Illustration éditoriale : Agent immobilier ou marchand de biens : 5 écarts décisifs avant de se lancer

Agent immobilier ou marchand de biens : 5 écarts décisifs avant de se lancer

Mis à jour le 28 août 2026

80 000 euros de capital exposé suffisent à transformer le choix entre agent immobilier ou marchand de biens en arbitrage mesurable entre commission, financement et risque de revente. La bonne décision repose sur le rôle exercé, la qualification fiscale, les responsabilités liées aux travaux et un calcul complet du bien, pas sur un scénario idéal.

Scène professionnelle illustrant agent immobilier ou marchand de biens
Le sujet se décide sur des éléments vérifiables, un coût complet et un calendrier prudent.

Le premier écart entre agent immobilier et marchand de biens tient au modèle économique

L'agent immobilier intervient sur un bien appartenant à un tiers. Il recherche un acquéreur, organise les visites, négocie et accompagne la transaction contre une rémunération d'entremise. Le marchand de biens achète, lui, un immeuble pour son propre compte, le conserve pendant la phase de valorisation puis le revend. Il ne facture donc pas seulement un service : il porte un actif, une dette et un risque de sortie.

Point de comparaison

Agent immobilier

Marchand de biens

Objet de l'activité

Mettre en relation les parties et sécuriser une vente sur le bien d'autrui

Acheter puis revendre un bien détenu en propre

Revenu principal

Commission prévue par le mandat et acquise lorsque les conditions légales sont réunies

Écart entre le prix de revente et le coût complet de l'opération

Capital immobilisé

Pas de financement du stock immobilier, mais des frais de structure et de commercialisation

Capital immobilisé dans l'acquisition, les travaux, les intérêts et les frais de sortie

Risque dominant

Mandat irrégulier, défaut de conformité, impayé ou transaction non aboutie

Risque de perte en cas de baisse du prix, retard, surcoût ou refus bancaire

Responsabilité

Responsabilité professionnelle liée à l'entremise et aux informations délivrées

Responsabilité du vendeur, avec exposition supplémentaire si des travaux relèvent du régime des constructeurs

Le même bien peut donc produire deux revenus de nature totalement différente : une commission pour l'intermédiaire, ou une marge commerciale pour celui qui l'achète. La qualification dépend des actes réellement accomplis et de l'intention au moment de l'acquisition, non du nom inscrit sur les statuts ou sur une carte de visite.

Le deuxième écart concerne le mandat, la carte professionnelle et l'achat pour compte propre

L'entremise immobilière habituelle relève de la loi Hoguet. L'activité suppose le respect des conditions applicables, notamment une carte professionnelle pour l'entreprise concernée et un mandat écrit précisant l'étendue de la mission, la rémunération et les conditions de son exigibilité. Une commission annoncée oralement ne constitue pas une sécurité de paiement.

Le marchand qui revend son propre stock n'est pas, pour cette seule vente, un agent intervenant sur le bien d'autrui. En revanche, un opérateur qui recherche habituellement des acquéreurs pour des propriétaires tiers, négocie leurs biens ou reçoit une rémunération pour cette mise en relation peut relever du régime de l'entremise, même s'il se présente comme simple apporteur d'affaires.

La Cour d'appel de Reims, le 12 février 2019, a retenu cette logique à partir des actes effectivement accomplis par un intervenant habituel. L'étiquette commerciale ne permet donc pas de contourner la loi Hoguet lorsque la réalité correspond à une activité d'intermédiation.

  • Identifier le propriétaire du bien au moment de la mission.
  • Vérifier qui signe le mandat et qui détient la carte professionnelle ou l'habilitation requise.
  • Décrire par écrit les actes confiés : prospection, visite, négociation, rédaction ou transmission des offres.
  • Fixer le fait générateur de la rémunération et les conditions de son paiement.
  • Conserver les échanges, consentements, mandats et justificatifs dans un dossier traçable.

Un marchand peut mandater une agence pour vendre son stock. Dans ce cas, il devient le vendeur, tandis que l'agence reste l'intermédiaire rémunéré selon son propre mandat. Cette séparation des rôles évite de confondre le bénéfice de revente avec la commission de commercialisation.

