute atteint ici 111 497 euros, soit 17,19 % du coût total et 14,67 % du chiffre d'affaires. Le taux réduit d'IS suppose notamment un chiffre d'affaires n'excédant pas 10 millions d'euros, un capital entièrement libéré et une détention conforme aux conditions prévues. Pour une société appartenant à un groupe, le chiffre d'affaires à tester s'apprécie au niveau de l'ensemble du groupe.
Cette activité relève des BIC lorsque l'achat habituel est réalisé avec l'intention de revendre dès l'acquisition et qu'il est suivi d'une vente. Les immeubles destinés à la revente sont normalement des stocks. Le bénéfice comprend le résultat d'ensemble, avec les produits et charges d'exploitation de la période, et non une plus-value immobilière privée bénéficiant d'abattements liés à la durée de détention.
La TVA doit rester séparée du bénéfice. Depuis le 1er septembre 2026, sa codification a été recodifiée dans le CIBS. Un immeuble achevé depuis cinq ans au plus vendu par un assujetti agissant comme tel est en principe taxable de plein droit sur le prix total ; un immeuble achevé depuis plus de cinq ans est en principe exonéré, avec option possible, et un terrain à bâtir est taxable de plein droit. Le régime de TVA sur la marge n'est jamais déduit de la seule absence de TVA apparente à l'achat. L'article 268 ancien du CGI ne s'applique que dans son champ et lorsque l'acquisition n'a pas ouvert droit à déduction ; le Conseil d'État, le 27 mars 2020, n° 428234, a notamment exclu la marge pour un terrain à bâtir acquis comme terrain bâti puis démoli.
Si la société distribue ensuite le bénéfice, le PFU sur les dividendes est de 30 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux, sauf option globale pour le barème sous conditions. Une holding soumise au régime mère-fille suppose notamment une participation d'au moins 5 % et une quote-part de frais et charges de 5 %. Une holding ne supprime ni l'impôt, ni les coûts de structure, ni les contraintes de gouvernance et de financement.
Scénario dégradé : tester l'effet cumulé des mauvaises nouvelles
Le scénario idéal ne suffit pas pour décider. On retient ici trois hypothèses simultanées : baisse de 8 % du prix de revente, hausse de 15 % des travaux et retard de six mois générant 12 000 euros supplémentaires de portage. Ces pourcentages sont des hypothèses de stress propres à cette simulation, non des références générales du marché.
| Indicateur | Scénario initial | Scénario dégradé | Effet pratique |
|---|---|---|---|
| Prix de revente | 760 000 | 699 200 | Baisse de 60 800 |
| Travaux | 115 000 | 132 250 | Hausse de 17 250 |
| Financement et portage | 28 000 | 40 000 | Retard de six mois, soit 12 000 supplémentaires |
| Coût complet | 648 503 | 677 753 | Hausse totale de 29 250 |
| Résultat avant IS | 111 497 | 21 447 | Perte de 90 050 |
| Marge sur coût complet | 17,19 % | 3,16 % | Réduction de la capacité d'absorption des aléas |
| Marge sur chiffre d'affaires | 14,67 % | 3,07 % | Prix de sortie devenu déterminant |
| Résultat après IS réduit sous conditions | 87 872,75 | 18 229,95 | Montant avant éventuelle distribution |
Dans le scénario dégradé, l'opération reste positive dans cette hypothèse, mais sa marge avant IS tombe à 21 447 euros. Une nouvelle dépense non prévue, une fiscalité différente, un coût de financement supérieur ou un délai de vente plus long peut absorber cette réserve. La décision ne doit pas reposer sur la marge idéale lorsque le scénario combiné ne laisse presque plus de protection.
Le résultat après IS n'est pas la trésorerie disponible. Le remboursement du capital emprunté, les appels de fonds, les acomptes d'entreprises, le calendrier de TVA, les garanties et les dépenses d'une autre opération influencent les liquidités. La promesse doit donc protéger l'acquéreur avant qu'il n'engage ces sommes, notamment lorsque l'audit fait apparaître un dépassement du budget.
Les contrôles copropriété, division, DPE et assurance
La valeur d'une division ou d'une revente par lots doit être vérifiée avant d'être intégrée au prix d'offre. Le titre, le règlement de copropriété, la destination, le PLU, le stationnement, les accès, les réseaux, les compteurs, la sécurité, la salubrité, les surfaces et les servitudes forment un ensemble indissociable.
Une division parcellaire ou une division d'immeuble peut relever d'une déclaration préalable, d'un permis d'aménager ou d'une autre autorisation selon les travaux, le site et la création d'équipements communs. Il ne faut pas inscrire une condition fondée sur un nombre de lots sans vérifier le règlement, les autorisations et les contraintes techniques.