Le troisième écart est fiscal : l'intention de revendre se contrôle dès l'achat

L'article 35, I, 1° du CGI soumet aux bénéfices industriels et commerciaux les personnes qui achètent habituellement des immeubles en leur nom en vue de les revendre. Trois éléments se combinent : un achat suivi d'une vente, l'intention de revendre dès l'acquisition et le caractère habituel de l'activité.

Cette qualification ne dépend pas d'une durée minimale de détention. Les statuts, l'objet social, le financement, la nature des travaux, la durée de conservation, les démarches de revente et la répétition des opérations forment un faisceau d'indices. Les faits priment l'intitulé choisi.

Aucun nombre magique d'opérations ne met un particulier à l'abri. Une opération unique peut suffire lorsque la société a été créée, financée et organisée pour acheter puis revendre. À l'inverse, plusieurs ventes ne produisent pas mécaniquement la même qualification si les circonstances démontrent une véritable gestion patrimoniale. La revente de plusieurs lots issus d'une même acquisition peut toutefois contribuer à établir l'habitude.

La conséquence pratique est majeure : le bénéfice professionnel n'est pas la plus-value immobilière privée calculée avec des abattements liés à la durée de détention. Il correspond au résultat d'ensemble de l'activité, incluant le prix de cession, le coût du stock vendu, les travaux, les frais financiers et les charges d'exploitation.

Le code d'activité ne protège pas contre une mauvaise qualification

En 2026, le code NAF couramment associé à l'activité est le 68.10Z, Activités des marchands de biens immobiliers. La NAF 2025 doit prendre effet en janvier 2027 avec le code 68.11Y, Achat et vente de biens immobiliers propres. Le code APE reste statistique : il ne crée ni agrément ni protection fiscale. L'immatriculation se dépose au guichet unique des formalités des entreprises, avec inscription de la société commerciale au Registre national des entreprises et au registre du commerce et des sociétés, mais l'administration examinera ensuite les opérations réellement réalisées.

Le quatrième écart se mesure avec le coût complet, pas avec la marge affichée

Une opération d'achat-revente doit être construite comme un compte de résultat et comme un plan de trésorerie. Le prix d'achat ne suffit pas. Il faut intégrer les droits et frais d'acte, les travaux, les études, le financement, les assurances, la fiscalité, les frais de commercialisation, les charges fixes affectées à l'opération et le coût d'un délai supplémentaire.

Simulation imposée avec 80 000 euros exposés

Le scénario suivant compare le même bien, affiché à 300 000 euros, dans deux métiers. Pour l'agent, une commission hypothétique de 5 % hors TVA et 4 000 euros de frais directs sont retenus. Pour le marchand, le bien ancien est revendu hors TVA, sous l'hypothèse que le régime de l'article 1115 du CGI s'applique à l'acquisition. Le financement bancaire couvre le solde, tandis que 80 000 euros de fonds propres restent exposés. Les montants du marchand correspondent aux coûts effectivement supportés, y compris la TVA non récupérée lorsqu'elle ne peut pas être déduite.

Élément du scénario

Agent immobilier

Marchand de biens

Base de comparaison

Bien vendu 300 000 euros

Bien acheté 300 000 euros puis revendu

Recette ou prix de sortie

Commission : 300 000 x 5 % = 15 000 euros HT, soit 18 000 euros TTC avec 3 000 euros de TVA collectée

Prix de revente : 360 000 euros

Acquisition et détention

Pas d'achat du stock

Achat 300 000, droits sous engagement de revendre 2 145, frais d'acte supposés 3 000, rénovation 25 000 et financement 8 000 euros

Commercialisation et structure

Frais directs supposés 4 000 euros

Frais de revente supposés 7 000 et frais fixes affectés à l'opération 3 000 euros

Total des coûts retenus

4 000 euros

348 145 euros

Résultat avant impôt et rémunération

15 000 - 4 000 = 11 000 euros

360 000 - 348 145 = 11 855 euros

Illustration après IS

Non déterminable sans connaître la structure et le régime de l'entreprise

À 15 % sous conditions : 1 778,25 euros d'IS, soit 10 076,75 euros après IS

Capital exposé

Les 80 000 euros ne financent pas un stock dans ce scénario

80 000 euros d'apport restent exposés, sans effacer la dette ni les garanties

La commission de 15 000 euros n'est pas un revenu net : la TVA collectée de 3 000 euros doit être reversée selon les règles applicables, puis viennent les charges, la rémunération, les cotisations et l'impôt. De son côté, le résultat marchand de 11 855 euros ne constitue pas automatiquement une somme disponible pour l'entrepreneur : il peut financer les stocks suivants, rembourser un compte courant ou être affecté à la rémunération et aux dividendes.

Dans cette hypothèse, le marchand obtient avant impôt 14,82 % de résultat rapporté aux 80 000 euros exposés. Après l'IS illustré à 15 %, le montant restant dans la société représente 12,60 % de l'apport, avant toute rémunération, cotisation personnelle ou distribution. Si le taux normal de 25 % s'applique, l'IS serait de 2 963,75 euros et le résultat après IS de 8 891,25 euros.

Le scénario dégradé révèle la différence de risque

Hypothèse de sortie

Calcul

Résultat avant impôt

Conséquence pratique

Revente à 360 000 euros

360 000 - 348 145

11 855 euros

Opération bénéficiaire dans les hypothèses retenues

Prix diminué de 20 000 euros

340 000 - 348 145

Perte de 8 145 euros

La baisse de prix absorbe toute la marge et réduit les fonds propres

Prix maintenu, six mois de financement en plus pour 6 000 euros

360 000 - 354 145

5 855 euros

La rentabilité de l'apport tombe à 7,32 % avant impôt

Baisse de prix et surcoût de délai cumulés

340 000 - 354 145

Perte de 14 145 euros

Le financement et les garanties deviennent prioritaires sur la marge théorique

La commission offre un revenu plus limité par l'absence de stock, mais elle dépend de la conclusion effective des ventes et de la conformité du mandat. L'achat-revente offre un potentiel supérieur seulement si le prix de sortie, le calendrier et les coûts restent maîtrisés. Une marge de sécurité chiffrée doit survivre à une baisse du prix, à un chantier plus long et à une commercialisation plus lente.

Le cinquième écart apparaît dans les droits d'acquisition et la TVA

L'engagement de revendre n'est pas une formalité décorative

L'article 1115 du CGI permet à une personne assujettie qui s'engage dans l'acte à revendre de bénéficier du régime d'achat-revente si la revente intervient dans les cinq ans. Pour certaines ventes par lots soumises à un droit de préemption locatif, le délai est ramené à deux ans. La Cour de cassation, chambre commerciale, le 14 février 2024, n° 22-17.541, a rappelé que le délai court à compter de l'acquisition.

Le taux global usuellement présenté sous cet engagement est de 0,715 %, auquel s'ajoutent les émoluments, débours et contribution de sécurité immobilière selon leur régime. Sur un prix de 300 000 euros, 300 000 x 0,715 % donne 2 145 euros. Ce calcul ne permet pas de présenter toute la facture comme des frais d'acte réduits sans ventilation.

Si la revente n'intervient pas dans le délai, l'acquéreur s'expose au complément de droits, à l'intérêt de retard de l'article 1727 du CGI et au droit supplémentaire de 1 % prévu par l'article 1840 G ter, II. Le calendrier doit donc figurer dans le suivi de trésorerie et dans l'agenda juridique, avec une date d'acquisition prouvée par l'acte.

L'engagement de construire de l'article 1594-0 G du CGI obéit à un autre mécanisme : le délai est de quatre ans. Une prolongation annuelle renouvelable peut être demandée à l'administration, à condition d'être motivée et formulée au plus tard dans le mois suivant l'expiration du délai. Il ne faut pas transposer automatiquement ce délai au simple projet de rénovation.