La mise en copropriété d'un immeuble de plus de dix ans requiert un diagnostic technique communiqué lors de la première vente des lots et pendant trois ans après sa réalisation. Le diagnostic technique global doit être réalisé avant le règlement de copropriété et l'état descriptif de division dans les cas requis. Il analyse les parties communes, les obligations, l'amélioration énergétique et les travaux nécessaires sur dix ans, avec une estimation sommaire. Pour un lot d'au moins 8 m², la superficie privative Carrez doit figurer dans l'avant-contrat et l'acte.
Le budget doit intégrer le syndic, le géomètre, le notaire, les diagnostics, les compteurs, les travaux communs, les tantièmes, le fonds de travaux, les éventuelles mainlevées bancaires et le stock résiduel. Une revente lot par lot impose aussi de modéliser l'ordre des ventes et l'effet d'une première vente sur les charges restantes.
Le DPE influence la demande des acquéreurs et des investisseurs. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Il faut refaire ou actualiser le calcul selon les règles applicables, sans garantir un changement de classe. Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont valables dix ans, tandis que ceux réalisés entre 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Les seuils ont été adaptés depuis juillet 2024 pour les logements de 40 m² ou moins.
La classe G est interdite à la location depuis le 1er janvier 2025, la classe F le sera à partir de 2028 et la classe E à partir de 2034. Ce calendrier pèse sur la demande locative, mais n'interdit pas en lui-même la vente. L'audit énergétique à la vente concerne les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété classés F ou G depuis avril 2023, E depuis janvier 2025, et D selon le calendrier prévu en 2034. Le DPE est opposable, à l'exception de ses recommandations de travaux.
Les erreurs qui font perdre la protection
- Écrire financement obtenu sans montant, taux, durée, nombre de banques ni date limite.
- Déposer une demande de prêt différente de celle prévue dans la promesse, puis considérer tout refus comme libératoire.
- Viser un permis sans reprendre la destination, les surfaces, les plans et les prescriptions qui fondent le prix de sortie.
- Considérer un permis accordé comme définitivement sécurisé sans traiter l'affichage, les recours des tiers et le retrait administratif.
- Prévoir l'absence de préemption sans identifier la formalité, le responsable et le justificatif attendu.
- Faire réaliser l'audit après la date à laquelle l'indemnité ou l'engagement devient difficile à remettre en cause.
- Utiliser un seuil de travaux non documenté ou un devis qui exclut la maîtrise d'œuvre, les assurances, les taxes et les aléas.
- Calculer la marge avant TVA, frais fixes, financement, fiscalité et réserve de trésorerie.
- Supposer qu'un achat sans TVA apparente ouvre automatiquement droit à la TVA sur marge.
- Oublier les assurances décennales, la dommages ouvrage et la réception lors d'une rénovation lourde.
- Renoncer à une condition ou demander une prorogation sans respecter la forme et le calendrier prévus.
Ces erreurs ont une conséquence commune : l'acquéreur croit disposer d'une porte de sortie alors que la preuve produite ne correspond pas au texte signé. La condition ne doit jamais servir à masquer une information qui aurait pu être obtenue avant l'avant-contrat.
Le contrôle opérationnel avant de laisser courir la promesse
Avant la signature, le dossier doit permettre de répondre par écrit aux contrôles suivants :
- Le prix de sortie repose sur une fourchette de comparables ajustés par date, adresse, surface, étage, état, extérieur, stationnement, occupation et statut juridique, et non sur une moyenne communale. Les données DVF, les annonces concurrentes, les volumes, les délais de vente et la capacité de financement des acheteurs ont été confrontés.
- Le coût complet comprend l'acquisition, les droits et émoluments, le courtage, les diagnostics, le géomètre, la copropriété, les études, les travaux, les assurances, le financement, le portage, la commercialisation, les impôts, les frais fixes et la réserve d'aléas.
- La TVA collectée, la TVA déductible, les montants HT et TTC, le résultat BIC, l'IS ou l'IR et la trésorerie sont présentés sur des lignes séparées.
- Chaque condition indique son événement, ses paramètres, sa preuve, sa date limite et sa conséquence. Le financement demandé reprend exactement les caractéristiques contractuelles.
- Le permis ou la déclaration correspond au projet valorisé, tandis que la copropriété, le PLU, les servitudes et les équipements communs ont été contrôlés.
- L'absence de préemption est établie par la procédure applicable et l'audit technique comporte des devis complets, un seuil de décision et une réserve d'aléas.
- Les documents sont conservés au fur et à mesure, avec les dates de dépôt, les réponses, les rapports et les notifications.
- Le scénario dégradé combine une baisse du prix de sortie, une hausse des travaux et un retard. Si le résultat devient trop faible, la décision porte sur le prix d'achat, la clause ou l'abandon, et non sur l'espoir d'un marché plus favorable.
Le notaire ou l'avocat doit enfin relire la cohérence entre la condition suspensive, l'indemnité d'immobilisation, la date butoir, la renonciation éventuelle et les conséquences d'une défaillance. Une clause bien rédigée ne supprime pas le risque immobilier, mais elle permet de savoir avant l'engagement définitif quel événement déclenche la sortie et quelles preuves doivent être produites.
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