La TVA dépend du bien, de l'opération et du droit à déduction

Situation

Règle opérationnelle

Contrôle à effectuer

Immeuble achevé depuis cinq ans au plus

Vente par un assujetti agissant comme tel taxable de plein droit, en principe sur le prix total

Date d'achèvement, qualité du vendeur, base taxable et TVA d'amont

Immeuble achevé depuis plus de cinq ans

Vente exonérée, avec option possible

Choix d'option, régime de l'acquéreur et moment de déduction des dépenses

Terrain à bâtir

Vente taxable de plein droit

Qualification urbanistique et origine du terrain

Vente à la marge

Possible seulement dans le champ prévu et lorsque l'acquisition n'a pas ouvert droit à déduction

Facture d'achat, droit à déduction, historique du bien et calcul de la marge

Terrain bâti acquis puis démoli

La marge est exclue dans la situation jugée par le Conseil d'État le 27 mars 2020, n° 428234

Ne pas déduire le régime de la seule absence de TVA apparente à l'achat

À compter du 1er septembre 2026, la TVA est recodifiée dans le CIBS par l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025. Le raisonnement économique reste inchangé : il faut séparer prix HT, TVA collectée, TVA déductible, prix TTC et coût réellement supporté.

Une marge TTC de 110 000 euros ne contient pas 22 000 euros de TVA. Le calcul en dedans est 110 000 x 20 / 120, soit 18 333,33 euros de TVA. La TVA restante dans le prix atteint donc 91 666,67 euros. Cette différence suffit à inverser une décision lorsque la marge est faible.

La TVA d'amont n'est déductible que si la dépense est affectée à des opérations taxées ouvrant droit à déduction, si la facture est régulière et si l'exigibilité est acquise. Pour un immeuble ancien revendu avec option, la TVA de dépenses directement liées à la vente peut n'être déductible qu'au moment de l'option. Au réel normal, la déclaration CA3 est mensuelle, ou trimestrielle sous conditions lorsque la TVA nette annuelle reste inférieure à 4 000 euros et que l'option est exercée. Un crédit reportable ou remboursable doit être suivi avec les justificatifs et, pour un remboursement, le formulaire 3519 joint à la CA3.

Les travaux font basculer le risque vers la responsabilité du constructeur

Le marchand qui se limite à acheter et revendre n'assume pas la même exposition qu'un opérateur qui conçoit, commande ou réalise une rénovation lourde. Les articles 1792 et suivants du Code civil instaurent une responsabilité décennale pour les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, pendant dix ans à compter de la réception.

L'article 1792-1 considère notamment comme constructeur la personne qui vend, après achèvement, un ouvrage qu'elle a construit ou fait construire. Dans son arrêt du 14 septembre 2017, n° 16-20.288, la Cour de cassation, troisième chambre civile, a admis qu'un vendeur ayant réalisé des travaux de rénovation et d'extension puisse relever de cette responsabilité. La nature des travaux et la date de réception deviennent alors des pièces déterminantes.

Risque ou assurance

Objet à examiner

Contrôle avant engagement

Responsabilité civile professionnelle

Erreur, omission ou dommage lié à l'activité professionnelle selon les garanties du contrat

Activité déclarée, plafonds, franchises et exclusions

Assurance propriétaire non occupant

Risques liés à la détention du bien pendant la période de stock

Prise d'effet, vacance, travaux et occupation éventuelle

Multirisque chantier

Risques matériels liés au chantier selon le périmètre garanti

Nature des travaux, entreprises intervenantes et exclusions

Dommages-ouvrage

Préfinancement de certains désordres relevant du régime, avant le règlement définitif des responsabilités

Étude avant le chantier, souscripteur, période et attestations

Responsabilité décennale

Dommages relevant des articles 1792 et suivants pendant dix ans après réception

Attestation à remettre avant l'ouverture du chantier et correspondance exacte avec les travaux

Les professionnels soumis à l'assurance décennale doivent remettre une attestation avant l'ouverture du chantier. Lors d'une vente dans les dix ans, les informations sur les assurances obligatoires souscrites, ou leur absence, sont annexées à l'acte. Une facture d'entreprise ne remplace pas une attestation d'assurance vérifiée.

Le dossier travaux doit réunir les devis détaillés, la qualification des entreprises, les attestations, les procès-verbaux de réception, les réserves, les factures, les plans et les preuves de paiement. Le vendeur qui ne peut pas établir la réception ou la couverture correspondant aux travaux fragilise sa position en cas de désordre.

Le choix de la société détermine la rémunération et la trésorerie disponible

Il n'existe pas de salaire moyen officiel fiable du marchand de biens. Une marge d'opération, le résultat comptable, la rémunération du dirigeant, les cotisations, l'impôt, les dividendes et la trésorerie conservée ne désignent pas la même somme.

Structure ou régime

Règle utile

Point de décision

SAS

Le président rémunéré relève du régime général comme assimilé salarié

Absence d'assurance chômage automatique au seul titre du mandat et coût de la protection à budgéter

SARL

Le gérant majoritaire relève en principe des travailleurs indépendants

Comparer cotisations, protection sociale et niveau de rémunération nécessaire

SARL avec gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré

Assimilation au régime salarié

Vérifier la répartition du capital et le contrôle réel de la société

Société soumise à l'IS

Taux normal de 25 % ; taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 euros sous conditions

Contrôler le chiffre d'affaires, le capital libéré et la détention du capital

Société de personnes à l'IR

Le résultat BIC est imposé chez les associés selon leur quote-part, distribué ou non

Prévoir l'impôt personnel même si la trésorerie reste dans l'entreprise

Le taux réduit d'IS suppose notamment un chiffre d'affaires n'excédant pas 10 millions d'euros, un capital entièrement libéré et une détention d'au moins 75 % par des personnes physiques ou des sociétés répondant aux conditions. Pour une entreprise appartenant à un groupe, le chiffre d'affaires à tester s'apprécie au niveau de l'ensemble du groupe, intégré ou non, conformément à la portée donnée par l'administration à la décision CE 13 mars 2025, n° 481538, Sté TDA.

Les dividendes soumis au prélèvement forfaitaire unique représentent en principe 30 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. L'option globale pour le barème peut ouvrir, sous conditions, l'abattement de 40 % et la déduction d'une fraction de CSG. Pour un travailleur indépendant, la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant prises en compte entre dans l'assiette sociale.

Une holding n'efface pas l'impôt. Le régime mère-fille suppose notamment une participation d'au moins 5 % et prévoit, sous conditions, la déduction des produits de participation avec une quote-part de frais et charges de 5 %. Les coûts de constitution, la gouvernance, la substance, le financement et l'objectif de réinvestissement doivent précéder toute décision.

La responsabilité limitée protège en principe à hauteur des apports, mais elle ne couvre pas une faute de gestion, une fraude, une garantie personnelle ni une responsabilité attachée aux travaux ou à la vente. Une banque peut demander une caution, et un associé peut exposer son patrimoine au-delà de son apport par les engagements qu'il signe.

Le financement et le marché local décident de la faisabilité réelle

Un business plan exploitable comprend un plan de financement initial, un compte de résultat par opération, une trésorerie mensuelle, un financement à trois ans et un scénario dégradé. Chaque hypothèse doit être testable : prix d'achat signé, devis datés, délai de chantier, calendrier de commercialisation, comparables de vente, taux de vacance et conditions de crédit.

Une moyenne de prix à l'échelle d'une ville ne remplace pas l'étude du micro-marché. Les données DVF, les bases notariales, les délais de vente, la vacance, le DPE, les loyers, les autorisations d'urbanisme et la profondeur de la demande doivent être rapprochés de biens réellement comparables.

Le sourcing doit rester diversifié : notaires, agences, administrateurs de biens, entreprises et prescripteurs ne donnent pas accès aux mêmes dossiers. Un CRM permet de tracer l'origine du contact, les consentements, les mandats et les relances. Une rémunération d'apporteur ne doit jamais être promise avant de vérifier si les actes accomplis relèvent de la loi Hoguet.

Le temps partiel doit être chiffré. Signatures, visites, réunions de chantier, appels bancaires, incidents techniques et commercialisation se concentrent souvent sur les mêmes périodes. Le coût d'une délégation, d'un maître d'oeuvre ou d'un assistant commercial doit entrer dans le compte de résultat, et non rester une tâche supposée gratuite.

Une association ou une formation ne remplace pas les contrôles de terrain

Le pacte d'associés protège surtout contre les périodes sans accord

Lorsque plusieurs personnes investissent, les statuts et le pacte doivent encadrer les apports, les comptes courants, les pouvoirs, les décisions réservées, la rémunération, les garanties personnelles, l'information financière, la dilution, la sortie, le décès, l'incapacité, le conflit et l'impasse. Un partage égal du capital sans mécanisme de déblocage peut empêcher une vente ou une décision de financement.

Le CPF exige une vérification précise de la formation

Depuis le 16 février 2025, une formation à la création ou à la reprise d'entreprise est mobilisable au CPF seulement si elle prépare à une certification enregistrée au RNCP ou au Répertoire spécifique. En juin 2026, Mon Compte Formation rappelle que l'organisme doit être habilité par le propriétaire de la certification et déclaré à France compétences.

  • Vérifier que la certification est active et adaptée au projet d'achat-revente ou d'entremise.
  • Contrôler l'habilitation du prestataire, et pas seulement son référencement commercial.
  • Lire le programme, les évaluations, les livrables et les conditions d'annulation.
  • Examiner l'expérience de terrain des intervenants.
  • Calculer le reste à charge et le coût des absences pendant la formation.

Une formation transmet une méthode générale. Elle ne remplace pas l'analyse personnalisée du notaire, de l'avocat fiscaliste, de l'expert-comptable, du courtier ou du maître d'oeuvre lorsque le dossier comporte une acquisition, une fiscalité ou des travaux significatifs.

Avant la première opération , le dossier doit notamment réunir le titre de propriété, les règles d'urbanisme, les servitudes, les procès-verbaux de copropriété, les diagnostics, les devis, le plan de financement, le prix de sortie documenté, le calendrier et la marge de sécurité. Une promesse signée avant ces vérifications transforme une hypothèse en engagement financier.

Une opération n'est défendable que si chaque hypothèse décisive possède une pièce, un responsable et une date de contrôle. Lorsque le prix de sortie, le régime de TVA, l'assurance des travaux ou le délai de revente reste seulement supposé, la marge affichée ne constitue pas encore une décision d'investissement.

Le contrôle final avant de choisir son activité

  1. Classer le projet : rémunération d'entremise sur un bien d'autrui, ou achat et revente pour compte propre.
  2. Pour l'entremise, obtenir la carte professionnelle ou l'habilitation pertinente, le mandat écrit et la clause de rémunération conforme.
  3. Pour l'achat-revente, documenter l'intention de revendre dès l'acquisition et vérifier les indices qui permettront de soutenir la qualification BIC.
  4. Faire valider le titre, l'urbanisme, la copropriété, les diagnostics, la TVA et les droits d'acquisition avant la signature.
  5. Construire trois sorties chiffrées : scénario central, baisse du prix et allongement du délai avec financement supplémentaire.
  6. Faire correspondre chaque travaux à une assurance, une attestation, un contrat, une réception et une réserve éventuelle.
  7. Comparer la SAS, la SARL, le nom propre ou une autre structure sur la responsabilité, l'impôt, la protection sociale, le financement et la réutilisation de la trésorerie.
  8. Reporter l'engagement si les 80 000 euros exposés ne peuvent pas absorber le scénario dégradé ou si une garantie personnelle n'est pas comprise.

Le choix devient rationnel lorsque le revenu attendu, le délai maximal, la perte acceptable et les pièces exigées sont écrits avant l'offre. Si la commission rémunère un service maîtrisable sans immobiliser de stock, l'intermédiation conserve son avantage ; si l'achat-revente ne reste bénéficiaire qu'avec le prix maximal et le délai minimal, le dossier doit être renégocié ou abandonné.

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